D’après le média spécialisé RacingNews365, ce projet ambitieux comprend la construction d’un circuit homologué Grade 1, capable d’accueillir la Formule 1. L’infrastructure s’inscrirait dans un vaste complexe touristique, à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville de Tanger, incluant également un parc à thème, un centre commercial, plusieurs hôtels et une marina. En tout, 10.000 emplois pourraient être générés.
« À ce jour, 800 millions de dollars d’investissements privés ont déjà été sécurisés » précise RacingNews365, qui ajoute que, le reste du financement dépend d’une approbation au plus haut niveau des autorités marocaines.
Essayant de confirmer l’information, Médias24 a contacté le Centre régional d’investissement (CRI) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. À ce stade, aucune information ne nous a été communiquée : les responsables du CRI affirment « ne pas être au courant » d’un tel projet d’investissement dans la région.
Par ailleurs, jointe par Médias24, la Fédération Royale Marocaine des Sports Automobiles confirme que l’ambition d’organiser un Grand Prix de F1 au Maroc existe bel et bien, mais précise qu’aucun projet concret n’est officiellement lancé pour l’instant.
Une ambition portée par une figure de la Formule 1
Le projet est mené par Éric Boullier, ancien directeur d’équipe chez McLaren et Lotus, et ex-directeur général du Grand Prix de France entre 2018 et 2022. Interrogé par RacingNews365, Boullier reconnaît que le projet est encore « un pari ambitieux », mais affirme qu’il répond à toutes les exigences de la F1.
« Nous avons réalisé une étude de faisabilité avec mon ancienne équipe du Grand Prix de France », explique-t-il. « Le site proposé remplissait tous les critères, et à partir de là, nous avons bâti un projet complet. C’est un peu un mini-Abou Dhabi, avec un écosystème indépendant centré sur le tourisme ».
Il précise également que tous les éléments (hôtels, aéroport, infrastructures…) se trouvent dans un rayon de 15 kilomètres du futur circuit.
Le Maroc en concurrence avec le Rwanda et l’Afrique du Sud
Toujours selon RacingNews365, le Maroc entre ainsi dans la course face à deux autres candidats africains : le Rwanda, dont le président Paul Kagame a officiellement lancé la candidature lors de la cérémonie de remise des prix de la FIA à Kigali en 2023, et l’Afrique du Sud, longtemps pressentie pour un retour sur le circuit de Kyalami, au nord de Johannesburg.
Bien que le projet marocain en soit encore à une phase préliminaire, Boullier estime qu’il « correspondrait mieux aux ambitions de la F1 que les deux autres propositions », tout en restant prudent : « Tant que nous n’avons pas l’approbation officielle, ce projet reste sur le papier ».
Un horizon de trois ans si le feu vert est donné
Si le projet reçoit le feu vert, la majorité des travaux, dont la construction du circuit, pourrait être achevée en trois ans, estime Boullier dans les colonnes de RacingNews365.
Il précise que deux étapes cruciales resteraient à franchir : finaliser le modèle financier et sécuriser l’investissement global. Ce n’est qu’après cela que les discussions officielles pourraient être engagées avec la direction de la Formule 1.
Le PDG de la F1, Stefano Domenicali, avait confirmé lors du Grand Prix de Monaco être en pourparlers avec trois pays africains pour organiser un Grand Prix sur le continent, tout en précisant qu’aucune décision n’était attendue » à très court terme ». Mais pour Boullier, l’enjeu est clair : « La F1 veut aller en Afrique, et l’Afrique mérite d’être en F1 ».
Précisons que si un tel projet aboutissait, ce ne serait pas la première fois qu’un Grand Prix de Formule 1 se tiendrait au Maroc. En 1958, le pays avait déjà accueilli une course officielle, remportée par Stirling Moss sur un circuit de Ain Diab à Casablanca.
Plus récemment, en 2022, la presse internationale avait évoqué la possibilité d’un retour de la F1 au Maroc après la visite d’une délégation de la FIA sur le circuit de Sidi Daoui, à Oued Zem. Cette visite, accueillie par la FRMSA, visait à vérifier la prise en compte des recommandations sécuritaires émises par l’instance internationale, dans le cadre d’une demande d’homologation du circuit de vitesse de l’OCP, sans lien direct avec un projet de Grand Prix à ce stade.
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