Alors que le stress hydrique et les dérèglements climatiques pèsent de plus en plus lourdement sur l’agriculture marocaine, le groupe OCP poursuit son engagement en faveur de l’agriculture pour proposer des réponses concrètes à travers l’innovation, la science, le développement industriel et une approche territoriale. Dans la ligne de mire du groupe, deux objectifs majeurs de développement durable des Nations unies : la sécurité alimentaire (SDG 2) et la lutte contre le changement climatique (SDG 13).

La présence de OCP au SIAM 2025 s’articule autour de quatre axes : santé des sols, gestion durable de l’eau, séquestration du carbone et inclusion des communautés rurales. Une stratégie articulée et complémentaire visant à rendre l’agriculture marocaine et africaine plus résiliente face aux crises climatiques et économiques.

Tout commence par la santé des sols

L’approche d’OCP pour la santé des sols se résume par les 4Rs pour la fertilisation (Right Source, Right Rate, Right Time, Right Place). Une approche qui vise une fertilisation raisonnée et durable en appliquant la bonne source, la bonne dose, au bon moment et au bon endroit.

Partant de ce principe, chez OCP Nutricrops, une idée s’impose : la fertilité des sols ne peut plus être pensée selon des recettes universelles. Cartographie fine des terres, analyses poussées, fertilisants personnalisés : le groupe mise sur la précision pour améliorer les rendements tout en réduisant l’impact environnemental.

Stand du groupe OCP au SIAM 2025 (c) Médias24

Le TSP (Triple Super Phosphate) devient ainsi un produit sur-mesure, enrichi en calcium et disponible en version bas carbone. Plus qu’un simple intrant, il s’intègre à un écosystème digital de pilotage agronomique. « Le TPS se distingue par sa haute teneur en phosphore (46% P2O5) et sa solubilité élevée (>90%), favorisant une absorption rapide par les plantes. Sa richesse en calcium (15%) contribue également à améliorer la structure des sols », explique le groupe.

Produire sans puiser dans les ressources naturelles

En matière d’eau, OCP Green Water revendique une rupture : depuis 2024, aucun litre d’eau douce n’est utilisé pour les besoins industriels du groupe. L’intégralité provient de sources dites « non conventionnelles » : dessalement, réutilisation des eaux usées, économie circulaire.

« En quatre ans seulement, OCP Green Water a développé un modèle reposant sur une gestion de projet en mode fast-track, des technologies de pointe et un pilotage 100% intégré pour monter les unités de production d’eau et les stations d’épuration », est-il expliqué.

Ce virage s’accompagne d’une montée en puissance rapide : un pipeline de 219 km relie les installations industrielles de Jorf à Khouribga, capable de transporter jusqu’à 80 millions de m³ par an. Et dès 2025, plusieurs grandes villes – dont Marrakech et Casablanca Sud – sont en partie alimentées en eau potable via les unités d’OCP.

Stand du groupe OCP au SIAM 2025 (c) Médias24.

Le même modèle commence à s’appliquer à l’agriculture : des zones pilotes, irriguées à l’eau dessalée, sont expérimentées dans les régions arides, en collaboration avec l’UM6P et INNOVX ainsi que ses filiales Aradinov et AgriEdge.

Ce modèle intègre « des plans de fertil-irrigation adaptés, des plateformes de monitoring hydrique (capteurs, IoT, météo), une cartographie en temps réel des besoins en eau… »

À terme, l’idée est de créer des modèles agricoles irrigués par des eaux de sources non conventionnelles, réplicables à grande échelle, et de libérer ainsi les ressources en eau douce pour les usages agricoles stratégiques.

Le carbone, nouvelle monnaie verte des agriculteurs ?

Autre projet phare mis en évidence pendant le SIAM, le programme Tourba, pionnier du Carbon Farming au Maroc. Avec ce programme, OCP fait du carbone un levier d’action. « Fondées sur la captation du carbone dans les sols, ces pratiques transforment les terres agricoles en puits de carbone. Elles permettent aussi de générer des crédits carbone, offrant aux agriculteurs de nouveaux leviers financiers et une plus grande autonomie. Le sol devient ainsi un allié stratégique, pour le climat comme pour l’agriculteur », explique OCP.

Grâce à Tourba, plus de 2000 agriculteurs marocains sont engagés dans des programmes de Carbon Farming et d’agriculture de conservation. L’ambition d’ici 2030 ? « Couvrir 6 millions d’hectares en Afrique et en Amérique du Sud, avec un objectif de séquestration de 7 millions de tonnes de CO2 par an ».