Jointes par nos soins, des sources syndicales nous confirment que différentes revendications ont été mises sur la table par les trois syndicats, dont les principales portent sur une nouvelle augmentation des salaires pour accompagner la flambée des prix des différents produits alimentaires, les libertés syndicales et l’ouverture du dialogue sectoriel, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des collectivités territoriales.
Cependant, dès le début de cette réunion, certains syndicats, notamment la CDT, ont protesté contre le non-respect de la périodicité du dialogue social, appelant ainsi à son institutionnalisation par la tenue de deux rounds chaque année, un premier en avril et un second en septembre, comme convenu dans les précédents accords, notamment celui de 2022.
Si l’UMT a proposé l’élaboration d’un projet de loi organisant ce dialogue et la création d’un conseil national chargé du suivi permanent des résultats du dialogue social, la CDT, elle, a exigé son élévation au rang de loi-cadre contraignante.
Augmentation des salaires
L’augmentation générale des salaires est l’une des principales revendications des trois syndicats, reçus encore une fois séparément par le gouvernement pour ce nouveau round. Cette mesure viendrait en réponse à la cherté de la vie, à la hausse des prix et à l’érosion des précédentes augmentations, expliquent-ils, afin de préserver le pouvoir d’achat de la classe ouvrière.
L’UGTM a de ce fait invité le gouvernement à diversifier les mécanismes d’amélioration du revenu des employés dans les deux secteurs, privé et public, ainsi que des retraités, en vue du prochain cycle de septembre.
Sur le point relatif aux retraités, l’UMT a appelé l’État à la revalorisation des pensions, qui sont restées figées depuis des années, le but étant d’améliorer leur situation, et à la poursuite de l’allègement de la charge fiscale sur les salaires.
Le syndicat a aussi incité le gouvernement à augmenter les allocations familiales pour les enfants sans distinction, pour atteindre 500 DH par enfant, ce qui permettrait de couvrir en partie les besoins des familles en matière de soins et d’éducation notamment.
Quant à la CDT, elle a exigé la poursuite de la mise en œuvre des engagements contenus dans les accords précédents, notamment ceux relatifs à la revalorisation du SMIG et du SMAG.
Réunion UGTM-gouvernement.
Dialogue sectoriel et libertés syndicales
Il s’agit de deux autres revendications majeures des trois syndicats. Le dialogue sectoriel devrait, selon eux, s’ouvrir dans plusieurs secteurs, principalement les collectivités territoriales, la gestion déléguée, la santé et l’éducation, « sous la supervision de la présidence du gouvernement », souligne l’UMT.
Ce syndicat exige aussi l’ouverture de dialogues spécifiques par catégories professionnelles, notamment les administrateurs, les techniciens, les ingénieurs et les fonctionnaires en situation de handicap, afin de garantir l’égalité salariale et administrative.
Dans l’éducation, la CDT évoque deux accords, du 10 et du 26 décembre 2024. Elle appelle le gouvernement à les exécuter. Par ailleurs, elle exige la publication des statuts des secteurs ayant déjà abouti à des accords finaux, et à l’accélération des négociations de ceux en cours, notamment les statuts pour les agents de l’enseignement supérieur, des collectivités locales, du ministère de l’Équipement et du transport, ainsi que la création d’une fondation pour les œuvres sociales en faveur des fonctionnaires et agents des administrations publiques.
Par ailleurs, si l’UGTM appelle au renforcement et à la pérennisation du dialogue sectoriel dans tous les ministères et établissements publics, en veillant à une mise en œuvre effective et positive des accords conclus, elle exhorte aussi le gouvernement à répondre aux questions catégorielles et sectorielles les plus urgentes, portant notamment sur le statut des fonctionnaires des collectivités territoriales, de l’enseignement supérieur et des inspecteurs du travail….
Quant aux libertés syndicales, les trois syndicats appellent à :
- la protection des représentants des travailleurs contre le licenciement ;
- la réintégration de tout salarié licencié pour des raisons syndicales ;
- l’abrogation de l’article 288 du Code pénal ;
- la fin de toutes formes de pression contre l’action syndicale, aussi bien dans le privé que dans les établissements publics (cas des pilotes de la RAM) ;
- la création d’un mécanisme centralisé de suivi et de traitement des plaintes syndicales et leur aboutissement.
L’UGTM a, pour sa part, incité le gouvernement à accélérer l’élaboration du projet de loi sur les syndicats attendu depuis longtemps.
Les trois syndicats ont par ailleurs souligné la nécessité d’accélérer la création du nouveau grade dans la fonction publique.
Réunion CDT-gouvernement.
Code du travail et réforme des retraites
Le Code du travail et la réforme des retraites ont également figuré parmi les points majeurs abordés durant cette session.
Au sujet de la réforme des retraites, l’UMT a réaffirmé ses positions, à savoir le refus de toute réforme paramétrique qui porterait atteinte aux acquis des fonctionnaires et des travailleurs affiliés aux régimes de retraite. Elle rejette ainsi la combinaison qui porte sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite, l’augmentation des cotisations et la diminution du montant des pensions.
L’Union a par ailleurs souligné, lors de sa rencontre avec le gouvernement, que le problème des régimes de retraite réside notamment dans la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion de certains fonds. Le syndicat a, de ce fait, proposé de relancer le comité national des régimes de retraites, composé de membres du gouvernement, d’employeurs, de syndicats et de directeurs des caisses de retraite.
Pour ce qui est du Code du travail, l’UGTM a insisté sur l’importance de discuter toute éventuelle modification dans un cadre participatif, fondé sur la négociation collective et tenant compte des positions et revendications de l’ensemble des partenaires sociaux.
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