On s’attendait à des avant-centres qui brillent de mille feux, mais finalement, ce sont les gardiens qui ont ravi toute la lumière, dans la soirée du mardi 15 avril. En particulier Chouaib Bellaarouch.

Face à la Côte d’Ivoire, en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations U17, le portier marocain a qualifié ses coéquipiers à l’issue d’une séance de tirs aux buts haletante (4-3), aux antipodes des 90 minutes du temps réglementaire (0-0).

Après quelques moments de fébrilité lors du tour précédent contre l’Afrique du Sud, le gardien formé à l’Académie Mohammed VI a retrouvé un niveau de concentration plus conforme à son talent et nous a gratifiés d’une prestation de haute volée. Bien plus que ses trois arrêts qui ont écœuré les Ivoiriens lors de la séance des tirs aux buts, c’est sa parade exceptionnelle juste avant de rentrer aux vestiaires à la mi-temps qui a sauvé les Lionceaux de l’ornière. Un arrêt de grande classe, grâce auquel il est sorti vainqueur d’un face-à-face contre Adylinho Haidara.

Suite à un coup de billard dans la défense marocaine, l’avant-centre ivoirien avait hérité d’un ballon idéal, à trois mètres des cages de Chouaib Bellaarouch. En une fraction de seconde, le natif de Casablanca a pris la décision de sortir comme une balle sur son vis-à-vis, tout en agrandissant sa surface corporelle tel un gardien de handball.

Bien lui en a pris, puisqu’il a réussi à repousser le tir à bout portant de Haidara d’une manchette à la Neuer. C’était l’un des deux seuls tirs cadrés que Bellaarouch a eu à repousser. Certainement le plus dur des deux, dans une rencontre où le poids de la pression a semblé alourdir les jambes des 21 autres acteurs.

En effet, les Lionceaux n’étaient pas particulièrement fringants. Ils n’ont eu que de très rares occasions à se mettre sous la dent, en ne cadrant qu’un seul de leurs trois tirs. La faute à la pression mise par les attaquants ivoiriens sur la défense marocaine, qui n’a eu d’autre choix que d’allonger le jeu.

Lorsque le décalage était fait par des transmissions courtes, les Éléphanteaux commettaient systématiquement des fautes pour casser le jeu (21 fautes en 93’). Les protégés de Nabil Baha auraient pu plier le match juste avant le coup de sifflet final, mais, suite à une mésentente dans la défense adverse, le ballon a frôlé les cages pour finir en corner.

C’était l’une des dernières occasions de la partie avant la fatidique séance des tirs aux buts. Considérés comme une loterie pour certains ou un exercice technique qui se travaille pour les autres, les penaltys ont toujours été accompagnés d’une forme de dramaturgie. Des scénarios de folie où les meilleurs joueurs ont souvent le mauvais rôle. À l’image d’Abdellah Ouazane.

Le meilleur joueur de l’EN jusqu’ici avait entre les pieds le ballon de la finale, mais il a buté sur le gardien ivoirien. À ce moment de la séance des penaltys, tout le monde craignait que le vent ne tourne dans l’autre sens, mais c’était sans compter sur une énième parade de Chouaib Bellaarouch, qu’il a agrémentée d’un signe vers son coéquipier Amine Ouahabi, qui n’a cette fois pas laissé sa chance passer.

Place désormais à la finale, qui sera disputée le samedi 19 avril au stade El Bachir à Mohammedia, contre le Mali qui a étonnamment éliminé le Burkina Faso par 2 buts à 0, un peu plus tôt dans la journée.