La détection des jeunes footballeurs est au cœur du nouveau modèle de formation lancé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et géré par la société Evosport, filiale de l’UM6P.
Chaque détail a été soigneusement pensé pour ne laisser échapper aucun talent issu du riche vivier marocain. En plus des opérations de détection régionale organisées chaque mois d’avril, des recruteurs scrutent attentivement les tournois régionaux et nationaux. Ils arpentent aussi les quartiers pour repérer les pépites de demain.
Une vision transversale et incontournable pour alimenter en joueurs de qualité les quatre centres fédéraux et onze centres de formation des clubs professionnels ayant adhéré à ce programme.
À terme, le système profitera aux équipes nationales. Une organisation parfaitement rodée, bâtie sur des critères rigoureux d’excellence.

C’est au mérite, et rien d’autre, que les apprentis footballeurs pourront franchir les portes de ces structures d’excellence. Les places y seront chères, car seules les qualités footballistiques feront la différence.
Médias24 fait le point avec Fathi Jamal, directeur du développement et du pôle formation au sein de la direction technique nationale.
En avril, des journées de détection dans chaque région
Un jeune de 12 à 17 ans, doté d’un talent pour le ballon rond, a désormais toutes ses chances d’intégrer le nouveau modèle de formation mis en place par la FRMF. Une égalité des chances bienvenue dans un milieu où, jusqu’ici, être pétri de talent ne garantissait pas toujours l’accès à un centre de formation, et inversement.
« Nous prévoyons, à chaque mois d’avril, une tournée à travers toutes les régions du Royaume pour organiser des journées de détection avec le staff de la Direction technique nationale », affirme à Médias24 Fathi Jamal.
« Par exemple, dans la région de Souss-Massa », poursuit-il, « une période de détection sera consacrée aux U13 jusqu’aux U18, avec une catégorie évaluée tous les deux jours ». Cette opération permettra au centre de formation du Hassania d’Agadir d’intégrer les meilleurs talents de la région.
Les critères de sélection se définissent à travers divers aspects tels que la technique, l’intelligence de jeu, ainsi que la rapidité de prise de décision et d’analyse. « Si un jeune possède ces qualités et bénéficie d’un bon accompagnement, il a de grandes chances de devenir professionnel. Mais, sans un encadrement adéquat et de qualité, il risque de passer à côté de son potentiel », souligne notre interlocuteur.
À l’issue du processus de détection, les jeunes sélectionnés s’additionnent à ceux déjà présents dans les centres de formation des clubs adhérents au programme. Une nouvelle phase d’observation et de tri permettra ensuite de ne conserver que les meilleurs. Ce fut le cas pour le Raja et le Wydad au printemps dernier.
« Nous avons d’abord organisé des journées de détection à Casablanca, en évaluant uniquement les jeunes de la région afin de favoriser leur épanouissement, car il est préférable qu’ils restent proches de leurs familles », explique Fathi Jamal. Au total, 64 joueurs nés en 2008 et 2009 ont été sélectionnés.
Trois joueurs de l’équipe nationale U17 issus des détections dans les matchs de quartiers
Les 64 joueurs ont tous été conviés à un rassemblement d’une semaine au complexe Mohammed VI de football à Salé. « Nous avons également invité les directeurs techniques des centres de formation du Raja et du Wydad afin qu’ils puissent observer ces jeunes talents », précise Fathi Jamal. Par la suite, « un second tri a été effectué, intégrant les joueurs des deux centres de formation, afin de constituer les noyaux des promotions actuellement en place au sein du Raja et du Wydad. Notre objectif est de sélectionner uniquement les meilleurs », ajoute-t-il.
Une incessante quête d’excellence, qui a fait et fera des déçus à la fin de chaque saison. Pour les jeunes qui ont dû quitter les centres de formation, rien n’est perdu. Le chemin vers le monde professionnel est rarement un long fleuve tranquille. Les plus déterminés auront sans doute une seconde chance.
D’ailleurs, plusieurs anciens pensionnaires de l’Académie du Raja brillent et s’épanouissent actuellement au sein d’associations sportives. Il ne serait pas surprenant qu’ils attirent l’attention des recruteurs après avoir travaillé sur leurs points faibles et renforcé leurs atouts.
« Plusieurs associations sportives font du très bon travail, à l’image de l’Académie Chippo de football à Kénitra, du club Lanoria à Mohammédia et du Prestigia football club à Bouskoura », assure Fathi Jamal. Ces structures offrent non seulement une seconde chance aux jeunes recalés d’un centre de formation, mais elles révèlent également de jeunes pépites pour qui le football n’était au départ qu’un simple loisir.
« De nombreux joueurs ont pratiqué le football par passion, sans forcément envisager une carrière professionnelle. Cependant, ils ont réussi à atteindre l’élite en se formant au sein des associations sportives et de loisirs. Chaque année, deux ou trois d’entre eux intègrent des centres de formation de renom comme le FUS, les FAR ou la RSB », révèle-t-il.
Les référents techniques régionaux négligent encore moins les quartiers, conscients que le sport le plus populaire du pays se pratique d’abord dans la rue, là où se développent une combativité et des compétences techniques essentielles au plus haut niveau.
Preuve en est, trois joueurs de l’équipe nationale U17 ont été repérés alors qu’ils brillaient sur l’asphalte, en bas de chez eux.