Le Maroc est le troisième exportateur mondial de tomates fraîches, avec 11% de part de marché et un taux de croissance annuel moyen de 11%, supérieur à la moyenne mondiale (3%). Il figure derrière le Mexique et les Pays-Bas. L’Union européenne (les 27 pays + Royaume-Uni) reste le premier marché importateur mondial, représentant 42% des volumes et 54% de la valeur.

Ces chiffres, annoncés par l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (Morocco Foodex) à l’occasion de la Morocco Tomato Conference, qui s’est tenue le mercredi 21 mai à Agadir, classent le Maroc comme deuxième fournisseur de l’UE avec 24% de part de marché, derrière les Pays-Bas.

Il est également le deuxième fournisseur du Royaume-Uni, qui a importé 396.000 tonnes en 2024, dont 27,1% en provenance du Maroc.

La tomate marocaine est également présente sur d’autres marchés :

– Afrique subsaharienne : 31.000 t exportées (+23%), 2e fournisseur ; 

– Pays du Golfe : 3.000 t exportées (+39%), 6ᵉ  fournisseur.

À fin avril 2025, les exportations marocaines de tomates fraîches affichent une dynamique croissante avec un volume total de 621.000 t, soit une hausse de 9% par rapport à la campagne 2023-2024 (570.000 t). L’Union européenne, incluant le Royaume-Uni, demeure le principal marché de destination, absorbant à elle seule 570.000 t, en progression de 8%. 

La région Souss-Massa, véritable pôle de production, continue de jouer un rôle central en assurant à elle seule 609.000 t des exportations nationales. Le Maroc se spécialise également dans les tomates de segmentation (cerise, allongées, etc.), avec 350.000 t exportées en 2024-2025 (+35%). L’UE en a absorbé 239.000 t. 

Un marché en croissance mais fortement concurrentiel

Le Maroc fait face à une concurrence internationale soutenue sur le marché de la tomate fraîche. Parmi ses principaux concurrents, la Turquie se distingue par une dynamique exportatrice forte, bien que largement dépendante du marché européen. L’Espagne, malgré un recul de sa production de 21% en 2024, demeure un acteur historique influent.

Les Pays-Bas, quant à eux, dominent la production sous serre haut de gamme, tandis que le Mexique règne en Amérique du Nord. Des pays comme l’Italie, la France et le Portugal enregistrent une croissance plus modérée, mais régulière.

Le Maroc doit également relever plusieurs défis de taille. Sur le plan phytosanitaire, le virus ToBRFV représente une menace persistante pour la production.

Les conditions climatiques extrêmes, à l’instar de la sécheresse, des vagues de chaleur et des pluies excessives, compliquent davantage la donne. À cela s’ajoutent les exigences environnementales croissantes, notamment celles imposées par le Green Deal européen, ainsi que la hausse des coûts logistiques liée à la réorganisation des alliances maritimes.

Enfin, la compétition s’intensifie, en particulier avec la Turquie, dans un contexte mondial marqué par des barrières non tarifaires et des tensions géopolitiques, comme celles liées à l’accord UE-Mercosur [traité de libre-échange critiqué pour ses impacts sur l’agriculture et l’environnement, ndlr].

La taille du marché mondial de la tomate fraîche en 2024 est estimée à 207 milliards de dollars et, à l’horizon 2029, elle atteindra une valeur de 261,41 milliards de dollars. Les facteurs de croissance reposent notamment sur l’utilisation accrue de la tomate dans différents secteurs et aussi sur les initiatives des différents gouvernements pour améliorer la productivité. D’ailleurs, la production mondiale s’élève actuellement à 197 millions de t, avec une progression attendue jusqu’à 205 millions de t en 2028, soit un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 1%.

Une autre tendance notable réside dans l’augmentation de la demande pour les petites variétés de tomates, particulièrement marquée sur le marché européen. En Europe, la production de tomates fraîches devrait reculer, passant de 17 millions de t en 2024 à 16,5 millions en 2028. Cette baisse s’explique notamment par la réduction des surfaces cultivées, qui passeraient de 86.615 hectares en 2024 à 76.000 hectares en 2028.

Ce contexte offre une véritable opportunité pour les pays exportateurs comme le Maroc, surtout en réponse à une demande européenne toujours soutenue, en particulier au Royaume-Uni, où les consommateurs montrent une nette préférence pour les tomates en vrac, biologiques et premium.