À l’occasion du Congrès national des agrumes, organisé du mardi 13 au jeudi 15 mai, le président de l’interprofession Maroc Citrus, Kacem Bennani Smires, a présenté le dernier recensement en date relatif à la filière agrumicole. Une filière qui a été particulièrement éprouvée par sept années de sécheresse consécutives, alors qu’en même temps, la concurrence à l’international s’accentue.

En termes de superficie, cette mise à jour du recensement des vergers d’agrumes, menée entre 2021 et 2025, révèle ce qui suit :

– Une baisse moyenne de 30% est enregistrée dans presque toutes les zones.

– À Marrakech-Safi, il y a une stabilité grâce à l’adoption de la variété Nadorcott.

– La zone agrumicole du Souss connaît une grande perte en termes de superficie.

Au total, le recul de la superficie est estimé à 40.000 hectares lors de la dernière décennie. La tendance baissière concerne les petits fruits à hauteur de 33%, et les oranges à 22%. Cela s’explique par des facteurs structurels, à l’instar de la sécheresse persistante qui a entraîné une baisse des apports en eau des barrages.

En dépit de la pénurie d’eau dont souffre la filière dans différents bassins de production, il s’avère que les vergers d’agrumes présentent des atouts, car ils sont assez jeunes. Près de 70% des plantations ont entre 5 et 20 ans et sont pleinement productives. Les jeunes plantations (moins de 10 ans) représentent 22% du total. Cependant, 15% des vergers ont plus de 40 ans, ce qui pourrait affecter les rendements à moyen terme.

En somme, malgré la perte d’environ 40.000 hectares en dix ans, plusieurs signaux sont encourageants :

– Un verger globalement plus jeune et équilibré.

– Une dynamique d’exportation favorable pour les petits fruits (4ᵉ exportateur mondial).

– La variété Nadorcott, bien que minoritaire (10% des superficies), assure 50% des exportations.

– Un appui étatique au secteur à travers des subventions ciblées.

Une conjoncture internationale favorable avec la baisse de production au Brésil, en Floride et aux États-Unis.

Mais les défis à surmonter sont nombreux :

– Un stress hydrique croissant.

– La baisse des marchés traditionnels comme la Russie.

– Une diminution des rendements, surtout pour les oranges.

– Une forte dépendance à l’exportation des petits fruits.

Pour obtenir ces résultats, l’étude s’est appuyée sur une enquête terrain couvrant 68.033 hectares, avec un focus particulier sur les grandes exploitations. Cette base a permis d’estimer l’évolution des superficies régionales et variétales, puis d’extrapoler les résultats aux exploitations non enquêtées.