L’organisation d’événements sportifs d’envergure nécessite d’investir dans de nombreuses infrastructures routières, de transport, d’aménagement urbain qui vont profiter à la ville et au pays.
Cela suppose également d’accueillir un nombre important de visiteurs, que ce soit des personnes qui travaillent dans l’organisation de l’évènement, mais également les supporters pendant la durée de la manifestation sportive.
Médias24 et son partenaire spécialisé dans l’immobilier Yakeey listent les retombées de l’organisation de tels événements sur l’immobilier urbain.
Dans un premier temps, cette organisation s’accompagne d’un impact économique majeur profitant au marché immobilier. L’évènement sportif permet à la ville et au pays de bénéficier d’une visibilité internationale, ce qui améliore son image et sa notoriété, contribuant à stimuler le tourisme par la suite.
Rappelez-vous, les Jeux olympiques de 1992 avaient complètement transformé Barcelone. Des quartiers entiers comme Poblenou ont été réhabilités, les infrastructures de transport modernisées, et le littoral réaménagé. Les prix de l’immobilier ont fortement augmenté dans les zones rénovées.
L’effet sur l’immobilier repose sur l’intégration des infrastructures à long terme. À Athènes, certaines infrastructures n’ont plus été utilisées après les Jeux olympiques de 2004. Cette ville a connu une hausse des prix dans les années précédant les jeux. S’en est ensuivi un effondrement progressif lié à la crise économique de 2008, renforcé par les dettes liées à l’organisation.
De puissants catalyseurs
Les grands événements sportifs sont des catalyseurs puissants de transformation urbaine. Cependant, leur effet sur l’immobilier dépend fortement de la planification à long terme, de l’intégration des infrastructures dans la vie locale et de la capacité à éviter les dérives spéculatives. L’histoire des villes européennes montre que ces événements peuvent autant revitaliser un territoire que laisser derrière eux des crises immobilières.
Plus récemment, lors de la dernière Coupe du monde à Doha, la ville a connu une flambée des loyers et des prix de vente.
Le pays avait toutefois opté pour la mise à disposition de logements temporaires, évitant une construction excessive. Doha a ainsi pu pallier la baisse de l’offre qui aurait pu contribuer à l’effondrement des prix de vente.
Comment expliquer la hausse des prix ?
Les pays hôtes d’événements sportifs d’envergure suivent un cycle classique sur les marchés. Une fois l’événement sportif annoncé, la ville connaît progressivement une augmentation des prix de vente qui s’explique par plusieurs mécanismes psychologiques et économiques, souvent liés à la spéculation anticipée.
Dans un premier temps, l’arrivée massive de touristes et de travailleurs, le développement des infrastructures créent une anticipation d’une hausse de la demande future. Les propriétaires se disent alors « si je ne vends pas maintenant, je pourrai vendre encore plus cher plus tard », et augmentent le prix dès l’annonce.
Certains propriétaires cherchent à profiter de l’effet médiatique ou de la tension sur le marché pour vendre « au bon moment », quand les prix semblent grimper. C’est un phénomène proche de la bulle immobilière, où le prix ne reflète plus la valeur réelle du bien, mais les attentes de gains futurs.
D’ailleurs, quand quelques biens augmentent leurs prix dans un secteur, les autres suivent, même sans justification réelle. Ce comportement mimétique incite le marché à s’emballer, surtout dans les quartiers proches des infrastructures sportives (stades, villages olympiques, etc.).
L’annonce d’un événement sportif agit comme un signal économique et émotionnel fort, déclenchant des attentes de plus-value, un effet de rareté (même artificiel) et une vague de comportements spéculatifs.
Une fois l’événement passé, le marché immobilier procède toujours à une correction. La demande diminue, les loyers baissent et les volumes et valeurs de transactions également. Cette situation s’explique par une offre excédentaire résultant de la frénésie de construction liée à l’évènement sportif et de la spéculation effrénée que connaît le marché sur une très courte période sans véritable fondement économique structurel.