Dans une tentative d’apaisement, Washington a annoncé une pause tarifaire de 90 jours pour l’ensemble des exportations de l’ensemble des pays, sauf pour la Chine, dont les exportations sont désormais taxées à 145%.
Mais loin de rassurer les marchés, cette trêve temporaire a eu l’effet inverse. Les investisseurs y voient une source d’incertitude supplémentaire, et l’incertitude est précisément ce que les marchés détestent le plus. Ce sursis de courte durée est perçu comme un flottement stratégique, laissant présager une intensification des tensions plutôt qu’une désescalade ordonnée.
La réponse de Pékin n’a fait qu’alimenter cette nervosité : la Chine a annoncé en retour une réplique cinglante avec des tarifs douaniers de 125% sur les exportations américaines.
Réactions contrastées des marchés financiers
À Wall Street, les indices ont lourdement chuté lors de la séance du 10 avril, étant donné qu’au moment de la rédaction de cet article, la bourse américaine n’a pas encore ouvert la séance du 11 avril, à cause de la différence des fuseaux horaires.
Ainsi, durant la séance du 10 avril, le S&P 500 a enregistré une baisse spectaculaire de 3,46%, tandis que le Nasdaq, très exposé aux valeurs technologiques et à l’international, a reculé de 4,31%. Le Dow Jones a abandonné 1,82% dans un climat de forte volatilité. L’indice VIX, thermomètre de la peur sur les marchés, s’est envolé de plus de 8%, signalant une montée en flèche de l’aversion au risque.
La situation sur les places européennes est un peu différente de celle américaine. Après une performance relativement positive lors de la séance du 10 avril, l’ouverture de la séance du 11 avril se veut contrastée. En lecture directe, le CAC 40 est en légère hausse, de même pour l’IBEX 35 espagnol, l’AEX néerlandais et même le FTSE 100 anglais.
Par contre, le DAX allemand et le MIB italien sont dans le rouge. Dans le même sens, le SMI suisse et l’ATX autrichien affichent de légères baisses.
En Asie, la tendance est tout aussi négative, avec un plongeon de 2,96% du Nikkei 225 (Japon), soit une perte de plus de mille points en une séance.
« Commodities » : baisse de l’énergie et hausse des métaux
Du côté des matières premières, la réaction est plus hétérogène. Les prix de l’énergie reculent, portés par la crainte d’un ralentissement de la demande mondiale. Le pétrole WTI, le Brent et le gaz naturel sont en légère baisse. Ces replis traduisent la nervosité des marchés quant aux perspectives économiques mondiales, alors que les flux commerciaux risquent d’être perturbés durablement.
À l’inverse, certains actifs industriels enregistrent des hausses notables, portées par des anticipations de ruptures d’approvisionnement ou des stratégies de stockage préventif. Le nickel progresse, tout comme le cuivre et l’aluminium.
Les métaux précieux jouent également leur rôle de valeur refuge, avec une hausse de 1,76% pour l’or, qui s’établit à près de 3.230 dollars l’once. Le platine et le palladium, souvent liés aux chaînes industrielles, s’apprécient également dans un contexte d’incertitude.