Le programme de soutien social direct mis en œuvre dans le cadre du chantier royal de la protection sociale profite aujourd’hui à près de 12 millions de Marocains, soit environ un tiers de la population nationale.
L’annonce a été faite par Wafâa Jemali, directrice générale de l’Agence nationale du soutien social, intervenant lors d’une journée d’étude organisée le 18 avril à la Chambre des représentants par le groupe socialiste et l’Observatoire marocain de la protection sociale.
Ce dispositif, lancé en 2023, est financé pour l’année 2024 à hauteur de 25 milliards de dirhams, et cible environ 4 millions de familles. Il repose sur un système de ciblage unifié via le registre social et se veut une réponse concrète aux directives royales visant à « améliorer les conditions des catégories vulnérables, réduire les disparités sociales et renforcer la justice territoriale ».
Les bénéficiaires sont répartis selon différents profils. 2,435 millions de familles reçoivent des allocations familiales destinées à la protection de plus de 5,6 millions d’enfants, jusqu’à l’âge de 21 ans. D’un autre côté, 1,540 million de ménages perçoivent une allocation forfaitaire pour l’accompagnement de plus d’un million de personnes âgées. S’ajoutent à cela plus de 400 000 veuves, dont 87 000 soutiennent environ 96 000 orphelins.
Lors de son intervention, Wafâa Jemali a souligné que le Maroc est aujourd’hui « le deuxième pays au niveau africain et régional en termes d’effort budgétaire pour le soutien social direct, avec un taux équivalant à 2% du PIB ». Elle a insisté sur la dimension structurante de ce chantier, saluant la « gouvernance numérique, la transparence et la rapidité de mise en œuvre » qui caractérisent cette réforme.
L’agence entend renforcer la proximité du dispositif par la création de représentations locales sur l’ensemble du territoire. Une antenne pilote devrait voir le jour cette année, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur.
Wafâa Jemali a également insisté sur la nécessité d’évaluer l’impact réel du soutien sur les conditions de vie des bénéficiaires. Elle a évoqué, à titre d’exemple, une famille de six personnes, vivant avec des revenus mensuels modestes et bénéficiant d’un soutien mensuel de 636 dirhams. « Ce montant représente environ un quart de leur revenu. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas suffisant pour changer leur quotidien sans un accompagnement complémentaire », a-t-elle déclaré.
Cette approche vise aussi à intégrer les dimensions sociales et économiques du soutien. L’accent est mis sur la scolarisation des enfants, leur suivi sanitaire et leur protection contre les risques sociaux, à travers un lien renforcé avec les institutions publiques et les associations locales. L’objectif est de faire du soutien direct non seulement une aide, mais un levier d’autonomisation pour les familles.
Enfin, la directrice générale a rappelé que l’agence œuvre à la consolidation d’un modèle intégré fondé sur un ciblage rigoureux, des engagements sociaux contractuels avec les ménages, et une évaluation continue des résultats. « Notre ambition est de garantir un soutien durable et équitable, fidèle à la vision de Sa Majesté le Roi et au service d’un Maroc plus juste et solidaire », a-t-elle conclu.