En épilogue de la Coupe d’Afrique des nations U17, le Maroc, pays hôte, affronte le Mali, double vainqueur de la compétition, ce samedi 19 avril (15 h), au stade El Bachir de Mohammedia. L’écrin qui sent bon l’air marin a été témoin de l’évolution d’un groupe de copains qui ont fait preuve d’une résilience à toute épreuve.
Contre vents et marées, les Lionceaux de l’Atlas ont jusqu’à présent toujours réussi à se relever même lorsqu’ils ont dû mettre un genou à terre. Une ténacité qui dénote d’une force mentale surprenante pour des adolescents qui n’ont même pas l’âge d’avoir le permis de conduire.
Et pourtant, les protégés de Nabil Baha ont su mener à bien leur barque, en s’appuyant sur une colonne vertébrale qui fait saliver les recruteurs européens, mais aussi grâce à un capitaine de bord qui a su gérer de main de maître les vents contraires. Une gageure, car l’ancien international marocain avait droit à tout sauf à l’erreur.
D’abord, à moins d’un an de la CAN 2025, il aurait la bonne idée d’enclencher une dynamique positive en soulevant un trophée qui échappe au foot marocain depuis la nuit des temps. Ensuite, parce qu’il a su garder le cap malgré les critiques parfois acerbes dont il a fait l’objet, notamment en accordant une confiance aveugle à son fils et avant-centre numéro 1, Ziyad Baha. Un choix réfléchi et assumé qui a jusqu’ici porté ses fruits.
Successeur de Saïd Chiba, finaliste malheureux de la dernière édition face au Sénégal (2-1), Nabil Baha n’a rien laissé au hasard pour hisser ses ouailles jusqu’au sommet du football continental. « C’est un moment que nous préparons depuis longtemps », assure le technicien marocain lors de la traditionnelle conférence d’avant-match.
« Il y a de la pression parce qu’on est chez nous. Mais les garçons sont motivés, ils veulent aller chercher cette victoire », poursuit-il. Au-delà de leurs indéniables qualités mentales, les Lionceaux de l’Atlas ont fait preuve d’une grande faculté d’adaptation, sous l’impulsion des choix judicieux du staff de Nabil Baha.
D’une part, le pragmatisme tactique du sélectionneur national a mis ses joueurs dans les meilleures dispositions en délaissant la possession du ballon à la faveur de projections rapides à la perte du ballon pour garantir un équilibre collectif. « On ne gagne pas une CAN sans être équilibré. Nous avons des joueurs capables de faire la différence devant, mais l’assise collective, c’est la clé », affirme-t-il. Justement, Nabil Baha a articulé son onze de départ autour d’une colonne vertébrale stable et performante.
Quatre lionceaux au-dessus du lot
Il y a une règle immuable dans le monde du ballon rond. Pour aller loin dans n’importe quelle compétition, il faut au moins quatre joueurs, un par ligne, au-dessus du lot. À commencer par un gardien décisif, en la personne de Chouaib Bellaarouch. Les chiffres parlent pour le portier de l’Académie Mohamed VI : quatre clean sheets, et seulement un but encaissé. Sans oublier sa masterclass en demi-finale, où il a à la fois arrêté trois penalties lors de la fatidique séance des tirs au but, et surtout été auteur d’un arrêt décisif en fin de première mi-temps.
Devant lui, Driss Aït Cheikh a continuellement éteint ses adversaires directs, en particulier en haute altitude, en remportant 78 % des duels aériens qu’il a disputés. Une qualité qui ne sera certainement pas superflue face à un adversaire redoutable sur coups de pied arrêtés. Formé à l’Académie de football créée par l’ancien international Youssef Chippo, il possède également une personnalité balle au pied qui aide à la progression du jeu de son équipe.
Le natif de Kénitra est dans le top 5 des joueurs qui ont tenté le plus de passes progressives dans la compétition. L’un des destinataires de ses ballons n’est autre que Abdellah Ouazane. Qu’il se rassure, personne ne lui en veut d’avoir raté son penalty lors de la demi-finale. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est la marque des grands. Et pour l’instant, le milieu de terrain de l’Ajax d’Amsterdam en prend le chemin, ne serait-ce qu’au regard de ses 2 buts et 3 passes décisives dans la compétition.
Ceci, sans parler de sa forte implication dans le jeu de son équipe. Tel une courroie de transmission, le jeune homme est continuellement animé par un altruisme et une volonté de toujours mettre ses coéquipiers dans les meilleures dispositions. Un vrai régal pour Ziyad Baha. Outre ses quatre réalisations, l’attaquant du Real Betis ouvre des brèches dans les défenses à ses coéquipiers par ses déplacements incessants.
Cet aspect de son jeu sera encore plus crucial au moment de créer des espaces dans une défense malienne loin d’être impériale, qui s’est inclinée à six reprises depuis le début de la compétition. Une fébrilité qui n’a pas dû échapper à Nabil Baha, qui assure que ses joueurs sont préparés à tous les cas de figure, dans une manière d’insuffler de la confiance à un groupe déterminé à aller au bout de leur périple africain et à inscrire leurs noms dans les livres des odyssées victorieuses du football continental.