Cette suspension, annoncée la semaine dernière par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, entre légalement en vigueur ce mardi 15 avril, pour une durée pouvant aller jusqu’à 90 jours.

Cette décision fait suite à l’annonce par les États-Unis d’un report équivalent de 90 jours de l’entrée en vigueur de leurs propres mesures tarifaires réciproques. Les contre-mesures européennes, qui restent en suspens, devaient initialement s’appliquer à 21 milliards d’euros d’exportations américaines.

Dans un contexte de tensions commerciales récurrentes entre Bruxelles et Washington, cette pause vise à « donner une chance à la négociation« , comme l’a affirmé Ursula von der Leyen. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, est actuellement en déplacement à Washington D.C. pour des discussions avec ses homologues américains, dans l’espoir d’aboutir à un accord équilibré.

L’Union européenne n’a toutefois pas abandonné l’idée de répliquer. Elle maintient des travaux préparatoires sur d’éventuelles nouvelles contre-mesures, au cas où les pourparlers n’aboutiraient pas. « Nous espérons un règlement négocié, mais nous sommes prêts à agir », a insisté la Commission.

Deux actes légaux adoptés

Le lundi 14 avril, la Commission européenne a formellement adopté deux actes juridiques :

  • Le premier impose les contre-mesures européennes, en révisant les mesures de 2018, en plafonnant les droits de douane à 25%, et en élargissant la liste des produits visés, en réaction notamment à l’extension des tarifs américains à de nouveaux produits dérivés de l’acier et de l’aluminium.
  • Le second acte suspend immédiatement l’application de ces mesures jusqu’au 14 juillet 2025.

Une escalade tarifaire évitée… pour l’instant

Pour rappel, les États-Unis avaient annoncé, le 10 février 2025, leur intention d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 25% sur une large gamme de produits en acier et aluminium industriels, ainsi que sur leurs dérivés — des pièces mécaniques aux objets ménagers. Ces tarifs sont entrés en vigueur le 12 mars 2025.

En réaction, l’UE avait aussitôt préparé une riposte jugée « ferme mais proportionnée« , tout en réaffirmant son attachement à une solution négociée. Le 9 avril, les États membres ont voté en faveur du plan de la Commission. Plus tard dans la journée, les États-Unis annonçaient une suspension temporaire de leurs propres mesures, immédiatement suivie d’une réciprocité de la part de Bruxelles.

L’UE considère toujours que les tarifs américains sont « économiquement injustifiés », mettant en danger les intérêts des deux blocs ainsi que la stabilité du commerce mondial.