Massad Boulos, conseiller spécial du président US pour l’Afrique et le Moyen Orient, va prochainement effectuer un déplacement au Maroc et en Algérie.
Avant cette tournée, il a multiplié les sorties médiatiques sur des chaînes de télévision arabophones (il maîtrise à merveille la langue arabe car il est d’origine libanaise) pour expliquer qu’il était temps d’assainir les relations entre le Maroc et l’Algérie.
« Nous préparons une visite au Maroc et en Algérie au sujet du Sahara occidental (…). C’est un dossier très important et qui dure depuis près de 50 ans », a déclaré Massad Boulos, qui a rappelé le récent déplacement de Nasser Bourita aux États-Unis pour y rencontrer Marco Rubio, le secrétaire d’État américain.
« Marco Rubio a insisté sur l’urgence d’une solution acceptée par les deux parties », poursuit M. Boulos. Les deux parties ? Le haut responsable américain fait sans aucun doute allusion à l’Algérie.
« Cette affaire était sur l’agenda du président Trump en 2020, mais le temps n’avait pas suffi à l’époque », ajoute Massad Boulos.
Strong statement from @SecRubio unequivocally reaffirming U.S. recognition of Moroccan sovereignty over Western Sahara. https://t.co/6JwvdZIj3n
— U.S. Senior Advisor for Africa (@US_SrAdvisorAF) April 18, 2025
Une manière de maintenir la pression sur l’Algérie et de la ramener à reprendre le chemin des négociations interrompues depuis 2019 ? Tout porte à le croire au vu de l’enchaînement des événements ces derniers jours, surtout depuis le briefing de Staffan De Mistura, le 14 avril, devant le Conseil de sécurité.
Massad Boulos a toutefois été clair dans ses propos, qui vont dans le sens de la position de l’administration Trump sur la question du Sahara. Il a qualifié cette position en faveur de la souveraineté du Maroc sur son Sahara de « forte » et de « sans équivoque ».
Comme nous l’écrivions dans un précédent article, la prochaine réunion du Conseil de sécurité sur le Sahara, en octobre, va être décisive. En plus de coïncider avec le cinquantenaire du conflit fomenté autour de l’intégrité territoriale du Royaume, cette réunion risquerait de marquer un tournant décisif pour l’affaire du Sahara.
Quelle que soit l’issue des bons offices ou des tentatives que mènera De Mistura, la séquence actuelle revêt une importance majeure puisqu’elle installe d’une manière explicite une vérité trop longtemps niée par Alger: le caractère bilatéral Algérie-marocain du conflit du Sahara.
Elle place également au centre du débat, le plan marocain d’autonomie.
Ces deux évolutions majeures nous rapprocheront-elles d’une solution définitive? L’avenir nous le dira.
La communauté internationale insiste sur l’urgence d’une solution à l’un des plus vieux conflits du monde. Les États-Unis et la France, membres permanents du Conseil de sécurité, soutiennent le plan d’autonomie, comme c’est le cas de près de 130 pays membres de l’ONU.
L’émissaire de Donald Trump s’intéresse aussi au conflit libyen dans lequel, de manières différentes, sont impliqués le Maroc et l’Algérie. Avec aussi cette différence de position (et de philosophie), puisque le Royaume s’est toujours interdit d’attiser les divergences entre les protagonistes de ce conflit en essayant de les ramener à dialoguer, comme ce fut le cas lors des processus de Skhirat et de Bouznika.