Depuis l’instauration de la nouvelle formule en 1991, le Maroc a atteint la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations U20 à deux reprises (1997, 2005) pour un sacre. De quoi nourrir des espoirs légitimes, au moment d’affronter l’Égypte dans le dernier carré de l’édition 2025, ce jeudi 15 mai au Caire (19 h).

« On veut aller à la Coupe du monde en étant champion d’Afrique », a assuré le sélectionneur national Mohamed Ouahbi en conférence de presse d’avant-match. En plaçant la barre aussi haut, le technicien marocain a l’intention de convaincre ses protégés de leur potentiel et de les pousser à viser l’excellence, sans complexe. D’autant que, historiquement, les vainqueurs de la CAN ont souvent réalisé de belles performances dans l’événement planétaire :

– Le Ghana : vainqueur de la Coupe du monde U20 (2009). Finaliste en 1993 et quart de finaliste en 1999 ; 

– Le Nigeria : finaliste en 1989 et 2005, 3e en 1985, plusieurs participations jusqu’en quarts ou huitièmes ; 

– Le Mali : quart de finaliste en 2019 ;

– La Zambie : quart de finaliste en 2017 ; 

– Le Sénégal : quart de finaliste en 2023.

Enfin, le Maroc avait remporté la CAN U20 en 1997 et atteint les huitièmes de finale à la Coupe du monde la même année. On ne sait pas si Mohamed Ouahbi signerait pour réitérer l’exploit de la bande à Fathi Jamal, qui avait disputé la demi-finale du Mondial 2005 sans remporter le titre continental.

Mais pour l’instant, une chose est sûre : le staff de l’équipe nationale met tout en œuvre pour garder les Lionceaux de l’Atlas concentrés, soudés et animés par un seul objectif : aller le plus loin possible et faire vibrer tout un pays. À commencer par la récupération. Pour le coup, les deux équipes seront quasiment sur un pied d’égalité après avoir joué des prolongations en quart de finale. Même si l’Égypte a un léger désavantage puisqu’elle a perdu de l’influx nerveux en disputant une séance de penalties, remportée contre le Ghana.

Mais cela peut facilement être comblé par le fait de jouer à domicile. Au-delà de la diaspora marocaine qui soutient sans faillir Othmane Maamma and co depuis le début du tournoi, les hommes de Mohamed Ouahbi ne seront pas non plus dépaysés en retrouvant le pays hôte, dans le Stade du 30-Juin, où ils ont déjà évolué à trois reprises sur les quatre matchs qu’ils ont disputés.

Abdelhamid Aït Boudlal, apte mais pas à 100%

Quoi qu’il en soit, « ce sera un match difficile », a prévenu le sélectionneur, qui récupère son défenseur Abdelhamid Aït Boudlal, qui a repris les entraînements après sa blessure, même s’il n’est pas encore en pleine possession de ses moyens. « Je respecte l’Égypte depuis l’UNAF. Nous étions déjà qualifiés et eux devaient absolument gagner un match contre la Tunisie pour passer. Ils ont joué à dix et ils sont parvenus à gagner le match. Pareil contre la Tanzanie, la Sierra Leone et la Zambie. C’est une équipe qui a un gros mental et qui ne lâche rien », a-t-il souligné.

En effet, pour une nation qui s’est fait laminer par le Petit Poucet sierra-léonais (4-1) en phase de groupes où elle a fini à la 3ᵉ place, se relever pour atteindre ce stade de la compétition relève d’une forme d’exploit. À l’exception de Omar Ismail (Aston Villa, Angleterre) et Amr Khaled (FC Aarau, Suisse), tous les joueurs qui composent le groupe égyptien évoluent au pays. Ils seront sans doute animés par la volonté de rendre fous de bonheur leurs compatriotes, à l’image de l’édition 1991. L’une des cinq remportées par le pays hôte :

– L’Égypte (1991) ; 

– Le Maroc (1997) ; 

– Le Ghana (1999) ; 

– La République du Congo (2007) ; 

– La Zambie (2017).

Abdel Monem Tamer, le maillon faible

Mais en face, le Maroc ne se laissera pas faire. Surtout s’il réussit à maîtriser les velléités offensives adverses. En particulier les projections des latéraux, mais aussi la capacité des milieux excentrés à repiquer dans l’axe en vue de créer de l’espace aux arrières ou bien à renverser le jeu à l’opposé.

Les attaquants excentrés égyptiens repiquent souvent dans l’axe pour ouvrir des espaces aux latéraux, ou bien afin de renverser le jeu à l’opposé.

De l’autre côté du terrain, les Marocains auront nécessairement des opportunités qu’il faudra exploiter. Car les Égyptiens ne se font pas vraiment mal en défense, étant très peu agressifs sur le porteur du ballon. Pour preuve, hormis le Kenya d’ores et déjà éliminé, l’Égypte est l’équipe dont l’intensité des challenges défensifs est la plus faible (5,1 duels, tacles et interceptions par minute de possession adverse).

Malgré une situation de trois contre un pour l’Égypte, le joueur de la Sierra Leone a réussi à centrer sur cette action, qui s’est terminée par un but.

En outre, leur portier est loin d’être une assurance tous risques. Bien qu’il soit souvent délaissé par sa défense, faisant de lui le gardien ayant subi le plus de tirs dans la compétition, personne n’a empêché Abdel Monem Tamer d’être un peu plus décisif. D’ailleurs, c’est l’un des gardiens dont le ratio buts évités par 90’ est le plus faible de la compétition.

Ce n’est pas une surprise s’il dirige la deuxième pire défense de la compétition (6 buts encaissés), dont trois tirs de l’extérieur de la surface de réparation, car il éprouve énormément de difficulté à gérer les rebonds. Ce qui doit logiquement donner des idées à nos Lionceaux de l’Atlas qui nourrissent l’espoir d’affronter en finale le vainqueur de la première demi-finale, qui opposera un peu plus tôt l’Afrique du Sud au Nigeria.