Même si tout n’a pas été parfait, le Maroc, vainqueur du tournoi en 1997, a eu la bonne idée d’arracher les trois points dès son entrée en lice lors de la Coupe d’Afrique des nations de la catégorie des moins de 20 ans, en s’imposant face au Kenya (3-2), l’équipe supposée être la plus faible du groupe B, le jeudi 1er mai. Tout d’abord, parce que cette victoire enclenche une dynamique positive, et en seond lieu, car la suite du programme s’annonce ardue.

Avant d’affronter la Tunisie lors du dernier match, les hommes de Mohamed Ouahbi auront fort à faire contre le Nigeria, ce dimanche 4 mai (19h), sur la pelouse du stade 30 Juin au Caire. Un choc vers lequel les Marocains avancent en étant diminués dans les deux zones de vérité, suite à la blessure de leur meilleur défenseur central, Abdelhamid Aït Boudlal, et de Yassir Zabiri, l’avant-centre qui a donné son pied à la patrie pour donner l’avantage à ses coéquipiers face au Kenya.

Un but synonyme de doublé, mais qu’il n’a pas pu célébrer puisqu’il est sorti dans la foulée sur une civière après avoir fait trembler les filets adverses. L’un comme l’autre étaient des pièces essentielles du dispositif de Mohamed Ouahbi. Cela dit, « nous n’aurons aucune difficulté à trouver les remplaçants des joueurs blessés, et je suis rassuré à cet égard car nous disposons de bons éléments capables d’assurer à n’importe quelle phase de cette CAN », a assuré le technicien marocain à l’occasion de la conférence d’avant-match.

Voici la composition du groupe de 26 joueurs marocains

Une intensité défensive à améliorer

Toutefois, le repositionnement de Julien Mesbahi en défense centrale à la place de Abdelhamid Aït Boudlal n’a pas été une franche réussite. Plus important encore, c’est l’attitude collective à la perte du ballon qui pose question. Le Nigeria, qui possède également trois point après sa courte victoire inaugurale contre la Tunisie (1-0), est un adversaire « coriace, organisé et rapide », comme l’a justement rappelé le sélectionneur national, certains replis en dilettante sont à proscrire.

Ainsi, l’une des clés du match réside dans la capacité du Onze national à rehausser son intensité défensive. Car pour le moment, ce n’est vraiment pas un modèle du genre. En chiffres, le Maroc est l’une des équipes dont l’intensité des challenges est la plus faible de la compétition (6,9 duels, tacles et interceptions par minute de possession adverse).

Un constat corroboré par un autre chiffre : c’est l’équipe qui commet le moins de fautes dans la compétition (5,2 fautes par 90’). Bien évidemment, ces statistiques sont à relativiser après seulement une rencontre. Mais au vu des nombreux contres subis par les Marocains face au Kenya, c’est un élément qui doit être pris en compte.

Le fair-play, c’est bien ; couper des contre-attaques intelligemment pour éviter d’offrir des occasions de buts à l’adversaire, c’est encore mieux. Offensivement, la réussite du Maroc dépendra de sa capacité à multiplier les sources de danger. Auteur d’une passe décisive et d’un festival de dribbles sur son côté droit, Othmane Maamma (Montpellier) sera sans doute serré de très près, avec des prises à deux ou à trois qui libéreront de l’espace pour ses coéquipiers à l’opposé, notamment le capitaine Mouad Dahak.

En ce sens, l’ailier de l’Union de Touarga devra élever son niveau de jeu pour faire oublier une prestation sans étincelles contre le Kenya, où il n’a réussi aucun des dribbles qu’il a tentés. D’ailleurs, son visage fermé au moment d’être remplacé en disait long sur sa prestation. Cette fois, il s’agira de quitter la pelouse avec le sourire, pour envoyer le Maroc au second tour et se rapprocher un peu plus des demi-finales, synonymes de qualification à la Coupe du Monde U20, organisée au Chili, du 27 septembre au 19 octobre 2025.

Voici la composition du groupe de 24 joueurs du Nigéria