« Contrairement aux spéculations qui ont suivi la convocation d’un conseil national, ce rendez-vous semestriel ne sera pas l’occasion de faire une annonce sur un changement de direction », a tenu à corriger le membre de la direction collégiale du PAM en ajoutant qu’il s’inscrit dans l’agenda normal du « parlement du parti » qui prévoit une première réunion au mois de novembre et une deuxième en mai.

La direction actuelle du parti ne changera pas

Mehdi Bensaid explique que la tenue du conseil national permettra en réalité de discuter des préparatifs de l’échéance électorale de 2026.

L’incompréhension sur le timing de sa convocation s’expliquerait, selon notre interlocuteur, par un des ordres du jour du Conseil national qui prévoit de discuter de l’initiative partisane (Mubadara Hizbiya) destinée à soutenir et renforcer la langue amazighe au sein des instances internes du parti.

Pour mettre fin aux spéculations autour d’un changement au sein de la direction collégiale du PAM, Mehdi Bensaid tient à rappeler que, quand cela avait été le cas avec Salaheddine Aboulghali, le parti avait organisé une conférence de presse pour expliquer la situation.

« Le prochain Conseil national portera sur les problématiques électorales »

« En réalité, la prochaine réunion du Conseil national aura pour vocation de préparer notre approche politique du futur programme électoral. Ce programme est destiné à parer aux problématiques diverses auxquelles sont actuellement confrontés nos concitoyens », estime notre interlocuteur en nous invitant cependant à être patients, car son contenu ne sera connu qu’au premier trimestre 2026.

Tout en soulignant la nécessité de commencer à préparer les échéances électorales, Mehdi Bensaid relativise. Il ajoute ainsi qu’il est trop tôt pour avoir une véritable visibilité en termes de propositions de projets réalistes au regard des probables évolutions d’ici l’année prochaine au niveau international.

« Passer à la vitesse supérieure en avril 2026 avec un discours de vérité »

Le dirigeant du PAM avance que si la tenue du scrutin législatif a lieu en septembre 2026, les choses sérieuses commenceraient vraiment au mois de mars ou au plus tard en avril 2026.

« Durant la campagne électorale, la vraie intelligence politique consistera à mettre en avant les avancées obtenues dans le cadre de notre participation au gouvernement avant de présenter à nos concitoyens ce que notre parti peut apporter de plus s’il obtient la majorité des voix », explique le ministre.

Pour lui, seul le langage de vérité prime et il ne pourra pas y avoir de victoire aux urnes pour le Parti Authenticité et modernité si ce dernier choisit de s’attaquer à ses partenaires d’hier.

 « Le PAM assumera ses responsabilités pour pouvoir diriger le gouvernement du Mondial »

Mehdi Bensaid confirme son ambition de voir le PAM diriger le gouvernement du mondial. Il affirme aussi que cela ne remet pas en cause les réalisations de l’actuel gouvernement et qu’il n’y aurait par conséquent aucune attaque ad hominem contre ses alliés du RNI et du parti de l’Istiqlal.

Pour espérer remporter les prochaines élections législatives, Mehdi Bensaid estime que le PAM devra avant tout convaincre les électeurs avec des réponses concrètes à leurs préoccupations, plutôt que de rejeter la responsabilité des difficultés actuelles sur ses partenaires de coalition.

Quelles alliances pour 2026 ?

Au-delà de la stratégie électorale, une question se pose : la coalition actuelle avec le RNI et le Parti de l’Istiqlal sera-t-elle reconduite après le scrutin ?

Dans l’hypothèse où le PAM sortirait en tête des législatives et serait en position de diriger la future majorité, Mehdi Bensaïd juge prématuré de se prononcer sur les alliances à venir.

« Avant de se prononcer sur les alliances qui pourront être mises en œuvre, il faudra nécessairement attendre que le contenu des programmes électoraux de tous les partis politiques soient rendus publics à partir du mois de mars 2026 », explique le dirigeant en laissant entendre que les rapprochements partisans ne pourront se faire que sur la base de propositions programmatiques communes.

« Notre programme sera centré sur les leviers de développement inexploités »

Notre interlocuteur nous confie que la structure du programme du parti est « plus ou moins posée ». Son contenu détaillé dépendra aussi des évolutions de la santé de l’économie mondiale et de ses impacts sur le Maroc.

Sur l’absence de résultats gouvernementaux décriée par nombre de citoyens, qui n’incitent pas à l’optimisme pour une reconduction de la coalition actuelle, le ministre tient à relativiser. Il assure que le Maroc est bien mieux loti que plusieurs pays d’Europe en termes de réservoirs de croissance.

Il évoque les réussites des industries automobile et aéronautique et pense que le Maroc dispose de plusieurs leviers de développement dans le département ministériel qu’il dirige, à l’instar des futurs écosystèmes du gaming et du cinéma qui incitent à l’optimisme avec un potentiel énorme en termes de parts de marché à prendre.

« Le Conseil national de mai permettra de jeter les premiers jalons programmatiques »

« S’il est vrai que l’automobile et l’aviation ne pourront pas éternellement créer de l’emploi, il y a cependant lieu d’être optimiste, car il y a de nombreuses niches à développer dans d’autres secteurs où il y a des écosystèmes à mettre en place », confie le dirigeant en ajoutant que le Conseil national qui aura lieu à la fin du mois courant sera l’occasion d’étudier les premiers jalons programmatiques d’une feuille de route exposant la vision globale du PAM pour les prochaines échéances électorales.

Et de conclure que le second Conseil national de l’année, qui se tiendra en novembre, permettra d’y voir plus clair avec une deuxième feuille de route comportant des éléments beaucoup plus précis.