La nouvelle session du dialogue social a repris le 22 avril dernier. Le gouvernement s’est réuni avec les trois syndicats participants, à savoir l’UMT, l’UGTM et la CDT, ainsi qu’avec la CGEM. Plusieurs dossiers ont été évoqués par les partenaires sociaux, notamment les élections professionnelles, la réforme des retraites et l’augmentation des salaires, entre autres. Bien qu’à ce jour les revendications de ces derniers soient claires, on ignore encore si cette nouvelle session aboutira à un nouvel accord.

Contactées par nos soins, des sources syndicales nous expliquent que le ministre de l’Emploi, Younes Sekkouri, s’était engagé à revenir vers les syndicats sous dix jours. Il n’en est toujours rien. Nos interlocuteurs affirment n’avoir reçu aucun retour formel de la part du gouvernement depuis la rencontre du 22 avril, et espèrent ainsi un retour de dernière minute.

Pour sa part, le ministère de Sekkouri, joint par Médias24, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Une posture de réserve qui alimente le flou autour de cette session.

Cependant, une source proche du dossier nous confirme qu’à ce stade, aucun accord n’est prévu, les dossiers sur la table de négociation étant jugés complexes, nécessitant plusieurs rencontres et des discussions approfondies et étalées sur le temps.

Seul le chantier lié à la CNSS, relatif à la pension pour les retraités ayant au moins 1.320 jours de cotisation, entrera en vigueur le 1er mai.

Revalorisation du SMIG et du SMAG

« Le ministre de l’Emploi nous a demandé un délai de dix jours pour nous faire un retour par rapport à nos revendications », nous expliquent plus en détail les sources syndicales jointes par nos soins.

« On ignore si on aura un retour avant ou après le premier mai. En tous les cas, il n’en est rien pour l’instant, et on espère avoir un retour de dernière minute ce mardi 29 avril ».

« Le ministre devait nous apporter des réponses concernant plusieurs dossiers, que l’on juge très importants et prioritaires », soulignent nos interlocuteurs. Il s’agit notamment « de la revalorisation du SMIG et du SMAG et de l’unification des salaires ».

« Les conditions de vie des travailleurs du secteur agricole restent précaires », jugent-ils. « Rares sont les pays qui maintiennent encore une distinction entre le SMIG et le SMAG. Le Maroc et la Jordanie en font partie, et on veut remédier à cette situation. »

« Ce dossier est au cœur des négociations depuis l’époque du gouvernement de Abderrahman Youssoufi. Il a été évoqué par la suite avec différents gouvernements, avant qu’il ne soit bloqué sous le mandat de Benkirane. Lors de la réunion du 22 avril dernier, M. Sekkouri a fait preuve d’écoute et de compréhension à ce sujet. On espère alors que ce dossier aboutira ».

L’autre dossier jugé brûlant par les syndicats a trait aux élections professionnelles, entachées, selon eux, « par des irrégularités et un manque de sérieux ».

« On a d’ailleurs réclamé une réunion avec le ministère de l’Intérieur pour trouver une solution à ce dossier. Une rencontre s’est tenue le vendredi 25 avril dernier, qui a réuni la CDT notamment et une équipe de Abdelouafi Laftit ».

Réforme des retraites et pensions

La réforme des retraites est également un grand dossier sur lequel Sekkouri est attendu. L’UMT avait réaffirmé ses positions  à ce sujet, à savoir le refus de toute réforme paramétrique qui porterait atteinte aux acquis des fonctionnaires et des travailleurs affiliés aux régimes de retraite. Elle avait ainsi rejeté, au même titre que la CDT, la combinaison qui porte sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite, l’augmentation des cotisations et la diminution du montant des pensions.

L’Union avait par ailleurs souligné, lors de la rencontre du 22 avril avec le gouvernement, que le problème des régimes de retraite réside notamment dans la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion de certains fonds. Le syndicat avait, de ce fait, proposé de relancer le Comité national des régimes de retraites, composé de membres du gouvernement, d’employeurs, de syndicats et de directeurs des caisses de retraite.

Deux réunions de la commission nationale et de la commission technique, chargées du dossier de cette réforme, sont ainsi prévues pour les prochaines semaines afin de relancer ce chantier.

La CDT souligne également, dans le cadre de ce dossier, la nécessité de revaloriser les pensions des retraités qui restent figées après la retraite.

« Un premier mai sous le signe de la mobilisation »

« D’autres dossiers sont également sur la table des négociations, notamment la révision du Code du travail. On espère qu’ils aboutiront. Autrement, nous allons monter au créneau pour lutter pour nos droits », nous confient nos sources. « D’ailleurs, ce 1er mai s’inscrit sous le signe de la mobilisation », concluent-elles.

En l’absence de signal fort ou d’annonce anticipée, les regards seront donc tournés vers Sekkouri ce 30 avril, à la veille d’une fête du travail qui pourrait, cette fois, se dérouler sans compromis formel entre l’exécutif et les partenaires sociaux.