Dans un échange avec Médias24 lors du SIEL, Mohamed Tozy est revenu sur les temps forts de cette 30ᵉ édition et sur le rôle essentiel du livre et des idées dans un monde en mutation.

« Cette année, nous avons bénéficié d’une véritable liberté pour imaginer des activités diverses et variées », nous confie-t-il. « Nous avons aussi pu compter sur un staff d’une grande efficacité, qui a assuré la logistique, le suivi des invitations et l’organisation avec un grand professionnalisme », explique-t-il en évoquant l’atmosphère de travail qui a marqué cette édition.

 

Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), partenaire incontournable cette année, a joué selon lui un rôle déterminant dans la mise en valeur des talents marocains à l’étranger.

Pour Mohamed Tozy, il suffit de consulter les différents documents produits, « notamment ce catalogue sur les travaux artistiques des Marocains du monde, sur la littérature et aussi sur la politique », pour mesurer l’ampleur du travail accompli.

À travers ces publications, « on découvre ce que des Marocains bien formés, bien intégrés dans leur pays d’accueil, et parfaitement à l’aise avec leur marocanité peuvent apporter ». Selon lui, ces talents expriment pleinement leur double identité. « Ils assument à la fois leur identité marocaine et leur identité française, belge, dans une perspective de construction de l’universel qui accepte et valorise la pluralité et la diversité ».

Mohamed Tozy souligne que cette dynamique portée par le CCME « consolide la position du Maroc comme producteur de matière grise, sans crainte de l’exporter ».

 

Mohamed Tozy revient aussi sur l’un des temps forts qu’il a animés. « Nous avons organisé une table ronde sur les élites politiques marocaines à l’étranger, celles qui exercent des responsabilités municipales ou nationales en Hollande, en Belgique, en France. De grosses personnalités ont accepté de venir discuter à la fois de leur parcours, de ce que leur marocanité apporte à leur trajectoire politique dans leurs pays d’accueil et de la façon dont elles appréhendent le positionnement du Maroc dans les nouvelles reconfigurations géopolitiques. C’était extrêmement positif, intéressant. Il y a eu une grande affluence et des interventions sincères et très riches ».

À l’heure d’un monde ultra-connecté, un événement comme le SIEL garde, aux yeux de Mohamed Tozy, toute sa pertinence. « Il est très important parce qu’annuellement, avec une régularité exemplaire, il donne à voir la production nationale », souligne-t-il.

« Bien sûr, il y a toujours des choses à améliorer », reconnaît-il, insistant sur la nécessité de « donner encore plus de place au livre dans ce salon, car un salon du livre, c’est d’abord pour le livre ». Le soutien du ministère à l’édition et au livre est réel, poursuit-il, « mais il faut faire plus d’efforts pour soutenir la lecture, encourager l’écriture, la diffusion, la traduction ». Ce travail de fond reste, selon lui, « un véritable chantier ».

Malgré tout, il voit dans cette édition « de vraies raisons de se satisfaire », au regard de la qualité de la production mise en avant cette année.

S’il devait résumer son impression générale, Mohamed Tozy parle d’une « belle réussite sur le plan esthétique, belle réussite, je pense, sur le plan de l’affluence, même si nous n’avons pas encore les chiffres, et belle réussite sur la qualité, notamment avec les deux fils rouges : celui des Marocains du monde et celui de Sharjah, les invités du Moyen-Orient ».

Pour Mohamed Tozy, l’ensemble de ces éléments « participe au rayonnement du pays, tout simplement ».