Le football marocain parviendra-t-il à maintenir sa lancée positive à l’international, ce lundi 12 mai, face à la Sierra Leone ? Malgré le forfait de son canonnier Yassir Zabiri jusqu’à la fin de la compétition, le sélectionneur Mohamed Ouahbi reste confiant à l’heure de disputer le quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations U20 au Caire.
Le technicien croit en la capacité de ses protégés à se qualifier pour les demi-finales et à composter leur billet pour le Mondial U20, prévu au Chili, du 27 septembre au 19 octobre 2025. Ils espèrent ainsi suivre les traces des A, quasiment qualifiés pour la Coupe du monde 2026. Les U17, récents champions d’Afrique à domicile, sont déjà qualifiés pour leur Coupe du monde, tout comme l’équipe nationale féminine de futsal.
Le football marocain est en pleine ascension, avec des perspectives prometteuses dans plusieurs catégories. Une réussite qui ne semble pas inhiber les Lionceaux de l’Atlas. « Il est positif de voir l’ensemble du football national porté par une dynamique de victoire. Le staff et les joueurs sont pleinement conscients qu’ils représentent un pays qui gagne et qui travaille bien. On ne ressent pas de pression. Cela nous apporte confiance et sérénité pour aborder ce genre de match », a expliqué Mohamed Ouahbi lors de la conférence d’avant-match.
Une quatrième qualification pour la Coupe du monde U20 raviverait le souvenir de la performance historique de 2005. Cette année-là, aux Pays-Bas, les U20 nationaux avaient créé la surprise en atteignant les demi-finales. Défaits par le Nigeria, ils avaient terminé à une remarquable quatrième place. Sous la houlette de Fathi Jamal, aujourd’hui directeur technique national, une génération pétrie de talent avait alors éclaté au grand jour, à l’image de Mohcine Iajour et d’Amine Bourkadi.
Mais chaque chose en son temps. Pour l’heure, l’instant présent et ce rendez-vous contre la Sierra Leone mobilisent toutes les attentions. Un match pour lequel le Maroc sera privé de son meilleur défenseur. « Abdelhamid Ait Boudlal n’est pas encore rétabli. Yassir Zabiri est out jusqu’à la fin de la compétition. Mais le reste des joueurs est disponible », a précisé Ouahbi.
Un adversaire à ne pas prendre à la légère
Une bonne nouvelle, au regard notamment de l’importance prise par Othmane Maamma dans l’animation offensive marocaine. Absent lors du dernier match de groupe face à la Tunisie (3-1), l’attaquant du Montpellier Hérault est le dynamiteur attitré du front offensif marocain. Sa présence ne sera pas de trop cet après-midi sur la pelouse du stade 30 Juin.
D’autant que l’adversaire n’est pas à prendre à la légère et ne manque pas d’expérience, malgré son statut de novice à ce stade de la compétition. « Ils ont six joueurs qui étaient convoqués chez les A lors des derniers matchs qualificatifs à la Coupe du monde 2026, dont quatre titulaires », a rappelé Ouahbi.
« Beaucoup diront que la Sierra Leone est une petite équipe qui ne s’est jamais qualifiée à la CAN. Mais il suffit de regarder ses prestations au premier tour et ses statistiques offensives pour se rendre compte que c’est un adversaire redoutable », a-t-il prévenu. En effet, les jeunes Leone Stars ont fait montre de très bonnes dispositions offensives :
– Buts marqués : 1er ex æquo avec le Maroc (6) ;
– xG : 2e (6,8), derrière le Maroc (7,2) ;
– Tirs : 1er avec 13,5 tirs par 90’ ;
– Centres : 1ᵉʳ avec 17,1 centres par 90’ ;
À l’évidence, c’est une équipe tournée vers l’avant. Jusqu’à présent, elle est celle qui touche le plus de ballons dans la surface adverse (13,9 par match), grâce à une forte présence dans le dernier tiers.

À la perte du ballon, la Sierra Leone est vulnérable en profondeur
Révélation de la phase de groupes, Momoh Kamara incarne la principale menace offensive (3 buts). À surveiller comme le lait sur le feu, notamment dans ses déplacements entre la ligne défensive et celle du milieu. Il est la figure de proue d’un groupe de 26 joueurs, composé de talents évoluant dans le championnat local, mais aussi aux États-Unis, en Lettonie ou encore au Danemark. À l’instar du gardien Mamadou Wurie Jalloh, auteur de 12 arrêts jusqu’ici (3e meilleure performance du tournoi).
Mais à la perte du ballon, le bloc défensif sierra-léonais est vulnérable en profondeur. C’est la deuxième pire défense du tournoi, avec cinq buts encaissés. Un chiffre toutefois à nuancer. « Il ne faut pas retenir leur défaite (4-1) contre l’Afrique du Sud, car ils avaient largement remanié l’équipe. Il n’y avait que quatre titulaires dans le onze de départ », a tempéré M. Ouahbi.

Cela dit, ce n’est pas une équipe qui transpire la sérénité défensivement. Elle affiche une faible réussite dans les duels défensifs (52,5 % remportés, pire total du tournoi), et perd plus d’un duel aérien sur deux. Elle se montre aussi friable sur les centres au second poteau, faute de couverture adéquate des milieux excentrés. Des faiblesses à exploiter pour raviver la flamme de 2005 et offrir à une nouvelle génération de jeunes joueurs marocains l’occasion d’écrire sa propre page d’histoire.