Avant de se lancer dans la conquête de la Coupe d’Afrique des nations senior en fin d’année, le Maroc a l’occasion de réaliser un triplé historique, en remportant la CAN U20, ce dimanche 18 mai, au Caire, face à l’Afrique du Sud (19 h, en direct sur Arryadia). Après la CAN U23 en 2023 et U17 il y a quelques mois, ce sacre confirmerait le renouveau du football national à l’échelle continentale.
Mais il faut dire que le fait d’avoir atteint ce stade de la compétition relève d’une forme d’exploit. Ce n’est pas tant la qualité de l’effectif qui est en question, mais plutôt la capacité des hommes de Mohamed Ouahbi à faire corps pour maintenir le cap et résister aux éléments contraires.
Car ce n’est pas un cadeau de perdre deux titulaires en puissance dès le premier match, surtout quand il s’agit de Abdelhamid Aït Boudlal et de Yanis Zabiri. Pour autant, le sélectionneur n’est pas tombé dans la sinistrose, estimant à juste titre que le groupe comptait plus que les individualités.
La suite de la compétition a donné raison à un staff qui était prêt à toutes les éventualités et qui n’a pas oublié d’avoir un plan B dans ses petits papiers. Certes, moins flamboyant offensivement après le match inaugural, le Maroc a su se recentrer sur les fondamentaux symbolisés par un triptyque : discipline, solidarité et abnégation.
Preuve en est, la soirée tranquille passée par le portier de l’équipe nationale, Yanis Benchaouch, en demi-finale, où ses coéquipiers ont carrément éteint le pays hôte. L’Égypte, qui n’aura jamais réussi à trouver le cadre. Le coaching et les ajustements tactiques de Mohamed Ouahbi n’y sont pas étrangers non plus.
Le sélectionneur a ajusté la hauteur de la ligne défensive à un niveau médian en vue d’améliorer la compacité du bloc équipe avec des lignes plus rapprochées. Le technicien marocain a également eu le nez fin en lançant Houssam Essadik à la place d’Amine Boukamir. Le double pivot à la récupération qu’il forme avec Reda Laalaoui a donné une autre dimension au milieu de terrain marocain.
Plus complémentaire, ce duo a fait preuve d’un abattage monstre qui a sécurisé une arrière-garde orpheline de Abdelhamid Aït Boudlal. Il devrait être reconduit ce soir afin de contrecarrer les plans sud-africains. Un adversaire qui présente de nombreuses similitudes avec l’équipe nationale.
Maroc – Afrique du Sud : meneur de jeu mobile et renversement à l’opposée
Au-delà de son schéma préférentiel en 4-2-3-1, c’est dans son animation offensive et défensive que cette équipe sud-africaine révèle sa quête constante d’équilibre entre rigueur et prise d’initiative. Rapide en transitions, elle mise sur la mobilité de son meneur de jeu (Madiba, Abrahams ou Vilakazi), dont les appels entre les lignes sont à surveiller comme le lait sur le feu.

Un aspect central du jeu des Amajita que la paire Essadik-Laalaoui devra à tout prix limiter. L’une des clés de ce choc pourrait donc bien se jouer dans l’intensité des duels au milieu de terrain. Autre élément essentiel à considérer : l’ailier opposé au ballon. Quasiment toutes les actions ayant débouché sur un but sud-africain impliquent un renversement de jeu vers ce joueur, souvent libre de tout marquage grâce à la fixation côté ballon.

Bien que le but de la qualification en demi-finale soit venu d’un coup de pied arrêté, il trouve son origine dans une action construite sur le côté, qui a mis en difficulté la défense nigériane. Cela dit, les Marocains devront aussi être très vigilants sur les coups de pied arrêtés où le second poteau est souvent visé pour bénéficier des qualités morphologiques et de timing qui font la force de Tylon Smith.

Le défenseur du club sud-africain de Stellenbosch brille aussi par des qualités d’anticipation, mais qui n’arrivent pas à toujours masquer sa lenteur, en particulier lorsqu’il doit se retourner et courir en direction de son but. Une faiblesse à exploiter par les Lions de l’Atlas en multipliant les appels dans l’espace entre le défenseur central et le latéral. Une tâche qui sera sans doute dévolue aux milieux de terrain.

Il y aura également des coups à jouer en pressant haut par séquences, comme l’a fait le Nigeria. Car cette équipe sud-africaine reste fidèle à ses principes : elle repart systématiquement de l’arrière, même sous pression. Une obstination qui entraîne du déchet technique et peut offrir des ballons très exploitables aux Marocains dans leur quête d’un deuxième titre continental dans la catégorie, 28 ans après le sacre de 1997.
CAN U20. Maroc-Afrique du sud : quelle heure, quelles chaînes