Quelque 4.000 spectateurs ont répondu à l’appel d’un humour sans frontière, porté par des artistes venus des quatre coins de la francophonie, unis non par l’origine, mais par une même exigence : faire rire.
Un village pour accueillir le rire
Avant même le début du spectacle, l’atmosphère était à la fête. Devant les portes du complexe, les festivaliers découvraient un village éphémère animé par les partenaires du festival.
Entre stands de street food, boissons fraîches et marques de cosmétiques, l’avant-show se vivait déjà comme une célébration de la diversité et de la convivialité.
Une scène qui pulse dès la première seconde
Pas de lente montée en tension ici. Temps Danse, collectif chorégraphique reconnu pour son énergie, a lancé la soirée dans une explosion de mouvement. Le public, saisi par cette ouverture visuelle spectaculaire, s’est immédiatement laissé happer.
À la croisée du stand-up et de la performance, Meryem Benoua n’a pas simplement présenté la soirée : elle l’a habitée. Impertinente, vive, parfaitement ancrée dans son époque, elle a insufflé un rythme soutenu à la soirée, tout en apportant sa propre couleur à chaque transition. Maîtresse de cérémonie, oui; mais aussi personnage central d’un récit collectif.
Une francophonie drôle, brute et libre
Ce qui a frappé, tout au long de la soirée, c’est la variété de tons et de registres. Le gala n’a pas cherché à lisser les contours de ses artistes : au contraire, il les a mis en valeur dans leur singularité.
Coco Makmak, humoriste franco-libanaise, a ouvert le bal des sketchs avec un regard piquant sur l’entre-deux culturel. Suivaient des humoristes belges, québécois, marocains et français, chacun apportant ses obsessions, son rythme, sa musique intérieure.
Les thèmes ? Identité, amour, absurdités du quotidien, héritages familiaux, parfois même des prises de parole plus engagées. Loin d’un spectacle monothématique, le gala a dessiné une carte vivante des questionnements qui traversent la francophonie aujourd’hui ; avec, pour boussole, le rire.
Erick Baert, un caméléon musical bluffant
Parmi les moments les plus inattendus de la soirée, la performance d’Erick Baert a suspendu le temps. Surnommé « l’homme aux 140 voix », l’imitateur et chanteur français a offert un hommage vocal puissant à des légendes de la musique internationale.
Des classiques de David Bowie, Prince et The Cure ont résonné dans la salle avec une justesse troublante, portés par son talent d’imitateur hors norme.
Dans une ambiance électrique et pleine d’émotion, Baert a démontré que le rire et la musique peuvent dialoguer sur une même scène, créant un pont entre les générations et les cultures.
Roman Frayssinet, une clôture hypnotique
L’ultime partie du show a été portée par Roman Frayssinet, ovationné dès son entrée. Avec son style inimitable ; entre stand-up existentiel, poésie de l’absurde et dérapages contrôlés, il a littéralement suspendu le temps.
Face à une salle tour à tour hilare et captivée, Frayssinet a prouvé qu’il est non seulement un comédien, mais aussi un artiste de la pensée détournée, capable de transformer un sketch en expérience sensorielle.

Techniquement, le spectacle brillait : un son limpide, des lumières sculptées avec intelligence, une gestion fluide des transitions et une scénographie discrète mais efficace. L’attention portée aux détails s’est ressentie dans chaque minute.
Plus qu’un simple gala, cette soirée a rappelé que, dans un monde fragmenté, le rire ; quand il est sincère, libre et intelligent ; reste l’un des derniers langages communs.
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