Selon les estimations avancées, la valeur ajoutée agricole pourrait croître de 5,1% en 2025, après un recul de 4,8% lors de la précédente campagne.

« La bonne performance des différentes filières de production, la hausse de la production céréalière et l’amélioration des pâturages devraient se traduire par un taux de croissance positif estimé à 5,1%, contre -4,8% lors de la précédente campagne agricole », indique Ahmed El Bouari, en réponse à des questions orales à la chambre des représentants, lundi 5 mai 2025.

Au-delà de cette conjoncture, cette bonne nouvelle renvoie à une problématique structurelle bien connue de l’économie marocaine: la forte volatilité de la valeur ajoutée agricole et son effet d’amplification sur la croissance globale. Depuis 1998, la contribution moyenne de l’agriculture au PIB tourne autour de 9,5% (moyenne arithmétique). Mais cette moyenne cache des variations importantes qui, année après année, exercent un effet significatif sur la croissance réelle.

En d’autres termes, l’agriculture fonctionne comme un multiplicateur ou un frein conjoncturel, selon que les campagnes soient pluvieuses ou marquées par la sécheresse.

Contribution de l’agriculture à la croissance : un impact léger, mais significatif

Ainsi, sur la base des prévisions avancées par le ministre, une question importante se pose : dans quelle mesure une reprise de la valeur ajoutée agricole en 2025 pourrait-elle contribuer à la croissance économique réelle du pays ?

Médias24 a mené une estimation à partir d’un modèle économétrique. L’exercice repose sur une régression linéaire expliquant la croissance annuelle du PIB réel par celle de deux composantes : le PIB hors agriculture d’une part, et la valeur ajoutée agricole d’autre part, en utilisant les données couvrant la période 1999 à 2024.

D’abord, il convient de souligner qu’une croissance de 5,1% de la valeur ajoutée agricole porterait celle‑ci à 109,3  MMDH en 2025, contre 104 MMDH fin 2024.

Ainsi, si elle progresse de 5,1% en 2025, sa contribution à la croissance réelle s’élèvera à près de 0,49 point de pourcentage. Autrement dit, même si le reste de l’économie stagnait, le seul rebond agricole insufflerait déjà un demi-point de croissance, illustrant à quel point les performances des campagnes céréalières et des filières rurales amplifient, à la hausse comme à la baisse, la trajectoire macroéconomique du Maroc.