Porté par un partenariat public-privé inédit, le futur périmètre irrigué de Dakhla est en fait situé à Bir Anzarane, près de la capitale de Oued Eddahab. Il sera opérationnel dès fin 2025, apprend Médias24 de source sûre. Grâce à l’énergie éolienne et au dessalement d’eau de mer, il permettra d’irriguer 5.200 hectares destinés en majorité aux cultures maraîchères. La première récolte est attendue dès mars 2026. À terme, plus de 400.000 tonnes de production annuelle et 25.000 emplois permanents sont prévus.
Un périmètre agricole à vocation maraîchère
À 130 km au nord de Dakhla, dans la commune de Bir Anzarane, un projet agricole pionnier est en passe de devenir réalité. Il s’agit d’un périmètre irrigué de 5.200 hectares, alimenté par de l’eau de mer dessalée produite grâce à l’énergie éolienne locale, dans le cadre d’un partenariat public-privé structurant.
La majorité de la surface (70%) sera dédiée aux cultures maraîchères de grande consommation, comme la tomate ronde et l’oignon. La mise en culture est prévue dès la mise en eau de la station de dessalement fin 2025, pour une première récolte attendue au plus tard en mars-avril 2026.
La production annuelle visée dépasse les 400.000 tonnes de maraîchages, principalement destinées à l’export ou au marché national, avec une précocité de récolte et une qualité présentées comme supérieures à la moyenne. Ce projet générera 25.000 emplois permanents.
Infrastructures
Le projet est désormais bien avancé :
– Le parc éolien est achevé.
– Le réseau de canalisations d’irrigation qui va relier l’unité de dessalement et le périmètre agricole est terminé à 90%.
– L’unité de dessalement est achevée à 60%.
Cette dernière produira à terme 37 millions de m³/an, dont 30 millions pour l’agriculture et 7 millions pour renforcer l’offre en eau potable de cette zone. Le prix de revient de l’eau est inférieur à 3 DH/m³, grâce à la disponibilité locale de l’énergie éolienne.
Partenaires privés et architecture du projet
Le projet repose sur une structuration en partenariat public-privé (PPP) :
– Dakhla Water Company (DAWEC) est le porteur du projet. Il s’agit d’une JV Nareva-Engie qui pilote le parc éolien et l’unité de dessalement.
– Tirisma, filiale de la SNCE, est chargée de la pose des canalisations.
Pour l’État, le risque est minimal : il n’assume ni le financement, ni la conception, ni l’exploitation. Son apport principal est l’investissement initial (1,5 MMDH sur 2,5 MMDH au total), récupérable sur la durée grâce aux concessions accordées sur appel d’offres.
Un village agricole en devenir
L’implantation d’un village dédié de 25.000 salariés, avec possiblement leurs familles, est prévue à proximité du périmètre. Situé à 60 km du futur port Dakhla Atlantique, ce village pourrait devenir un nouveau pôle de vie structuré autour de l’agriculture, de la logistique et de la valorisation des produits.
Mise en perspective
Ce projet combine à lui seul :
– la valorisation d’une zone aride par des ressources renouvelables,
– la création d’un pôle agro-industriel moderne en PPP,
– et un modèle réplicable : les volumes prévus équivalent à ce que produiraient 30.000 hectares dans la plaine du Gharb, avec un rendement nettement plus élevé.
– On table sur une production de plus de 400.000 tonnes de primeurs par an. Et une valeur ajoutée annuelle dépassant légèrement 1 MMDH.
70% de la superficie seront consacrées aux primeurs. Le reste sera réservé à d’autres cultures, comme les cultures biologiques ou fourragères.
Des lots pour les jeunes de la région
Les 5.200 hectares ont été subdivisés en 219 lots. L’attribution se fait suite à des appels d’offres. Le bénéficiaire doit équiper son lot et déposer également une caution correspondant à la location des terres (pour une période de 20 à 40 ans) et à l’achat de l’eau dessalée. Le premier appel d’offres a été lancé en septembre 2022.
Sur les 219 lots, 100 sont de petite taille (5 à 10 hectares) et sont réservés aux jeunes de la région de Dakhla-Oued Eddahab. 79 lots sont de taille moyenne (10 à 40 hectares). 34 lots sont de grande taille (40 à 100 hectares). Enfin, 7 très grands lots voient leurs bénéficiaires dans l’obligation de procéder à l’agrégation.