L’armée marocaine a récemment réceptionné un nombre de véhicules blindés M-ATV (Mine Resistant Ambush Protected, MRAP) de marque Oshkosh, comme en témoignent des images de leur arrivée à Casablanca.

Conçus pour résister aux mines et aux embuscades, les M-ATV sont réputés pour leur robustesse, leur mobilité en terrain difficile et leur efficacité en zones de conflit.

Une réponse tactique à l’évolution des menaces

Selon notre consultant militaire, Abdellhamid Harifi, « l’acquisition des véhicules M-ATV s’inscrit dans une démarche logique de renforcement des capacités des Forces armées royales (FAR) ». Cette initiative vise à « moderniser les unités mobiles et d’intervention en les dotant de moyens modernes et sophistiqués ».

Ces véhicules, explique-t-il, « offrent une meilleure protection aux soldats, ainsi qu’une mobilité et une rapidité accrues, essentielles pour l’action des unités d’intervention ». Le M-ATV ne concerne pas uniquement les unités spéciales, mais aussi « les unités parachutistes, ainsi que les unités d’intervention sectorielles, sans oublier les nouvelles unités créées au sein des FAR, dédiées à l’intervention et au déploiement rapides ».

Le M-ATV est présenté comme « la prolongation logique du Humvee (communément appelé « Hummer » dans le jargon militaire)« .

M. Harifi rappelle que « les FAR disposent déjà d’une flotte conséquente et variée de Humvees, estimée à plus de 2.000 exemplaires répartis dans leurs différentes unités ». Ainsi, l’introduction des M-ATV constitue « le remplacement logique de ces unités », renforçant ainsi la capacité opérationnelle globale des forces.

L’efficacité des M-ATV a été « démontrée sur de multiples théâtres d’opérations, que ce soit en Irak, en Afghanistan ou ailleurs, notamment face aux mines anti personnelles, aux engins blindés et aux embuscades », souligne notre consultant.

Un achat stratégique via un canal d’acquisition spécial

Abordant la question du volume de la commande, Abdellhamid Harifi souligne que « bien que le nombre exact d’unités acquises ne soit pas encore publiquement connu, il est probable que l’acquisition se fasse par lots successifs ». Selon lui, « compte tenu du caractère urgent de cet achat, il semble qu’il n’ait pas transité par le programme standard FMS (Foreign Military Sales)« .

En effet, des informations circulant sur les réseaux sociaux, notamment X (ex-Twitter), suggèrent plutôt une procédure via le SDFA (Special Defense Acquisition Fund). Ce fonds, explique M. Harifi, « est un fonds du Pentagone destiné aux acquisitions urgentes pour les alliés, y compris ceux qui bénéficient habituellement des programmes FMS ». Cette méthode d’acquisition, poursuit-il, « ne nécessiterait donc pas d’annonce publique ni d’autorisation préalable du Congrès américain ».

S’adapter à un environnement sécuritaire de plus en plus complexe

Cette démarche « s’inscrit dans un effort continu de modernisation des unités, visant à les doter des équipements les plus récents pour optimiser leur protection et garantir des interventions plus efficaces et efficientes ». M. Harifi souligne que cela est « d’autant plus crucial que l’environnement opérationnel est caractérisé par des menaces en constante augmentation et évolution ».

Mettant en avant les défis actuels auxquels les FAR sont confrontées aujourd’hui, notamment sur des théâtres d’opérations tels que le Sahara, ou dans les zones où les FAR participent à des missions onusiennes, notre interlocuteur considère que « le danger lié aux embuscades et aux mines reste significatif », surtout avec l’intensification de la menace posée par les drones, qu’ils soient utilisés pour lancer des roquettes, des bombes, des missiles de fabrication artisanale, ou comme drones kamikazes.

Aujourd’hui, disposer de véhicules mieux blindés pour protéger l’infanterie et les forces spéciales sur les théâtres de combat n’est plus un luxe, mais une nécessité. Cette récente acquisition témoigne, selon notre consultant, « d’une prise de conscience du haut commandement des FAR face à l’évolution des menaces et à l’impératif de s’adapter rapidement pour faire face aux dangers qui pèsent sur les frontières ainsi que sur les intérêts vitaux et stratégiques du pays ».