Avec le décès du pape François ce dimanche 20 avril, le monde perd une figure spirituelle majeure, mais aussi un acteur de poids sur la scène diplomatique internationale. Pendant plus d’une décennie, François a consolidé une diplomatie vaticane discrète mais influente.
Le Vatican entretient des relations diplomatiques avec tous les États du monde dans le but de défendre les intérêts de l’Église catholique. À cet égard, ses ambassadeurs, appelés nonces apostoliques, jouent un rôle clé. Ils sont les représentants officiels du Pape et de l’Église catholique auprès des gouvernements étrangers, assurant ainsi un lien direct entre le Saint-Siège et les États, explique Ahmed Faouzi, ancien ambassadeur et chercheur en relations internationales.
Le Vatican est également membre observateur de plusieurs organisations internationales, notamment des Nations unies, ce qui renforce sa présence sur la scène mondiale. Dans ses relations internationales, le Saint-Siège s’efforce de maintenir une position de médiateur dans les conflits, en s’appuyant sur sa neutralité et sur l’autorité morale incarnée par le pape lui-même, poursuit notre interlocuteur.
Parmi les priorités internationales de l’Église, on retrouve l’Afrique, le Moyen-Orient, où la présence chrétienne est particulièrement importante, ainsi que l’Amérique latine.
Parmi les moments forts de cette diplomatie pontificale, les visites au Maroc occupent une place à part. En 1985, Jean-Paul II devient le premier pape à fouler le sol d’un pays musulman, invité par feu le Roi Hassan II. En 2019, le pape François perpétue cette dynamique en se rendant à Rabat à l’invitation du Roi Mohammed VI.
Comment est élu un pape ?
À la mort ou à la démission du pape, les cardinaux de moins de 80 ans se réunissent au Vatican pour élire son successeur lors du conclave, une procédure codifiée depuis le Moyen-Âge, instaurée au XIIIe siècle pour éviter toute pression extérieure.
Pendant toute la durée du conclave, qui se tient dans la chapelle Sixtine, les cardinaux sont totalement isolés : téléphones interdits, réseau brouillé, fenêtres scellées. Ils logent à la résidence Sainte-Marthe, attenante à la chapelle.
L’élection se déroule à bulletin secret, lors de scrutins successifs (deux le matin, deux l’après-midi). Il faut une majorité des deux-tiers pour désigner un nouveau pape. La couleur de la fumée qui s’échappe de la cheminée de la chapelle indique le résultat : noire en cas d’échec, blanche lorsqu’un pape est élu.
Tous les cardinaux électeurs peuvent être choisis, même si certains sont plus pressentis que d’autres – on les appelle les papabili. Une fois élu, l’heureux désigné accepte officiellement sa charge et choisit le nom qu’il portera comme pape. Puis, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, l’annonce est faite au monde par le cardinal doyen qui prononce le fameux Habemus papam.