Mohamed Bennis : “Nous serons prêts pour la 5G” (Orange Maroc)
À l’approche des grands événements sportifs internationaux que le Maroc va accueillir, à commencer par la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030, l’enjeu technologique est plus crucial que...
À l’approche des grands événements sportifs internationaux que le Maroc va accueillir, à commencer par la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030, l’enjeu technologique est plus crucial que jamais.
Dans ce cadre, le Maroc ambitionne d’atteindre un taux de couverture en 5G de 70% de la population d’ici 2030, d’étendre l’accès à l’internet haut débit et d’améliorer l’infrastructure IT dans les stades. Dans ce contexte, les opérateurs télécoms ont un rôle stratégique à jouer.
Sur le plateau de M24 studio, Médias24 a reçu Mohamed Bennis, directeur des ventes B2B chez Orange Maroc.
Médias24. Le Maroc s’engage activement dans l’amélioration ou la mise à niveau de son infrastructure IT et sa connectivité en préparation de ces évènements sportifs de haut niveau. Quel état des lieux, selon vous ?
Mohamed Bennis. Le Maroc a fait beaucoup de progrès dans ce domaine, dans le secteur de l’infrastructure numérique en général, de la connectivité en particulier. Et la stratégie Maroc digital 2030 va accentuer tous les efforts qui sont faits par l’ensemble des acteurs du secteur.
Le Maroc s’est énormément développé sur les infrastructures des réseaux mobiles, ce depuis la libéralisation des télécoms en l’an 2000. Nous avons participé à densifier ce réseau mobile, à le rendre performant à travers les différentes technologies 3G, 4G et bientôt la 5G. Il existe aussi une intensification des investissements.
Le Maroc peut être fier des infrastructures développées, nous allons continuer à les renforcer. Nous ne jouons pas uniquement à l’enjeu d’une entreprise ou d’un opérateur, il s’agit d’un enjeu national.
Nous devons être prêts le jour J du lancement de la CAN, de la Coupe du monde 2030, mais aussi de tous les événements, y compris du GITEX dans lequel nous nous trouvons. C’est un défi technologique d’envergure que d’accueillir 45.000 personnes en 3 jours et de leur offrir, aussi bien aux exposants qu’aux visiteurs, une connectivité performante, un contenu digital qui soit adapté à chaque manifestation.
Nous sommes vraiment fiers, à Orange Maroc, de contribuer à ce développement. Justement, les opérateurs télécom sont en première ligne des préparatifs.
– Les opérateurs télécom sont en première ligne des préparatifs. Avez-vous anticipé les exigences de connectivité dans des lieux à forte affluence comme les stades, les aéroports ou les fan zones ?
– Absolument. Depuis des années, c’est notre travail de monitorer les usages. Le trafic de data au Maroc double tous les 4 ou 5 ans. Déjà, lorsque vous êtes à la maison, vous pouvez sentir que le réseau s’est amélioré depuis les années précédentes, ceci grâce au monitoring, au développement des infrastructures en termes de capacité pour qu’on ait plus de tuyaux, davantage de bandes passantes, d’abord sur les réseaux mobiles, aussi sur les réseaux fixes.
– Quelles solutions technologiques Orange Maroc développe-t-elle ou propose-t-elle visant à accompagner l’organisation de ces événements ?
– Technologiquement parlant, nous avons plusieurs solutions. Je tiens à rappeler qu’Orange Maroc fait partie du groupe Orange et nous sommes fiers d’avoir été l’opérateur de référence pour les JO de Paris en France dernièrement. L’ensemble de la manifestation des JO a été opérée d’un point de vue connectivité et infrastructure digitale par Orange. C’est grâce à cette expérience accumulée, que ce soit dans le foot, dans les JO, ou la Coupe d’Afrique des Nations.
Nous allons tout simplement répliquer les meilleures pratiques à l’international ici, au Maroc. Nous sommes prêts à mettre en place les mêmes solutions, que ce soit des solutions connectées pour le spectateur, pour le fan, pour que nous puissions avoir une solution de gestion des accès au stade, et pour qu’on puisse développer un accès Wi-Fi dans les enceintes des stades, mais aussi sur l’ensemble des fan zones.
Nous sommes en 4G aujourd’hui, mais nous serons prêts en 5G. Nous sommes en train de s’y préparer. Nous avons des dizaines de milliers de kilomètres de fibre optique au Maroc et nous allons continuer à développer cette infrastructure.
Nous avons l’ensemble de l’infrastructure cloud aujourd’hui, qui va permettre à l’ensemble de l’écosystème du monde sportif d’héberger leurs applications qui sont développées pour la billetterie, pour les accès, pour les fans, comme ce que nous avons vu pour le Qatar avec cette fameuse application qui permet à tous d’accéder à l’ensemble des événements.
– En tête des sujets cruciaux : la 5G et le déploiement de la fibre. Quels sont les plans d’Orange ?
– Le plan d’Orange, c’est d’être prêt. Nous sommes en train de NOUS préparer depuis des années. Ce qui nous manque, c’est simplement le feu vert qui va être donné par le régulateur. Chez Orange, on planifie depuis tout le temps. On ne va pas improviser un lancement. Orange Maroc, vous allez voir, nous allons avoir une des meilleures connectivités 5G et nous allons avoir les meilleurs usages en 5G.
– Avez-vous identifié des cas d’usages prioritaires pour des secteurs comme l’hôtellerie ou les transports qui nécessitent une transformation numérique accélérée ?
– Aujourd’hui, nous avons une transformation de folie sur le secteur de l’hôtellerie. Nous accompagnons plusieurs de nos clients et nous sommes fiers que les grandes chaînes hôtelières au Maroc soient clients d’Orange parce que nous installons pour eux l’ensemble des solutions Wi-Fi, mais pas que. Il faut l’expérience client de l’hôtel.
Par rapport à l’ensemble de ces lieux, les solutions sont des solutions de Wi-Fi connecté, de Wi-Fi enrichi, les solutions pour les stades, comme je l’ai dit tout à l’heure, de billetterie, de contrôle d’accès et en fait tout le cloud qui sera un atout pour l’ensemble des développeurs parce qu’une manifestation ne se fait pas uniquement par un acteur.
Donc nous sommes fiers d’avoir un écosystème très riche qui va pouvoir bénéficier de ces infrastructures, qui va pouvoir lui aussi être prêt en installant sur le cloud d’Orange l’ensemble des applicatifs qui vont permettre de rendre l’expérience des clients une expérience riche et dans les normes internationales.
– Peut-on imaginer des collaborations publiques-privées renforcées autour de l’infrastructure digitale des événements sportifs ? Orange est-elle déjà engagée dans des discussions ou des projets de ce type-là ?
– Nous ne pouvons pas développer des projets d’infrastructure ou des projets de taille au Maroc sans cette collaboration public-privé. D’abord, je prends l’exemple dans le monde rural aujourd’hui. Nous sommes fiers d’avoir développé une connectivité grâce aux leviers réglementaires. Ainsi, nous avons mis en place des solutions d’accès et de partage avec les autres opérateurs pour qu’on puisse mutualiser les infrastructures les uns avec les autres.
Je prends l’exemple du séisme d’Al Haouz. Nous étions très contents de pouvoir réagir très rapidement pour pouvoir offrir l’accès sur nos infrastructures aux autres opérateurs, parce que nous travaillons pour notre pays.
L’accès au domaine public ne se fait pas uniquement par les acteurs d’infrastructures. Nous sommes en train de le faire avec les communes, les wilayas, les différentes mairies pour que nous puissions avoir accès au domaine public et pouvoir mettre nos accès-fibres au profit des citoyens et des administrations.
Sans collaboration privée-public, sans accès au domaine public, nous ne pouvons pas développer les infrastructures. Je suis certain que cette collaboration va même devoir s’intensifier dans l’avenir proche.
– Les médias marocains, mais aussi internationaux qui seront présents pour couvrir, auront un rôle central durant la CAN et la CDM. Quelles solutions spécifiques Orange propose-t-elle pour répondre à leurs besoins en matière de diffusion, de connectivité ou de logistique technologique ?
– Pour les manifestations sportives, nous devons absolument assurer ce qu’on appelle le broadcast. Ce que j’espère, c’est que le Maroc, à l’occasion de la Coupe du Monde 2030, soit le pays hôte pour l’International Broadcast Center (IBC) de l’événement.
Mais dans tous les cas, qu’on accueille l’IBC ou pas, nous devons, à partir du Maroc, à partir des stades marocains, permettre aux médias de transmettre en temps réel les images des compétitions : lorsqu’un but est marqué, il faudra absolument, à la seconde qui suit, pouvoir relayer l’information avec la vidéo. Donc, il faudra des tuyaux, des pipes avec des débits importants, nous allons être prêts par rapport à ça.
Nous devons avoir non seulement une connectivité, mais avec un temps de latence très faible, qui permet de favoriser un streaming avec une bonne expérience, pour ceux qui vont accéder, pour les clients qui vont accéder aux images médias qui seront diffusées.
– Concernant les solutions IOT, est-ce qu’elles sont en préparation, ou sont-elles opérationnelles dans des lieux comme les hôtels, les aéroports, les enceintes sportives, pour améliorer l’accueil et la sécurité des usagers ?
– Pour l’accueil et la sécurité, Orange se positionne comme un fédérateur d’un écosystème. Nous ne développons pas ces solutions par un seul acteur, elles sont développées par tous les acteurs. Notre rôle, c’est d’ouvrir la porte des infrastructures, de donner l’accès à nos infrastructures aux différents développeurs d’applicatifs dans tous les domaines, l’agriculture, la santé, les mines, les ports, les aéroports.
Nous avons des clients, y compris sur le port de Tanger Med, par exemple, où le chargement-déchargement des conteneurs est opéré à travers l’infrastructure d’Orange. Donc, nous allons également pouvoir favoriser les usages IOT au sein de nos stades, au sein des hôtels, au sein des différentes fan-zones.