Un nouveau parti politique est en préparation. Dans le Bulletin officiel daté du 15 mai 2025, le ministère de l’Intérieur publie l’extrait d’un dépôt de déclaration pour la constitution d’une formation politique dénommée « le Mouvement démocratique populaire ».
Selon le ministère de l’Intérieur, le dossier comprend l’appellation du nouveau parti, son futur siège, son symbole, trois copies de ses statuts de base, autant de copies pour son programme politique et 402 engagements individuels écrits pour la tenue du congrès constitutif dans les délais prévus par la loi.
Le département de Abdelouafi Laftit explique que la publication de cet extrait ne signifie en aucun cas un feu vert pour la constitution du nouveau parti, en attendant d’en vérifier la conformité avec la loi organique 29-11 relative aux partis politiques.
Médias24 a contacté Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire (MP, opposition). « Je ne suis pas au courant », nous répond l’ancien ministre de la Jeunesse.
Mystère et boule de gomme que nous avons essayé de dénouer via d’autres sources.
« C’est une initiative d’un groupe de mécontents de la manière dont l’actuelle direction dirige le parti », nous déclare Mohamed Fadili, plusieurs fois élu sous les couleurs du MP et ancien président du Conseil national de ce parti.
Vieux routier de la politique marocaine et plusieurs fois parlementaire, Mohamed Fadili a notamment été président de l’Union démocratique (UD), fondée par feu Bouazza Ikken. Cette formation a été dissoute en mars 2006, au moment où la famille harakie a été réunifiée autour de Mohand Laenser et de feu Mahjoubi Aherdane.
« Êtes-vous partie prenante dans cette initiative ? », interroge Médias24.
« Je soutiens cette initiative, mais je ne suis pas membre fondateur », répond Mohamed Fadili, promettant de nous rappeler pour fournir davantage de détails. À l’heure de la mise en ligne, ce retour n’avait pas eu lieu.
Diverses sources, au Parlement et au sein du MP, nous confirment cependant que Mohamed Fadili est bel et bien le fer de lance du parti en gestation.
« Il n’a jamais oublié la réaction du MP quand il a été débarqué de la présidence de la commune de Ben Tayeb (province de Driouech) par la justice administrative. À cette époque, le MP s’était désolidarisé de lui et avait annoncé son exclusion », explique un cadre haraki.
Une cellule de crise
D’après nos informations, une sorte de cellule de crise a été constituée au sein du MP, et une délégation de haut niveau, menée par Mohamed Ouzzine, a été dépêchée ce week-end dans la région de Drâa-Tafilalet pour essayer de court-circuiter le projet de scission.
« C’est un projet sans lendemain », commente un membre de la direction du MP.
« Pour le moment, je n’ai pas de commentaire à faire. Je vous en dirai plus après la tenue de la réunion du bureau politique, prévue à 17 heures », déclare à Médias24 Addi Sbaiï, porte-parole du MP. Il admet, à demi-mot, que le projet de scission est bien pris au sérieux par le MP et sa direction.