Le crédit bancaire total a progressé de 5,1% en glissement annuel à fin mars 2025, selon les statistiques monétaires publiées par Bank Al-Maghrib.

Cette évolution est principalement portée par la forte dynamique des crédits à l’équipement. Ces derniers affichent une croissance remarquable de 18,1%, ce qui montre une reprise des financements à l’investissement, dans un contexte d’assouplissement monétaire et d’amélioration progressive de la confiance.

La croissance du crédit au secteur non financier s’est également renforcée, atteignant 3,9% en mars après 3,5% un mois plus tôt.

Les sociétés non financières privées ont vu leurs encours progresser de 2,1%, tandis que les sociétés publiques continuent d’enregistrer une dynamique soutenue à 11,9%. La progression reste plus modérée chez les ménages, avec une hausse de 2,3%, portée essentiellement par les crédits à l’habitat et à la consommation, dont la croissance est quasiment stable.

Par objet économique, les crédits à l’équipement constituent le principal moteur de la croissance du crédit bancaire. Les facilités de trésorerie enregistrent une amélioration à 4,6% en glissement annuel. Les crédits immobiliers évoluent lentement, avec une hausse de 2,7%, tandis que les prêts à la consommation progressent de 1,9%.

Les créances en souffrance augmentent de 2,3% sur un an, soit un rythme moins soutenu qu’en février. Leur poids dans l’encours global diminue légèrement à 8,4%, contre 8,7% le mois précédent, ce qui constitue un signal encourageant pour la qualité du portefeuille bancaire.

Masse monétaire : M3 accélère à 8%

Parallèlement, la masse monétaire au sens large (M3) s’est élevée à 1.912,5 MMDH à fin mars, enregistrant une accélération de sa croissance annuelle à 8% après 6,7% en février. Cette progression traduit le renforcement des dépôts à vue, de la monnaie fiduciaire et des placements liquides.

Les dépôts à vue progressent de 11,4%, contre 10,3% un mois plus tôt. La hausse est particulièrement marquée au niveau des sociétés non financières privées, qui renforcent leurs liquidités à hauteur de 18,7%, traduisant un comportement de précaution ou de gestion active de trésorerie. Du côté des ménages, les dépôts à vue ralentissent légèrement à 8,7%.

La circulation fiduciaire poursuit également sa progression, avec une hausse annuelle de 9,3%. En parallèle, les titres d’OPCVM monétaires enregistrent un rebond spectaculaire, avec une croissance de 17,9% sur un an, traduisant un regain d’intérêt pour ces supports de placement à court terme.

Les comptes à terme poursuivent en revanche leur déclin, avec une contraction de 0,7%, après une hausse modérée en février. Cette tendance reflète l’environnement de taux plus bas et la préférence croissante des agents économiques pour des placements plus liquides.

Par secteur institutionnel, les actifs monétaires des ménages stagnent autour de 5,9%, en raison d’une baisse continue des dépôts à terme et d’un ralentissement de leurs dépôts à vue. En revanche, les sociétés non financières privées affichent une dynamique bien plus soutenue, tirée par l’accumulation de dépôts à vue et de titres d’OPCVM monétaires.