Les médias algériens, et en particulier l’agence APS, se sont empressés de relayer leur rhétorique habituelle sur la question du Sahara.
Au moment où nous mettions sous presse, aucun communiqué conjoint n’avait été publié, ni par la partie algérienne ni par la partie rwandaise.
Côté algérien, l’agence officielle APS a rapporté que les discussions entre Abdelmadjid Tebboune et Paul Kagame avaient porté sur « plusieurs sujets bilatéraux et régionaux », dont une supposée position sur le dossier du Sahara.
À en croire cette source, « les deux parties ont souligné leur soutien au peuple sahraoui et à son droit à l’autodétermination à travers un référendum libre, régulier et juste, conformément aux décisions de la légalité internationale ».
Précisons, même si cela va sans dire, que le Conseil de sécurité ne cite plus le référendum, mais le plan marocain d’autonomie ainsi qu’une solution politique « réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable ».
Mais du côté de Kigali, le président Kagame s’est contenté de publier l’intégralité de sa déclaration à la presse sur ses réseaux sociaux et sur la page officielle de la présidence rwandaise. Ce discours ne contient aucune mention du Sahara, ni du polisario.
Qui dit vrai ?
Contrairement aux allégations relayées par l’Algérie, rien dans les propos publics de Paul Kagame ne permet de conclure à une quelconque position du Rwanda sur le dossier du Sahara.
En publiant lui-même son discours, le président rwandais semble vouloir prévenir toute récupération ou déformation de ses propos. Ce geste peut s’apparenter à un message implicite : une prise de distance vis-à-vis du récit algérien et une volonté de prudence face à un dossier aussi sensible.
Quoi qu’il en soit, la balle est dans le camp de Kigali. Assumer ou démentir.