Les vacances scolaires en Europe, qui s’achèvent le 4 mai, sont supposées mettre un terme à la forte affluence des touristes étrangers observée en avril.
Cependant, plusieurs opérateurs estiment que les nombreux congrès et séjours city break que Marrakech va accueillir en mai vont prolonger sa fréquentation jusqu’à début juin.
Un vrai palais des congrès pourrait définitivement acter la fin de la saisonnalité de la ville ocre, plaident-ils.
« 2025 confirme le début de la fin de la saisonnalité »
« 2025 signe le début d’une nouvelle ère pour le tourisme à Marrakech qui connaîtra moins de périodes de basse saison », estime un dirigeant de l’ONMT. Ce dernier cite les derniers chiffres de février-mars qui montrent que la ville devient une destination courue toute l’année.
Une lecture confirmée par le porte-parole du CRT de Marrakech-Safi-Essaouira. Selon lui, la multiplication des événements de tourisme d’affaires (M.I.C.E.) durant le mois de mai va permettre aux hôteliers de réaliser un taux d’occupation qui n’aura rien à envier à celui du mois d’avril écoulé.
« Entre les nombreux congrès et les réservations de dernière minute pour des séjours city-break, Marrakech ne désemplit pas malgré le départ des nombreux vacanciers scolaires européens », se félicite Abdellatif Abouricha en citant plus particulièrement les hôtels situés dans le quartier de l’Hivernage comme le Sofitel ou le palace Saadi qui affichent quasi complet.
« 36 nouvelles rotations aériennes à la rescousse du city break«
Et d’ajouter que la haute saison censée s’achever à la fin d’avril va se poursuivre durant tout le mois de mai, grâce notamment au renforcement du réseau aérien, avec 72 nouveaux vols aller-retour point à point vers l’Europe et l’Amérique du Nord (Canada et États-Unis).
La croissance de ces dessertes a permis de générer un taux d’occupation hôtelier de 72%, mais il faudra parvenir à 900 vols par semaine pour atteindre un taux moyen de 80%
Grâce aux 600 vols hebdomadaires, la destination connaît, selon lui, un nombre croissant d’arrivées de touristes city-break séduits par la douceur du climat qui viennent séjourner pour le week-end.
« La croissance de ces dessertes a permis de générer un taux d’occupation hôtelier de 72%, mais il faudra parvenir à 900 vols par semaine pour atteindre un taux moyen de 80% », conclut notre source pour qui la ville se transforme de plus en plus en une destination qui accueille des touristes étrangers de séjour, des touristes d’affaires et des visiteurs le temps d’un break.
« Un élargissement structurel progressif de la clientèle »
Tout aussi optimiste, un dirigeant de la fédération hôtelière nous confirme l’effacement progressif de la saisonnalité de la destination qui accueille désormais une clientèle variée durant toute l’année.
« Plus que jamais, la ville attire des visiteurs étrangers diversifiés en termes de provenance géographique et de profils socio-économiques », estime le président d’une chaîne hôtelière, qui cite l’importante hausse du marché américain depuis l’ouverture de la ligne directe vers New York.
L’hôtelier évoque les arrivées croissantes de clients millennials et digital nomads, de seniors européens séduits par le climat hivernal doux, de familles avec enfants dans les clubs et, enfin, de touristes à haut pouvoir d’achat dans les palaces.
« Un vrai palais des congrès pour faire travailler le secteur toute l’année »
Tout en saluant les perspectives positives, le secrétaire général du CRT estime que la saisonnalité ne pourra véritablement prendre fin qu’au moment où la ville ocre sera équipée d’un vrai palais des congrès.
« La construction rapide d’un palais des congrès et parc des expositions est essentielle pour faire disparaître la saisonnalité durant les périodes de basse saison comme la rentrée scolaire de septembre qui est un petit mois d’activité touristique », plaide Mustapha Amalik pour qui cette infrastructure permettra de faire travailler le secteur toute l’année sans aucune coupure.
S’étonnant de la persistance de cette lacune dans un pays qui aspire à intégrer le top 10 des destinations mondiales, notre interlocuteur conclut en soulevant l’autre paradoxe lié à l’absence d’un salon international du tourisme au Maroc à l’image de ceux organisés à Paris, Londres, Madrid, Berlin…