Depuis que Médias24 a révélé que Marsa Maroc prévoit de soutenir le Raja Club Athletic en investissant dans sa société sportive, de nombreuses rumeurs ont fait état d’une restructuration imminente. Jawad Ziyat était pressenti pour prendre la tête de la société sportive, et Abdeslam Belgchour celle de l’association.
Alors que les spéculations allaient bon train depuis plusieurs semaines, l’annonce de la candidature de Abdeslam Belgchour à la présidence du Raja n’aura finalement été qu’un épisode de plus dans la saga du club casablancais. Le président de la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a annoncé, il y a moins de vingt-quatre heures, son désistement.
Sa déclaration intervient dans un climat de questionnements. D’autant que Adeslam Belgchour déplore un “blocage” intentionnel, selon lui, par le président actuel, l’avocat Abdellah Birouaine, qui dirige le Raja en remplacement de Adil Hala.
Candidature avortée
Selon Abdeslam Belgchour, le président actuel du Raja Club Athletic refuse d’ouvrir les adhésions, retarde la tenue d’une assemblée générale élective et lance unilatéralement les recrutements sans encadrement technique, ce qui rend impossible toute alternance.
“J’annonce mon retrait de la course à la présidence du club, après en avoir fait l’annonce précédemment lors de mes apparitions médiatiques”, a-t-il indiqué dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.
“J’ai toujours été, et je resterai attaché à la transparence et à la clarté avec tout le monde. Et en raison de certains changements et événements survenus au sein du club au cours des derniers jours, notamment le dossier des recrutements, actuellement géré par le président en exercice en l’absence d’une direction technique, d’un directeur sportif et d’un comité spécialisé, comme il est d’usage, cela mène à une seule conclusion : le président actuel est fermement accroché à son poste et n’a aucune intention de céder la présidence”, poursuit le président de la LNFP et ancien président de la Renaissance de Zemamra.
Et d’ajouter : “Ce qui confirme davantage cette volonté du président de poursuivre ses fonctions et de fermer la porte à toute alternative, c’est son refus d’ouvrir les adhésions au club, ainsi que le retard accumulé dans la fixation de la date de l’assemblée générale ordinaire élective, ce qui empêche toute planification concrète pour mettre en œuvre mon projet sportif”.
Et rebelote
La présence remarquée de l’ancienne star du Raja, Badr Benoun, tantôt aux côtés du président, tantôt aux côtés du coach Lassaad Chabbi, relayée sur les réseaux sociaux, alimente la thèse d’un mercato lancé sous l’impulsion du président actuel, déterminé à conserver son poste coûte que coûte.
Les rumeurs de recrutement qui circulent d’abord sur les réseaux sociaux, bien avant toute annonce officielle du club, accompagnées parfois de photos du staff ou même du président en personne aux côtés des recrues, figurent parmi les pratiques que les supporters rajaouis dénoncent depuis de nombreuses années.
Considérés comme un signe manifeste de manque de professionnalisme, ces recrutements suscitent une indignation croissante, d’autant plus qu’ils sont menés en l’absence totale de direction technique ou sportive structurée. Pour le public, il n’est pas question de remettre en doute la qualité de Badr Benoun ou de tout autre joueur, mais de dénoncer la méthode employée pour conclure ces recrutements et les rendre publics. Après tant d’années marquées par des cycles de crises et de redressements, il est frustrant, pour les supporters, de constater que de telles pratiques perdurent.
Mais ces pratiques s’héritent. Il convient de rappeler que l’actuel président du club n’est autre que le remplaçant du remplaçant. Lorsque Mohamed Boudrika a laissé son poste vacant à la suite de son arrestation, Adil Hala lui a d’abord succédé à titre intérimaire durant quelques mois, avant de confirmer son mandat par le biais d’une élection.
À l’époque, il bénéficiait d’un large soutien, porté par un esprit de continuité, dans la mesure où il assurait déjà officieusement l’intérim pendant l’absence prolongée de Mohamed Boudrika, alors en fuite à l’étranger bien avant son arrestation. Durant cette période, le Raja avait atteint son apogée : champion du Maroc et vainqueur de la Coupe du Trône, sans aucune défaite.
Mais Adil Hala n’a pas su préserver cette dynamique. Sous sa présidence officielle, le club a connu une chute brutale, passant de l’âge d’or à une phase de turbulence profonde. Il a finalement quitté ses fonctions, cédant la place à son propre vice-président, Abdellah Birouaine.
Face à cette confusion et à l’opacité de la gouvernance, une question se pose : Marsa Maroc maintiendra-t-elle son soutien au club des Verts ? Le désengagement d’un investisseur stratégique en raison d’un manque de structure risque d’avoir de lourdes conséquences pour un club en quête de renouveau. À moins qu’il ne pose ses conditions concernant la gouvernance et même les nominations à venir.