A l’occasion de la 17e édition du SIAM, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka est revenu sur la vision de son ministère et les projets visant à répondre aux besoins du Royaume en eau potable et d’irrigation.

Nizar Baraka a rappelé, lors de son intervention, l’objectif exprimé par le Roi Mohammed VI de satisfaire 100% des besoins en eau potable et au moins 80% des besoins agricoles en eau d’irrigation, et ce même dans les conditions climatiques les plus difficiles.

Cette vision s’inscrit dans « une politique de gestion décentralisée » au niveau des bassins hydrauliques, permettant une prise de décision adaptée aux spécificités locales et intégrant pleinement la dimension régionale dans l’élaboration et la mise en œuvre des actions.

Développement des ressources en eau conventionnelles

La nouvelle politique de l’eau repose d’abord sur le développement des ressources en eau conventionnelles, à travers:

  • L’accélération de la construction de barrages de différentes tailles,
  • La collecte des eaux pluviales,
  • L’interconnexion des bassins hydrauliques,
  • La mobilisation durable des ressources en eaux souterraines,
  • Le dévasement des barrages existants.

Le Maroc dispose actuellement de 154 barrages grands et moyens, pour une capacité globale de 20 milliards de m³. À ce jour, 16 nouveaux barrages sont en construction, et trois autres sont programmés en 2025, avec pour objectif de porter cette capacité à 25 milliards de m³ à l’horizon 2030.

Accélération du recours aux ressources non conventionnelles

Face à la pression croissante sur les ressources hydriques, le Royaume a entrepris, selon le ministre, un virage stratégique vers les eaux non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau de mer. Le programme national vise à porter la production de 140 millions de m³ en 2022 à 1,7 milliard de m³ en 2030. Sur ce volume, 500 millions de m³ seront dédiés à l’irrigation, permettant de couvrir environ 100.000 hectares.

Parmi les principaux projets :

  • La station de dessalement de Dakhla, prévue pour fin 2025, produira 37 millions de m³/an, dont 30 millions pour irriguer 5.200 hectares.
  • La station de Casablanca, d’une capacité de 300 millions de m³, consacrera 50 millions à l’irrigation de 8.000 hectares.
  • La station de Tiznit (Souss-Massa) atteindra 350 millions de m³, destinés majoritairement à l’irrigation dans la région.

Une considération essentielle concerne le principe de solidarité entre l’amont et l’aval. L’objectif est que l’eau issue des stations de dessalement d’eau de mer couvre les besoins des villes et centres côtiers ainsi que des zones agricoles à haute valeur ajoutée, tandis que les eaux de surface régulées par les barrages soient prioritairement réservées à l’approvisionnement des zones montagneuses, des régions rurales et des villes de l’intérieur.

« Dans ce cadre, il est par exemple prévu d’acheminer l’eau dessalée depuis Safi vers les villes de Marrakech et Benguerir, ou encore depuis El Jadida vers Khouribga« , a noté le ministre.

Doubler le volume des eaux usées traitées

Le Royaume compte doubler d’ici 2027 le volume des eaux usées traitées afin d’être réutilisées pour les espaces verts, la recharge des nappes phréatiques et l’irrigation des cultures arboricoles.

En parallèle, le gouvernement s’engage dans la gestion rationnelle de la demande en eau, via l’amélioration des rendements des réseaux de distribution d’eau potable et des systèmes d’irrigation, dans le cadre du Programme d’efficience hydrique.

L’exécutif mise également sur la sensibilisation des citoyens à l’importance de préserver les ressources hydriques, ainsi que sur l’élaboration de contrats sectoriels avec les acteurs de l’industrie, du tourisme et de l’agriculture pour une meilleure gestion de la ressource.

Enfin, dans le cadre de sa collaboration avec le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Équipement et de l’eau élabore un programme futur pour faire face aux effets du changement climatique, fondé sur :

  • Les plans régionaux d’aménagement hydraulique par bassin,
  • Les projections à l’horizon 2050, identifiant priorités agricoles et besoins futurs,
  • La garantie de 100% de couverture en eau potable et de 80% pour l’irrigation, quelles que soient les conditions climatiques.

Le ministre a conclu en rappelant les efforts entrepris dans le domaine de la recherche agronomique, visant à développer des variétés végétales plus résilientes au stress hydrique, tout en assurant une réduction de la consommation d’eau et une meilleure efficience hydrique au niveau national.