Si les statistiques ne peuvent à elles seules résumer le profil complet d’un joueur, elles demeurent de précieux indicateurs pour mieux cerner ses points forts, ses axes d’amélioration ainsi que sa complémentarité avec ses coéquipiers évoluant dans le même secteur de jeu.

Médias24 met à votre disposition des dashboards interactifs regroupant des données pertinentes et approfondies sur les joueurs convoqués par Walid Regragui, dans la perspective des matchs amicaux contre la Tunisie et le Bénin, programmés les vendredi 6 et lundi 9 juin au complexe sportif de Fès.

Les données compilées couvrent l’ensemble de la dernière saison pour chaque poste et seront actualisées à chaque rassemblement de l’équipe nationale, jusqu’au coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2025, qui se tiendra au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Bien entendu, ces chiffres doivent être interprétés avec nuance.

De nombreux facteurs tels que le style de jeu de l’équipe, le niveau du championnat ou le rôle tactique du joueur peuvent influencer leur compréhension. Prenons un exemple : Achraf Hakimi affiche un nombre d’interceptions par match inférieur à celui de Omar El Hilali. Cela ne reflète pas une faiblesse défensive du récent champion d’Europe, mais s’explique plutôt par le jeu de possession (65%) du Paris Saint-Germain qui l’expose moins aux phases défensives.

À l’inverse, Omar El Hilali, avec l’Espanyol Barcelone, évolue dans un contexte différent, son équipe affichant une possession moyenne de seulement 42%. Il est donc naturellement davantage concerné par ces phases et amené à intervenir plus souvent sans le ballon.

En somme, toutes les données que nous avons compilées doivent être lues à la lumière du contexte tactique, du niveau d’adversité, du rôle spécifique confié à chaque joueur, mais aussi de la dynamique individuelle du moment. Autant de facteurs qui influencent considérablement les performances statistiques, mais aussi leur compréhension.

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Commençons par les gardiens de but. El Mehdi Benabid (WAC), bien qu’un cran en retrait par rapport à ses aînés, dispose encore d’une belle marge de progression, notamment dans son jeu au pied. À 25 ans, le temps joue en sa faveur. De leur côté, Yassine Bounou (34 ans) et Munir El Kajoui (36 ans) font preuve d’une constance remarquable, que ce soit dans les airs ou sur leur ligne, indépendamment du poids des années.

Si Yassine Bounou et Munir El Kajoui parviennent à maintenir ce haut niveau de performance, le Maroc peut aborder les prochaines échéances avec sérénité. Certes, le portier d’Al Hilal (Arabie saoudite), récemment placé sous les ordres de Simone Inzaghi (ex-Inter Milan), encaisse actuellement plus de buts que prévu selon les données d’expected goals.

Mais cet écart reste minime et n’entame en rien sa valeur. D’autant qu’il compense avec un jeu au pied de très haut niveau, un taux élevé d’arrêts réflexes et une réelle autorité dans la gestion de sa ligne défensive. De son côté, Munir El Kajoui sort d’une saison remarquable sous les couleurs de la Renaissance sportive de Berkane (RSB).

Son choix de rejoindre le récent champion du Maroc n’a nullement affecté ses performances, bien au contraire. Décisif aussi bien en Botola Pro qu’en Coupe de la CAF, il se distingue par son leadership et sa technique sur sa ligne. Dans un contexte où des incertitudes demeurent au sein de la ligne défensive des Lions de l’Atlas, la forme étincelante de ses gardiens représente un gage de sécurité.

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Justement, la défense demeure le principal chantier auquel doit s’attaquer le sélectionneur national. Et pas seulement pour ce rassemblement de juin. Trouver une charnière centrale fiable risque bien de hanter les nuits de Walid Regragui pendant encore de longs mois.

En réalité, l’enjeu est de trouver le partenaire idéal pour Nayef Aguerd, pilier défensif incontournable. Le sélectionneur est en quête d’un complément solide, régulier et tactiquement compatible, capable de former une paire centrale stable à l’horizon de la CAN 2025 et du Mondial 2026.

Toutefois, en l’absence d’Aguerd, il sera compliqué de tester toutes les associations possibles en défense. Néanmoins, cela n’empêchera pas le staff de l’équipe nationale d’évaluer le comportement du nouveau venu, Abdelhak Assal, qui s’est illustré cette saison par une domination dans les duels, aussi bien au sol que dans les airs.

Le natif de Casablanca renforce un secteur défensif déjà composé de deux autres défenseurs centraux de métier, Jawad El Yamiq et Abdel Abqar. En plus de Adam Masina, latéral reconverti en défenseur central axial gauche dans une défense à trois avec le Torino (Italie). Ce dernier peut également dépanner au poste d’arrière gauche en cas de besoin.

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Ce besoin risque de se faire sentir, puisque le sélectionneur n’a convoqué que Youssef Belamri pour pallier le forfait de Noussair Mazraoui. Or, si Omar El Hilali ne constitue pas une option fiable sur le flanc gauche, Achraf Hakimi pourrait dépanner à ce poste, tout comme Zakaria El Ouahdi, même si tous deux sont droitiers.

Mais il serait surprenant que Walid Regragui choisisse de priver son capitaine de son poste de prédilection pour l’exiler à gauche. Une option qui a déjà été expérimentée par le passé, mais dans des contextes bien différents. Quoi qu’il en soit, le Maroc est armé sur la droite de sa défense.

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C’est nettement moins évident au poste de milieu défensif, où les options disponibles semblent plus restreintes. Jusqu’à présent, Sofyan Amrabat s’est imposé comme une sentinelle indispensable, particulièrement face aux équipes qui misent sur des contres rapides à la récupération du ballon.

Grâce à sa vision du jeu, son positionnement précis et son sens tactique, Amrabat est le pilier de l’équilibre défensif marocain. Cependant, les alternatives à ce poste restent malheureusement peu nombreuses. Outre Oussama El Idrissi, qui peut être utilisé en défense centrale, Oussama Targhaline a également démontré de très bonnes dispositions dans ce rôle, notamment lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Mais son manque d’expérience des joutes continentales chez les A pourrait être un handicap.

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Concernant Amir Richardson, qui a également le profil, il n’y est pas tout à fait à son aise, contrairement à un rôle de milieu central ou relayeur. Cependant, la concurrence sera rude, entre lui, Ismail Saibari, Bilal El Khannouss et Azzedine Ounahi dont les dernières prestations laissaient quand même à désirer. La profusion de talents est aussi perceptible sur les ailes, du moins au moment de l’annonce de la liste.

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Car depuis, le médecin de l’équipe nationale, Christophe Boudoux, a acté le forfait de Brahim Diaz (remplacé par Amine Zouhzouh des FAR) et annoncé Abde Ezzalzouli comme “très incertain” en raison d’une blessure contractée en finale de la Conférence League européenne contre Chelsea (1-4). Il reste quand même du beau monde, avec Soufiane Rahimi, Eliesse Ben Seghir et Osame Sahraoui.

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À la pointe de l’attaque, Maroan Sannadi sera incontestablement l’une des attractions de ce rassemblement. Avoir son rond de serviette en équipe nationale est déjà une victoire pour un joueur qui n’a disputé que six mois au très haut niveau. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que, dans l’esprit du sélectionneur, il ne sera pas simple de supplanter Youssef En-Neysiri et Ayoub El Kaabi. Preuve en est, le temps de jeu famélique de Hamza Igamane (8’).

Mais “Maroan nous apportera un profil différent, qui nous permettra aussi de l’associer à un second attaquant de pointe”, a souligné Walid Regragui lors de l’annonce du groupe retenu pour les deux prochains matchs amicaux. À l’évidence, ces rencontres s’annoncent comme des rendez-vous d’importance capitale, même s’ils sont amicaux.