L’agriculture se trouve à la croisée des chemins entre les aléas climatiques, la transformation des marchés internationaux et la pression sur les ressources naturelles, notamment l’eau, qui est au centre de cette édition du SIAM. Un état des lieux s’impose et, pour en parler, nous avons échangé avec Rachid Benali, président de la Comader, dans le cadre de notre couverture spéciale du Siam.

Pour ce dernier, le moral des opérateurs est bon au regard des récentes précipitations. « On peut dire qu’on est tous très contents. On espère que cela va continuer et que ce sera la fin de cette période difficile », affirme-t-il.

Interrogé sur l’avancement des contrats-programmes, le président de la Comader estime que « vu la conjoncture et les six années de sécheresse qui ont laissé leur empreinte, les objectifs sont difficiles à atteindre ».

« Avec la sécheresse, nous avons même reculé par rapport aux acquis. Maintenant, on doit reprendre les contrats-programmes sur de nouvelles bases. Des ajustements s’imposent », confie-t-il en précisant que des discussions sont en cours avec le gouvernement à ce sujet.

Normes phytosanitaires et export vers l’UE

Au sujet du renforcement des exigences en matière de normes phytosanitaires par l’UE, principal client de l’agriculture marocaine, Rachid Benali explique que « les exportations agricoles se portent bien pour les produits dont on a la quantité et dont on arrive à satisfaire les besoins nationaux ».

Il cite l’exemple de l’huile d’olive. « On n’arrive pas à exporter de l’huile d’olive parce que, tout simplement, nous n’en avons pas suffisamment pour les Marocains ». Et d’ajouter : « Pour les autres produits, les exportations se portent bien. Même du point de vue sanitaire, on a eu quelques alertes, mais des fausses alertes en majorité ».

Toujours sur la question des exportations, et commentant la récente décision de Donald Trump d’augmenter les droits de douane et son impact sur le marché marocain, Rachid Benali explique que les 10% appliquées pour le Maroc n’auront pas d’impact majeur, et que c’est « finalement le consommateur américain qui va subir l’augmentation ».

Le président de la Comader rappelle que les échanges avec les États-Unis sont très bas et doivent être améliorés. « On a eu des échanges avec des partenaires américains. Nous avons reçu deux grandes délégations, dont l’une était la plus importante jamais envoyée par les États-Unis en Afrique. Et ce qui les intéresse, ce ne sont pas les produits marocains uniquement, mais la position du Maroc comme porte de l’Afrique », nous explique-t-il.