La ville de Béni Mellal a accueilli, du 12 au 15 mai, la 2ᵉ édition du Salon de la chasse et de la pêche durables, organisée par le Conseil régional du tourisme de Béni Mellal-Khénifra en collaboration avec l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) et l’Office national marocain du tourisme (ONMT). Cet événement vise à promouvoir les meilleures pratiques en matière de chasse et de pêche durables, tout en mettant en lumière le potentiel remarquable de la région comme destination d’écotourisme et d’activités de pleine nature.

« Nous avons invité douze pays, et cinq télévisions spécialisées de la chasse touristique d’Espagne et d’Angleterre ont couvert l’événement. Nous espérons avoir de nombreux échos », déclare à Médias24 Saïd Kachad, vice-président du Conseil régional du tourisme de Béni Mellal-Khénifra.

La 2ᵉ édition du Salon de la chasse et de la pêche durables à Béni Mellal. Ph: CRT Béni Mellal.

Le tourisme cynégétique combine le voyage d’agrément avec la pratique de la chasse. Le Maroc est, selon notre interlocuteur, le deuxième pays le plus connu pour la chasse touristique, après l’Espagne. En Afrique du Nord, le Royaume est le leader de cette activité, en raison de la proximité avec l’Europe, d’une météo clémente toute l’année et de la diversité des paysages.

« Dans la région, deux produits contribuent au séjour : la chasse touristique en premier lieu, puis le parachutisme », précise Saïd Kachad.

Le Maroc s’inspire de l’Espagne, le leader dans le secteur de la chasse, et introduit de nouveaux produits. Ph : DR

Une destination qui séduit les chasseurs

Selon les derniers chiffres datant de 2024, le Maroc compte 68.000 chasseurs et 1.562 lots de chasse amodiés, dont 193 réservés à la chasse touristique. Un chiffre qui paraît faible, mais il faut savoir que l’intérêt pour cette activité et sa pratique y sont croissants. La destination Béni Mellal séduit les férus de la chasse de par son originalité.

La superficie totale amodiée réservée à la chasse dépasse les 4 millions d’hectares. Dans le cadre de la stratégie Forêts du Maroc 2020-2030, l’ANEF a lancé le portail Masyad qui sera le point d’accès unique pour tous les chasseurs en centralisant les communications entre l’Agence et les chasseurs, facilitant ainsi la diffusion des informations et des directives. L’ANEF s’engage ainsi à moderniser et à digitaliser le secteur forestier pour améliorer la gestion et la préservation des ressources.

La destination Béni Mellal séduit les férus de la chasse de par son originalité. Ph: DR

Prolonger la durée du séjour

Pour la région Béni Mellal-Khénifra, le tourisme de passage est le plus commun. L’objectif annoncé par Saïd Kachad est de promouvoir un tourisme de séjour de cinq à six jours. « Les clients amènent leur famille, visitent les sites naturels comme les traces de dinosaures ou le géoparc, profitent de l’artisanat et de tout ce qui est produit dans la région », précise le vice-président du CRT Béni Mellal-Khénifra.

La période de chasse touristique commence le premier dimanche d’octobre et s’achève fin mars. Auparavant, elle ne durait que trois mois. « Nous avons pu convaincre notre tutelle, l’ANEF, de prolonger la période de chasse à près de six mois dans l’année. Les autres six mois correspondent à la période de repos et d’autoreproduction », indique Saïd Kachad.

La période de chasse touristique commence le premier dimanche d’octobre et dure jusqu’à fin mars. Ph : DR

Le tourisme de chasse est un « produit d’hiver », qualifié de « trilogie » puisqu’il comprend la chasse au perdrix, au sanglier et à la caille. Le tout, pendant la même période. Le domaine de chasse alloué à l’entreprise de Saïd Kachad, créée en 1989, s’étale sur 36.000 hectares « répartis en lots de chasse pour la caille, le sanglier et le perdrix ».

À la conquête des pays nordiques

Le Maroc s’inspire de l’Espagne, le leader dans le secteur de la chasse, et introduit de nouveaux produits. « Nous avons introduit la chasse au perdrix, la chasse devant soi et celle en shooting. C’est avec ces nouveaux ajouts que nous avons pu conquérir les pays nordiques, les Américains, les Anglais et les Suédois« , précise notre source.

La première clientèle de ce type de produits sont les Marocains, mais ils ne chassent que les week-ends, tandis que « les Européens, les Nordiques et les Américains » viennent chasser en cours de semaine. « Avant, la clientèle venait majoritairement de France, d’Italie et d’Espagne. Nous avons réussi à séduire la clientèle nordique », souligne Saïd Kachad.

Quels défis rencontre la chasse touristique au Maroc ?

Un opérateur touristique de la région indique à Médias24 que beaucoup de choses se sont améliorées, avec l’intervention de l’ANEF. Depuis quatre ans, ils peuvent louer des fusils. « C’est un acquis, puisque certains touristes ne veulent pas transporter les fusils depuis l’étranger ; ils peuvent désormais le trouver sur place ».

La présence des armes nécessite l’implication du ministère de l’Intérieur, en raison du volet sécuritaire lié à la chasse. De plus, les opérateurs essaient de négocier avec l’ANEF pour obtenir l’autorisation des carabines. « Nous avons beaucoup de clients étrangers qui ne veulent pas chasser avec des fusils classiques, ils veulent utiliser des carabines”, confie notre source.

Le métier lié à la chasse touristique n’est pas encore reconnu. Notre source explique que les opérateurs touristiques ont besoin d’un statut spécial. Jusqu’à présent, « nous sommes dépendants de l’arrivée annuelle de la chasse ».

Notre interlocuteur estime que la chasse touristique est, à l’instar du golf, un tourisme de qualité qui rapporte beaucoup. Il espère être autorisé à proposer de la chasse à l’arc en 2026. Concernant le rétablissement du permis de chasse national, le problème est presque résolu.