Depuis son apparition en 2014, la cochenille ne cesse de ravager les champs de cactus, menaçant les productions de figues de barbarie. En marge de la 17ᵉ édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), Médias24 s’est entretenu avec un collectif d’agriculteurs du Souss, qui réussissent non seulement à combattre ce ravageur, mais aussi à produire quasiment toute l’année.
La genèse de ce projet s’inscrit dans les difficultés d’approvisionnement en matière première de ces producteurs dont l’activité principale reposait sur l’extraction d’huile à partir des graines de figues de barbarie. « Nous avons décidé de réaliser notre propre plantation pour produire notre matière première », explique Lahcen Ajebbour, agriculteur membre de l’agrégation Moroccan Cactus.
Après avoir hésité entre différentes variétés, ils ont sélectionné celles offrant les meilleurs résultats en termes de production, de calibre et de graines. Grâce à des conduites culturales adaptées, ils ont découvert que les cactus pouvaient produire quasiment toute l’année. « Excepté les mois de décembre et de janvier », ajoute notre interlocuteur.
Preuve en est, les fruits exposés à l’occasion du SIAM, au cœur du printemps, pour un fruit plus souvent disponible en été. Une véritable aubaine, car dans la culture du cactus, tout est valorisé : les graines, les fruits, les raquettes, et même les déchets pour la consommation animale.
Mais, pour en bénéficier, il a fallu s’atteler à une conduite culturale dès la plantation, au mètre près. « Lors de la plantation, un espacement de 2 mètres entre les plantes et de 5 mètres entre les lignes est respecté, selon les meilleures pratiques issues de plusieurs expérimentations », explique notre interlocuteur.
Et d’ajouter : « La taille des cactus est essentielle également. Les parties taillées sont utilisées soit pour la replantation, soit pour l’alimentation du cheptel ». En outre, pour lutter contre la cochenille, qui reste un fléau persistant, « un contrôle journalier est instauré, avec des rondes continues. Dès l’apparition des premiers signes, un traitement à l’eau est appliqué avec une brosse ».
Résultat : des rendements en constante progression, avec, dès la deuxième année, une récolte de 5 à 6 tonnes par hectare. « La troisième année, nous avons atteint 10 tonnes par hectare. Et, à partir de la quatrième, le rendement atteint entre 30 et 50 tonnes par hectare », conclut Lahcen Ajebbour.