Il est impossible de rater le ksar Aïn Asserdoun. Le lieu est juché en haut d’une montagne, surplombant Béni Mellal et les montagnes environnantes, l’enveloppant de son aura magique. De l’esplanade du monument, vous pouvez contempler l’une des plus belles vues du Maroc, puisque la plaine du Tadla s’étend, immense, majestueuse et verdoyante.

À l’œil nu, il est possible d’avoir une visibilité jusqu’à 30 kilomètres. “Ce ksar est l’un des spots les plus visités de la région”, explique à Médias24 Imane Echiba, directrice du Centre régional du tourisme (CRT) Béni Mellal-Khénifra.

Le ksar Aïn Asserdoun est classé site patrimonial d’intérêt régional. Notre interlocutrice ajoute que “des démarches sont en cours pour son inscription officielle au patrimoine national”. Du côté du conservateur régional du patrimoine culturel pour la région Béni Mellal-Khénifra, Mohamed Choukri, l’heure est à la préparation d’un dossier à envoyer à la commission nationale pour pouvoir classer le lieu comme patrimoine national.

De là-haut, la plaine du Tadla se dessine. Au printemps, le paysage est sublime, la montagne est coiffée de neige et les fleurs abondent. Ph : Mohamed Choukri

Un trésor patrimonial au cœur de Béni Mellal

Le ksar Aïn Asserdoun est un symbole emblématique de la ville de Béni Mellal. Il est bien connu des Mellalis, qui le considèrent comme un repère culturel et historique. “À l’échelle nationale, il commence à se faire connaître davantage grâce aux efforts de promotion touristique récents”, précise la directrice du CRT.

Le conservateur régional du patrimoine culturel pour la région Béni Mellal-Khénifra explique que la kasbah est un fortin composé d’une cour de 10 m² avec quatre tours de garde, chacune dans un angle du carré que forme le plan de ce monument historique. Ce fortin avait été construit pour superviser les alentours de Aïn Asserdoun, pour bien “veiller au partage de l’eau et pour l’orienter vers les vergers à travers la séguia”, précise Mohamed Choukri.

“La ville de Béni Mellal et le ksar Aïn Asserdoun ont une histoire scindée et composite qui explique la création et l’apparition de la ville”, confie Mohamed Choukri.

 

Ksar Ain Asserdoun
Le fortin est composé d’une cour de 10 m² avec quatre tours de garde. Ph : CRT Béni Mellal

Un lieu de tradition

Certains rites perdurent. Le conservateur raconte que les mariés ont l’habitude de s’y rendre pour profiter “de la baraka de Aïn Asserdoun, la baraka de son eau”. Ils prennent des bains dans les rivières de cette source.

Mais la question qui se pose est : comment le ksar a-t-il été construit au sommet de la montagne ? Le spécialiste du monument nous rapporte que “selon la légende orale, une chaîne humaine a été formée, du sommet vers le flanc de la montagne”. Les participants se transmettaient les matériaux nécessaires de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de pierres, de terre ou de seaux d’eau.

L’époque de Siba

Le ksar Aïn Asserdoun a été fondé à l’époque de Siba, après la mort de Hassan Ier. Des émeutes avaient éclaté dans tout le Maroc, et les membres de la tribu de Béni Mellal ont décidé de construire ce fortin pour protéger la source. “L’ennemi avait pour coutume de détruire les rivières pour laisser les eaux se déverser au hasard dans les plaines”, nous apprend Mohamed Choukri. “Si la rivière n’est pas bien gardée, ni orientée, les habitants ne pourront pas profiter de cette matière vitale qu’est l’eau”.

À l’époque, les tribus désignaient des membres pour passer vingt-quatre heures à l’intérieur du ksar. Armés, ravitaillés, le rôle de ces derniers consistait à guetter les “mouvements des tribus turbulentes”. Le ksar Aïn Asserdoun devient alors “un point de supervision, de défense qui marque la présence de la tribu de Béni Mellal sur le Dyr, le piémont de la montagne.”

Ksar Ain Asserdoun
Le ksar Aïn Asserdoun a été fondé à l’époque de Siba, après la mort de Hassan Ier. Ph : CRT Béni Mellal

La nouvelle vie du ksar

Le ksar a été récemment restauré dans le cadre d’un projet de valorisation du patrimoine local. Imane Echiba mentionne que ces travaux ont permis “de renforcer la structure et d’améliorer l’accès, mais aussi de transformer l’intérieur du ksar en un espace d’exposition artistique”. Ce lieu accueille des œuvres et des peintures d’artistes locaux, ajoutant ainsi une dimension culturelle à la visite. Mohamed Choukri précise que le ksar n’est ouvert que quand il y a des expositions.

Quelles activités possibles sur place ?

Les visiteurs ont un éventail de choix une fois à Aïn Asserdoun. Imane Echiba recommande de :

• découvrir l’architecture traditionnelle de la kasbah ;
• visiter le nouvel espace artistique à l’intérieur de la kasbah, avec des expositions de peintures et d’œuvres d’art ;
• se promener dans les magnifiques jardins de Aïn Asserdoun ;
• profiter de la vue panoramique sur Béni Mellal et le Moyen Atlas ;
• se rendre au musée dédié à la valorisation du patrimoine culturel de la région, situé également à Aïn Asserdoun, qui permet de mieux comprendre l’histoire, les traditions et les savoir-faire locaux.

Ksar Ain Asserdoun
Le ksar Aïn Asserdoun devient alors un point de supervision, de défense qui marque la présence de la tribu de Béni Mellal. Ph : Mohamed Choukri.

Nombre de personnes confondent le ksar Aïn Asserdoun et la kasbah Belkouch. Ce sont deux lieux différents. Le conservateur régional explique que Belkouch et la kasbah Tadla ont été érigées par le sultan Moulay Ismaïl. “C’est la kasbah Belkouch qui a donné naissance à la ville de Béni Mellal”, précise-t-il.

Le ksar Aïn Asserdoune devient une galerie d’art. Ph : Mohamed Choukri

Avant sa restauration en 2008, le ksar Aïn Asserdoun était quasiment à l’abandon. Il sera réaménagé une seconde fois au moment de la création d’une galerie d’art dans ce lieu emblématique.

Ksar Ain Asserdoun
La galerie d’art du ksar Aïn Asserdoun. Ph : Mohamed Choukri

Le ksar Aïn Asserdoun est désormais un espace d’exposition où les peintres de Béni Mellal et du reste du Maroc peuvent exposer leurs tableaux.