Hajar Azell a marqué cette 30ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) par une participation active. Entre conférences inspirantes, rencontres inattendues et moments d’échange avec le public, elle partage avec Médias24 ses impressions sur le salon. « J’ai trouvé que c’était extrêmement bien organisé, riche aussi en conférences ».
Elle souligne notamment la qualité des débats et la retransmission en ligne d’une partie des événements, permettant une accessibilité élargie.
Parmi les conférences marquantes auxquelles elle a assisté, elle cite une table ronde sur les archives familiales qui, selon elle, invite à repenser notre rapport intime à la mémoire. « Dans toutes les familles, il y a des archives qui racontent des histoires, des moments de vie, mais qu’on ne regarde pas toujours comme telles », explique-t-elle. Un sujet qui fait écho à son propre travail d’écriture, alors qu’elle prépare un troisième roman consacré au premier écrivain francophone marocain, tombé dans l’oubli.
Pour Hajar Azell, le SIEL 2025 a été « richement inspirant », en offrant non seulement des thématiques littéraires, mais aussi des incursions dans les sciences sociales et l’histoire, avec une grande liberté de circulation entre les espaces. « On entre dans une salle sans l’avoir prévu et on découvre des interventions passionnantes ».
Le rôle du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), partenaire majeur de cette édition, a également retenu son attention. « C’était très intéressant de rencontrer des romancières venues de plusieurs pays, pas seulement de France », souligne-t-elle. Elle salue un effort réel de diversité des intervenants, avec des écrivains marocains établis aux Pays-Bas, en Espagne ou ailleurs.
Interrogée sur la manière de rendre le salon du livre toujours plus attractif, notamment pour les jeunes générations, Hajar Azell insiste sur l’importance d’ouvrir la programmation à la bande dessinée, aux jeux vidéo, à la mémoire orale… « Il y a de la culture partout, et il faut peut-être nous réconcilier avec ses différentes formes ».
Elle note avec enthousiasme la présence de plusieurs langues : arabe, amazighe, français, anglais. « J’ai trouvé ça génial que chacun puisse s’exprimer librement dans la langue de son choix ».
Cette édition du SIEL a également été l’occasion pour Hajar Azell de présenter son nouveau roman, Le Sens de la fuite (éd. Gallimard). Un récit qui explore le désir universel d’évasion, d’errance et de découverte de soi. À travers la trajectoire d’une jeune journaliste partie couvrir les printemps arabes, Hajar Azell célèbre ces moments où choisir de fuir ou de dévier du chemin attendu devient source de rencontres et de révélations.
La rencontre avec son public a été, selon elle, particulièrement touchante. « Il y a eu des témoignages très forts, notamment d’une journaliste ayant couvert l’attentat d’Argana. Cela a créé un vrai moment de partage », raconte-t-elle, heureuse de voir son travail résonner aussi profondément.
En somme, pour Hajar Azell, cette édition du SIEL fut « inspirante, joyeuse et riche en découvertes », avec l’espoir que le salon ne cesse d’élargir les horizons culturels pour toucher toutes les générations.