Dans son exposé dédié à la réforme de l’éducation qu’il a présenté lors de la séance mensuelle consacrée aux politiques publiques tenue ce lundi 19 mai à la Chambre des Représentants, Akhannouch a affirmé que les écoles pionnières constituent une réponse aux appels à l’amélioration de l’école publique et aux discours royaux successifs soulignant le besoin des familles marocaines d’un enseignement de qualité pour leurs enfants. Ces référentiels ont encadré la réforme éducative de l’école publique dans l’objectif de bâtir une école du futur « plus performante ».

Akhannouch a souligné que ces écoles réunissent toutes les conditions nécessaires à l’amélioration des apprentissages, notamment par l’adoption de nouvelles méthodes pédagogiques permettant d’atteindre les objectifs fixés. Il a ajouté que l’année scolaire 2023-2024 a marqué le lancement effectif du projet, qui a concerné plus de 620 écoles primaires et bénéficié à plus de 300.000 élèves.

Le chef du gouvernement a précisé que cette expérience a eu « des résultats très positifs », atteignant des objectifs encourageants et apportant des transformations profondes dans la compréhension des apprenants. Ce progrès dans l’acquisition des apprentissages fondamentaux a concerné l’ensemble des matières, traduisant un rattrapage « de un à deux ans de retard scolaire ».

Akhannouch a établi un lien entre cette amélioration et les nouvelles méthodes pédagogiques ainsi que l’environnement d’apprentissage favorable, qui ont renforcé la compréhension et l’implication des élèves en classe. Il a noté que les élèves ayant bénéficié des formations dispensées dans ces écoles ont obtenu de meilleurs résultats que ceux qui n’y ont pas eu accès (82% des élèves).

Il a indiqué que ce bilan encourageant a incité le gouvernement à étendre l’application de ce modèle, en particulier à partir de la rentrée scolaire 2024-2025, qui a coïncidé avec le doublement du nombre d’écoles pionnières, atteignant 2.626 établissements, regroupant 30% des élèves de l’enseignement public.

Le chef du gouvernement a souligné que l’exécutif se félicite des résultats positifs enregistrés dans le secteur de l’éducation nationale, de l’enseignement préscolaire et du sport, précisant que l’offre gouvernementale dans ce domaine se caractérise par la clarté et la crédibilité, et accorde une grande importance à l’éducation comme pilier de l’État social.

Il a ajouté que le gouvernement œuvre à redonner ses lettres de noblesse à la profession d’enseignant, se félicitant du succès du dialogue social sectoriel mené avec une approche participative avec les syndicats de l’enseignement et la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réforme.

Dans ce sens, il a rappelé l’allocation annuelle de 9,5 milliards de DH supplémentaires à l’horizon 2027, soulignant que le gouvernement, depuis sa nomination, a fait du chantier de la réforme du système éducatif un choix stratégique dépassant la seule gestion sectorielle, et visant à bâtir une école publique permettant « le développement des compétences, l’ascension sociale et l’intégration dans le Maroc de demain que nous aspirons tous à construire ».

Akhannouch a précisé que la conviction du gouvernement est que la réforme globale du système éducatif nécessite la mise à disposition des moyens matériels suffisants. Il a mentionné que, dans ce but, le gouvernement a prévu » 85 milliards de DH dans la dernière loi de finances, contre 68 en 2019″.

Il a ajouté que la préoccupation commune du gouvernement et du Parlement est de restaurer la confiance des familles marocaines dans l’école publique. Il a insisté sur la nécessité de rompre avec les anciennes approches d’exécution de la réforme, qui empêchaient les élèves d’acquérir les apprentissages de base durant leur scolarité, et de lutter contre les taux élevés d’abandon scolaire, notamment dans les cycles collégial et secondaire.

Akhannouch a souligné que les évaluations nationales et internationales (PISA 2018 et PNEA 19) ont mis en évidence une véritable crise dans les apprentissages fondamentaux au sein de l’école marocaine, précisant que les études menées en 2018 ont montré que seulement 30% des élèves des écoles publiques maîtrisent les apprentissages de base, tandis que le Maroc se classait 75e sur 79 pays pour la proportion d’élèves atteignant les compétences minimales.

Concernant le décrochage scolaire, il a indiqué que le Maroc enregistre depuis 2016 plus de 300.000 abandons scolaires dans le milieu rural et urbain. Il a affirmé que, face à cette situation préoccupante, il était nécessaire de revoir les choix pédagogiques pour combler les déficits accumulés et permettre à l’école de jouer ses rôles sociaux et économiques.

Sur la base des concertations menées par le gouvernement à travers le ministère de l’Éducation nationale, Akhannouch a rappelé l’adoption de la feuille de route 2022-2026, inspirée des dispositions de la loi-cadre n° 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, et en cohérence avec le programme gouvernemental.

Le coût des écoles pionnières s’élève à 30.000 DH annuellement par classe

Concernant les coûts, Akhannouch a précisé que la moyenne de mise en œuvre, hors masse salariale, était de 25.000 DH par classe au primaire et de 30.000 DH au collège, sur une seule année scolaire. Les frais annuels de fonctionnement s’élèvent à 8.000 DH par classe au primaire et à 12.000 DH au collège.

Il a souligné que le développement de l’école publique reste tributaire de l’amélioration de son infrastructure pédagogique, raison pour laquelle le gouvernement s’est engagé à renforcer la numérisation des établissements. Ainsi, durant l’année scolaire en cours, le ministère a créé 189 écoles primaires, dont 129 en milieu rural.

Il a également mentionné l’extension des écoles communautaires en milieu rural, en raison de leur rôle crucial dans la lutte contre le décrochage scolaire. Grâce à l’intervention du gouvernement, 335 établissements devraient être opérationnels d’ici 2025, ciblant près de 90.000 élèves. Un environnement numérique moderne a également été mis en place afin d’assurer un accès équitable et de développer les compétences numériques de tous les acteurs.

Le chef du gouvernement a précisé que plus de 30 classes ont été équipées en matériel technologique, pédagogique et matériel pour garantir le succès de cette initiative. Il a salué l’engagement des acteurs du secteur éducatif, dont plus de 44.000 enseignants, 560 inspecteurs pédagogiques volontaires et 2.626 directeurs dans les écoles concernées.

Dans le même esprit, Akhannouch a affirmé que le gouvernement dispose d’une nouvelle vision de la formation initiale et continue, axée sur un accompagnement régulier des enseignants dans les classes, une évaluation continue des apprentissages et une valorisation des pratiques pédagogiques. Les évaluations menées par les instances officielles ont confirmé l’importance des formations dispensées aux enseignants dans l’amélioration de leurs pratiques, selon l’approche TARL et l’enseignement explicite, aussi bien en milieu urbain que rural.

Il a ajouté que le ministère avait lancé des formations à l’enseignement explicite pour les enseignants du primaire dans les écoles pionnières, leur transmettant des compétences couvrant plusieurs approches et techniques pédagogiques. Cette méthode vise à permettre aux élèves de mieux maîtriser les apprentissages fondamentaux, en adéquation avec l’approche TARL, et à toucher tous les acteurs concernés par l’enseignement.

Concernant le suivi de cette expérience, Akhannouch a signalé la mise en place de mécanismes d’accompagnement impliquant plus de 200 coordinateurs couvrant l’ensemble des directions provinciales. Ces coordinateurs sont formés pour créer des dispositifs de proximité et résoudre les difficultés rencontrées dans les établissements.

Il a précisé que ces dispositifs poursuivent trois objectifs principaux : accompagner l’engagement des écoles pionnières en vue de la rentrée scolaire prochaine, en termes d’infrastructures, d’équipements et de formations ; suivre la mise en œuvre des objectifs stratégiques de la feuille de route ; et soutenir les chefs d’établissement et leurs équipes pédagogiques et administratives, notamment dans les collèges.

Akhannouch a indiqué qu’au vu de ces résultats encourageants et conscient des défis majeurs auxquels font face les collèges, en particulier en ce qui concerne le décrochage scolaire, le gouvernement a lancé le projet des collèges pionniers afin d’impulser une transformation qualitative du rendement des établissements concernés.

Aziz Akhannouch loue le processus de réforme universitaire

Akhannouch a indiqué que son gouvernement a constaté le climat positif qui a marqué cette rentrée universitaire, laquelle consacre le passage à la vitesse supérieure dans la mise en œuvre des chantiers stratégiques du le Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, connu sous le nom de PACTE ESRI 2030. Il a affirmé qu’il s’agit « d’une vision visant à établir un modèle universitaire conforme aux standards internationaux, reposant sur l’autonomisation, l’apprentissage tout au long de la vie et la valorisation du capital humain ».

« L’accent est mis sur l’accompagnement des chantiers de développement prioritaires en termes de compétences, de capacités de recherche et d’innovation, et de renforcement de l’employabilité à travers des formations de haute qualité », a ajouté le chef du gouvernement en soulignant que « l’université marocaine a connu un engouement croissant pour les formations universitaires grâce à l’ampleur des réformes entreprises ».

Il a indiqué que « le nombre d’étudiants inscrits s’élève à 1,3 million, dont 91% dans les universités publiques », précisant que « le gouvernement propose une offre pédagogique nouvelle et diversifiée répondant aux besoins nationaux, avec 4.000 filières nouvelles, dont 1.000 dans les établissements privés et 3.000 dans les universités publiques ».

Akhannouch a précisé que de nouveaux centres d’excellence ont été créés pour consacrer l’excellence universitaire et académique dans les établissements à accès ouvert. Leur nombre s’élève à plus de 82, regroupant plus de 186 parcours et accueillant plus de 15.000 étudiants.

Ces centres, a-t-il poursuivi, sont orientés vers les métiers d’avenir et répondent aux besoins du tissu socio-économique et aux priorités nationales. Dans le cadre de l’implication des universités dans les chantiers sociaux et économiques menés par le gouvernement, l’offre de formation dans les établissements à accès régulé repose sur « la nécessité de préparer un capital humain capable d’accompagner les grandes transformations que connaît le Royaume ».

Akhannouch a indiqué que la vision gouvernementale dans ce domaine vise cinq objectifs principaux : atteindre un total de 100.000 diplômés d’ici 2027 parmi les ingénieurs, techniciens et cadres intermédiaires pour accompagner l’évolution de l’industrie nationale et les investissements créés ; augmenter la densité des professionnels de la santé d’ici 2030 ; former 10.000 assistants sociaux à l’horizon 2030 ; former des enseignants du primaire et du secondaire en augmentant leur nombre à 50.000 d’ici fin 2025 ; et renforcer le nombre de diplômés dans les disciplines numériques pour atteindre 22.500 diplômés à l’horizon 2027.

Le chef du gouvernement a souligné que le gouvernement travaille à la mise en œuvre effective de la réforme du cycle doctoral, avec l’ouverture de plus de 245 filières de doctorat regroupant plus de 11.700 doctorants pour l’année universitaire 2024-2025, dans des domaines liés aux priorités nationales de développement. Il a également mentionné la poursuite de la mise en œuvre du programme national de formation de 1.000 doctorants de nouvelle génération, avec des projets de recherche innovants, auxquels sont confiées des missions d’encadrement pédagogique des cours dirigés et travaux pratiques, en contrepartie d’une bourse mensuelle nette de 7.000 DH.