Ce mercredi 7 mai à Ismailia, le stade de Suez (16 h) sera le théâtre d’un classique à fort enjeu, mettant aux prises le Maroc et la Tunisie, à l’occasion de la 3ᵉ et dernière journée du groupe B de la Coupe d’Afrique des nations U20. Un nul suffirait aux Lionceaux de l’Atlas pour se hisser en quarts de finale, tandis qu’une défaite les condamnerait à sortir leurs calculettes en espérant un scénario favorable dans l’autre match du groupe, opposant le Nigéria au Kénya.

Après un dernier match à zéro tir cadré face au Nigeria, l’animation offensive marocaine est attendue au tournant. Même si, idéalement, on aimerait voir les Lionceaux de l’Atlas attaquer comme lors de leur victoire face au Kenya (3-2) et défendre comme contre le Nigeria (0-0). Mais ce n’est pas aussi simple que cela.

D’abord parce que le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi, risque d’être privé de son atout offensif numéro un, Othmane Maamma. Le Montpelliérain n’a pas terminé le dernier match à cause d’une alerte musculaire. Le technicien marocain prendra-t-il le risque de l’envoyer au charbon au risque de le perdre pour le restant de la compétition ?

Ce sera l’un des dilemmes auxquels sera confronté le staff de l’EN. L’autre challenge qui attend les Marocains consistera à trouver les ressources nécessaires pour surprendre une équipe pour qui ils n’ont quasiment pas de secret. Et pour cause, avant d’être repêchée à la place de la Côte d’Ivoire qui a déclaré forfait, la Tunisie avait échoué à se qualifier à la phase finale de la CAN U20, en finissant troisième du tournoi de l’Union nord-africaine de football (UNAF), derrière l’Égypte et le… Maroc.

Un tournoi pendant lequel les Lionceaux de l’Atlas avaient affronté à deux reprises les Tunisiens, pour une victoire (2-1) et un nul vierge. On signerait pour une issue similaire cet après-midi aux environs de 18 h. D’autant que les Tunisiens n’ont pas encore trouvé une solidité défensive à toute épreuve (2 buts encaissés en autant de matchs).

Environ la moitié des ballons perdus par la Tunisie lors des cinq derniers matchs l’ont été dans des zones dangereuses.

La faute à une fragilité sur coups de pied arrêtés, mais aussi à des ballons perdus là où il ne le faut pas. En particulier dans leur propre moitié de terrain, et plus précisément dans l’axe de la défense. Une constante lors de leurs cinq dernières rencontres, qui doit donner des idées aux Marocains afin d’orienter leur pressing vers les défenseurs centraux à la relance, en particulier Rayan Boukadida, l’axial gauche qui éprouve des difficultés à jouer vers l’avant (69 % de passes réussies).

Si Mohamed Ouahbi décide de reconduire sa stratégie défensive avec un bloc haut à médian, dans un système en 4-4-2, il mettrait son équipe dans les meilleures dispositions en vue d’exploiter les lacunes adverses. Le positionnement hybride de Reda Laalaoui sera également important.

Contrairement au premier match face au Kenya, le milieu de terrain du Fath Union Sport s’est vu assigner un rôle à mi-chemin entre milieu axial et milieu excentré côté gauche, lors des phases de possession. Une stratégie qui permet d’accorder plus de liberté à son latéral, mais aussi de servir de relais pour faire avancer le jeu de son équipe.

Les ailiers tunisiens représentent une menace constante. C’est d’ailleurs sur les côtés que se concentre l’essentiel de leurs menaces offensives.

Même si la réussite de cette stratégie n’a pas sauté aux yeux face au Nigeria, il n’en reste pas moins que Reda Laalaoui a été précieux aussi bien en phase offensive qu’en phase défensive. Justement, à la perte du ballon, les mécanismes de compensation seront primordiaux côté marocain afin de ne pas donner l’occasion aux ailiers tunisiens de se retrouver en position de un contre un, au vu de la capacité d’élimination de leurs attaquants excentrés. Et plus particulièrement, Khalil Ayari, pensionnaire du Stade tunisien.