« Je considère cette victoire comme belle et logique. Nous avons été, à mon sens, l’équipe qui a le plus manifesté l’envie de gagner ce match », a-t-il affirmé avec assurance, le jeudi 15 mai lors d’une conférence de presse, après la victoire contre l’Égypte (1-0) en demi-finale.
Sur le plan tactique, Ouahbi a reconnu avoir été surpris par la posture défensive des Égyptiens. « Nous nous attendions à ce qu’ils viennent nous presser plus haut par moments, mais ils sont restés positionnés très bas ». Une configuration qui a obligé les Marocains à redoubler de patience et de lucidité dans leurs phases offensives.
« La patience a été cruciale« , a souligné le sélectionneur. « La clé, dans ce genre de situation, c’est de ne pas s’enflammer, de ne pas s’énerver ni paniquer, de trouver l’homme libre, de faire circuler le ballon et de croire en nos forces ».
Mohamed Ouahbi a également détaillé le plan de jeu mis en place dès la première mi-temps. « Nous avons été très performants dans nos phases de progression. Avec un faux neuf, notre intention était de créer le déséquilibre sur les côtés, en cherchant constamment la supériorité numérique ».
Un choix stratégique qui a permis à l’équipe de dominer le rythme de la rencontre, sans toutefois concrétiser dans un premier temps. « Il nous a manqué de la présence dans la surface pour être véritablement dangereux ».
Les ajustements opérés en seconde période ont porté leurs fruits. « Nous avons corrigé cela, et je pense que le résultat d’aujourd’hui ne souffre aucune contestation ».
Louant la maturité de ses joueurs, Ouahbi a tenu à saluer leur capacité à élever leur niveau de jeu au fil des matchs. « Chapeau aux joueurs qui ont fait preuve d’une grande maturité. Ce n’était pas simple, car nous avons cette exigence de progresser à chaque match, et c’est ce que nous faisons », a-t-il affirmé, avant de glisser une remarque explicite : « Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, et je fais ici allusion à l’arbitrage. »
La motivation des joueurs pour atteindre la finale
« Pour motiver les joueurs, nous leur avons expliqué que l’essentiel était d’abord de remporter la demi-finale, car les moments les plus intenses et les plus beaux à vivre dans un tournoi se situent souvent entre la demi-finale et la finale », confie-t-il.
Le sélectionneur insiste sur la dimension émotionnelle de cet entre-deux, où tout devient possible, mais aussi plus exigeant. « Durant les deux jours de préparation de cette finale, où seules deux équipes subsistent, tous les regards sont tournés vers vous. Tout le monde attend ce match avec impatience, une excitation palpable monte, et les joueurs se réveillent le jour J avec cette immense envie d’accomplir quelque chose de grand ».
Et d’ajouter : « Je pense que nous allons vivre deux jours particulièrement stimulants. Nous allons aborder cette préparation avec cet état d’esprit, pour vivre pleinement ces moments ».
Mohamed Ouahbi a d’autre part estimé que l’affiche finale de la compétition est des plus cohérentes. « En toute honnêteté, je pense que cette finale est très logique et juste, au vu du contenu proposé par les deux équipes. » Selon lui, le Maroc et l’Afrique du Sud sont les formations « qui ont produit le plus de jeu, celles qui ont majoritairement eu la possession et montré le plus de maîtrise ».
Dans cette dynamique, le sélectionneur rappelle que le cap fixé par son staff ne date pas d’hier. « Je le répète – et ce n’est pas d’hier, ni d’il y a un mois, mais depuis deux ans que je le dis au groupe –, notre objectif était de gagner la CAN. Nous sommes en finale, et notre unique ambition est de la remporter ».
La gestion mentale, clé de la performance
À la veille de la grande finale, le sélectionneur national des U20, Mohamed Ouahbi, insiste sur la gestion mentale comme clé de la performance. « Je ne mets jamais de pression sur mes joueurs, jamais. Ma confiance en eux est totale, et je le leur témoigne quotidiennement. Je le prouve par des actes, pas seulement par des mots », affirme-t-il, soulignant l’importance d’un environnement libérateur pour favoriser l’épanouissement de ses jeunes joueurs. « Je suis convaincu que lorsque les joueurs évoluent libérés, ils grandissent et progressent. »
Le technicien marocain reconnaît toutefois qu’au début de la compétition, l’équipe était animée d’un sentiment de devoir absolu. « Nous avons senti que les joueurs abordaient cette compétition avec une certaine obligation de la gagner. Le stress était palpable. Contre la Tunisie, par exemple, notre seconde mi-temps a été meilleure, car nous étions plus relâchés. Contre la Sierra Leone, bien que supérieurs, il y avait cette appréhension de ne pas atteindre l’objectif de la Coupe du monde.
Une fois la qualification au Mondial assurée, le groupe s’est libéré psychologiquement, sans pour autant perdre son cap. « Nous ne voulions pas d’un relâchement excessif, car notre visée était la CAN, la Coupe », précise-t-il.
Face à l’Égypte, l’un des moments charnières de la compétition, l’approche mentale a encore joué un rôle déterminant. « Nous leur avions dit que, quoi qu’il arrive, y compris la présence massive du public – et c’était, je crois, la première fois qu’il y avait autant de monde au stade pour l’Égypte –, il fallait rester focalisé. » Et d’ajouter avec fermeté : « Le public est venu voir le Maroc. Autrement, il aurait été présent pour les cinq premiers matchs de l’Égypte. S’ils sont venus aujourd’hui, c’est parce qu’ils voulaient voir le Maroc à l’œuvre, parce que tout le monde aspirait à battre le Maroc ».
Dans ce contexte, la maturité affichée par les joueurs a impressionné leur entraîneur. « Ils ont joué avec une grande maturité, comme nous le leur avions demandé. » Même si les émotions étaient parfois vives, notamment vis-à-vis de l’arbitrage, Mohamed Ouahbi met en avant le sang-froid de son équipe. « Sur le banc, nous nous sommes quelque peu agacés concernant l’arbitrage. Mais en dehors de cela, les joueurs sont restés calmes en toutes circonstances, et c’est, je pense, la clé : que les joueurs gardent leur sang-froid et se concentrent sur leurs tâches sur le terrain. Ils l’ont remarquablement bien fait, donc félicitations à eux ».
« Nous avons encore une grande marge de progression »
Malgré la qualification en finale et le niveau de jeu affiché, Mohamed Ouahbi reste lucide. « Nous pouvons encore faire beaucoup mieux. Nous avons une marge de progression importante », reconnaît-il, avant de nuancer : « Mais je suis satisfait, très satisfait de ce qu’ils accomplissent. Je suis très content de leur progression, match après match ».
Revenant sur les performances antérieures de l’équipe, le sélectionneur rappelle le niveau de jeu atteint lors des tournois précédents. « Il n’était donc pas aisé de retrouver le niveau de jeu que nous avions affiché à l’UNAF, ou lors de nos matchs contre la France, l’Angleterre, les États-Unis, l’Arabie saoudite ». Des confrontations internationales qui avaient suscité l’admiration de leurs adversaires. « Tous les sélectionneurs adverses étaient unanimes à ce sujet. Nous jouions remarquablement bien. Le sélectionneur de la France m’a même confié que nous étions la seule équipe à leur avoir causé autant de difficultés ».
C’est sur cette base que le staff nourrit de grandes exigences. « Nous connaissons donc la valeur de cette équipe, nous savons de quoi elle est capable. C’est pourquoi nous sommes très exigeants envers eux », affirme Ouahbi. Et même dans la victoire, l’exigence reste de mise. « Nous sommes contents quand ils gagnent, quand nous progressons, et nous le leur disons, car ce n’est pas facile, c’est la Coupe d’Afrique ».
Cette quête constante de progression est ancrée dans le quotidien de l’équipe. « Mais croyez-moi, demain encore, pendant une trentaine de minutes, nous allons débriefer sur tout ce qui n’a pas fonctionné. Toutes les erreurs, tout ce que nous devons améliorer, nous le faisons systématiquement. Nous le faisons à chaque fois, et nous sommes conscients d’avoir encore une grande, une très grande marge de progression ».
Enfin, l’entraîneur conclut cette analyse avec une fierté assumée. « Mais l’important dans une compétition, c’est d’être supérieur à l’adversaire. Et nous l’avons démontré à chaque fois. Contre le Nigeria, c’était très équilibré, mais dans tous les autres matchs, nous avons prouvé notre supériorité. Je suis donc très satisfait ».