Plusieurs médias marocains ont annoncé début mai que le Maroc aurait officiellement intégré la chaîne mondiale de production des chasseurs F-16 de dernière génération, avec l’implantation prochaine d’une usine dédiée à Nouaceur. Cependant, une simple analyse des documents officiels américains révèle que ces affirmations sont prématurées et manquent de fondement concret.
La confusion semble provenir d’un document publié le 29 avril 2025 dans le Federal Register des États-Unis. Il s’agit d’une notification formelle au Congrès des États-Unis concernant une proposition de modification de licence d’exportation émise par une entreprise américaine (non nommée ici, mais probablement Lockheed Martin).
La licence couvre l’exportation de matériels de défense (armes, composants, équipements techniques), l’exportation de données techniques sensibles, les prestations de services liés à la défense, la fabrication de certains équipements militaires à l’étranger, dits « significatifs » (significant military equipment).
Le Maroc est listé parmi 22 pays partenaires pour soutenir la fabrication de pièces et de composants d’avions de chasse. Cela signifie qu’il est éligible à recevoir des éléments techniques pour participer à des processus liés à la production, mais cela ne signifie pas qu’une usine d’assemblage de F-16 va s’y implanter.
Il s’agit d’une procédure administrative préalable à l’octroi d’une licence pour exporter du matériel ou des services de défense à usage militaire. La présence du Maroc sur la liste ne confirme en rien une implication directe ou exclusive dans la fabrication des chasseurs F-16, contrairement à ce qu’ont affirmé certains médias.
De plus, l’entreprise Lockheed Martin et l’ambassade américaine, contactées par Médias24, ne semblent pas être au courant de cette notification. Le seul projet officiel et industriel entre le Maroc et le fabricant américain concerne, selon nos informations, la mise en place d’un centre de maintenance, réparation et révision (MRO) pour les avions F-16 et C-130.
Un prochain jalon dans la coopération entre le Maroc et Lockheed Martin, toujours selon nos sources, sera la modernisation sur le sol marocain des F-16 Block 52 actuellement en service dans les Forces royales air, afin de les porter au standard Viper (F-16V).
Quant à l’intégration du Maroc dans le programme industriel du F-16, celle-ci reste incertaine, d’autant plus que ce modèle approche de la fin de son cycle de vie opérationnel.
Dans l’hypothèse où une telle intégration aurait lieu, elle se limiterait à la production de pièces détachées, sans participation à l’assemblage complet ou à la fabrication de structures majeures de l’appareil.