À l’occasion du Gitex Africa 2025, Bank Al-Maghrib a annoncé le lancement d’un portail en ligne destiné aux citoyens. Accessible via l’adresse Portailusagers.bankalmaghrib.ma, cette plateforme permet d’accéder de manière sécurisée, autonome et instantanée à des informations sensibles liées aux comptes bancaires.

Ce portail offre trois fonctionnalités principales. Il permet d’abord à tout citoyen de consulter les coordonnées de ses comptes bancaires, actifs ou clôturés, quel que soit l’établissement. Il offre ensuite aux héritiers ou mandataires la possibilité de retrouver les comptes bancaires d’un défunt, dans le cadre d’une succession. Enfin, il permet d’accéder aux informations relatives aux incidents de paiement sur chèques. Pour sécuriser l’accès, BAM s’appuie sur le système d’authentification de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, garantissant un usage réservé aux titulaires légitimes.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large portée par la Banque centrale, qui vise à digitaliser les services d’intérêt commun aujourd’hui rendus au niveau de son réseau d’agences. Elle répond également à une exigence croissante de transparence, de simplicité et de proximité dans la relation entre le citoyen et l’institution financière.

Au-delà de cet outil, la participation de Bank Al-Maghrib au Gitex Africa s’est distinguée par l’intervention du directeur général Abderrahim Bouazza lors de la conférence “Future of Finance”. Devant un parterre d’acteurs de l’écosystème fintech africain, il a livré une analyse lucide des enjeux actuels et futurs du secteur, en mettant en avant la nécessité de bâtir une finance inclusive, résiliente et souveraine.

Le DG de BAM a notamment insisté sur trois leviers à activer pour libérer le potentiel de la fintech sur le continent. D’abord, l’assouplissement et l’harmonisation des régulations, qui freinent aujourd’hui l’expansion régionale des startups en raison de réglementations fragmentées.

Ensuite, le renforcement des infrastructures de base, en matière d’accès à l’électricité, d’identification numérique et de connectivité, pour accélérer l’adoption des services digitaux.

Enfin, l’adaptation des modèles économiques des fintechs, qui doivent se transformer pour répondre à la concurrence des néobanques, des géants technologiques et des opérateurs étrangers.

L’intervention d’Abderrahim Bouazza a également rappelé que la souveraineté technologique devient un enjeu central pour l’Afrique, notamment dans le secteur financier, où la dépendance à des infrastructures critiques peut représenter un risque. Le projet de cadre réglementaire des services financiers au sein de la ZLECAf et l’adoption de systèmes de paiement panafricains comme le PAPSS figurent parmi les leviers identifiés pour réduire cette vulnérabilité.

Le Maroc, de son côté, poursuit ses efforts en ce sens avec la mise en œuvre de la stratégie “Maroc Digital 2030”, la création du Morocco Fintech Center et le lancement par BAM d’un fonds fintech doté de 10 millions de dollars pour soutenir l’innovation locale.

En associant action concrète – à travers le portail – et réflexion stratégique – par la voix de son directeur général – Bank Al-Maghrib affirme ainsi son rôle moteur dans la transformation numérique du secteur financier marocain et continental.