• Taleta taleta est un nouveau dinosaure découvert dans les phosphates du Maroc.
  • Il s’agit d’un petit hadrosauridé, le troisième trouvé dans le pays.

Une nouvelle espèce de dinosaure herbivore vient d’être identifiée dans les célèbres phosphates du Maroc. Baptisé Taleta taleta, ce petit dinosaure à « bec de canard » vivait il y a environ 66 millions d’années, à la toute fin du Crétacé. Il s’agit du troisième dinosaure de ce type (appelé hadrosauridé) découvert au Maroc, après Ajnabia odysseus et Minqaria bata, comme l’indique une étude récente publiée le 28 mai 2025.

Un dinosaure unique en son genre

Avec une taille estimée à 3,5 mètres de long, Taleta est plus petit que ses cousins nord-américains, souvent bien plus imposants. Son nom, qui signifie « trois » en référence à sa position de troisième espèce découverte, reflète aussi l’importance croissante des fossiles de dinosaures retrouvés en Afrique du Nord.

Les restes fossilisés de Taleta composés de deux mâchoires ont été retrouvés dans les couches géologiques des phosphates marocains datant du Maastrichtien supérieur, la dernière étape de l’ère des dinosaures. Ces mâchoires présentent des caractéristiques uniques, notamment de grandes dents inclinées et une crête osseuse particulière, ce qui suggère un régime alimentaire différent de celui des deux autres espèces connues.

Taleta, une nouvelle espèce de dinosaure à bec de canard découverte au Maroc

Une radiation évolutive en Afrique

Les trois espèces marocaines appartiennent à un même groupe : les lambeosaurinés, une sous-famille des hadrosauridés connus pour leurs crêtes souvent spectaculaires. Jusqu’ici, ces dinosaures étaient surtout connus en Europe et en Amérique du Nord. Mais leur présence au Maroc suggère qu’ils ont réussi à migrer depuis l’Europe jusqu’en Afrique.

Une fois arrivés en Afrique, ces dinosaures se seraient rapidement adaptés aux nouvelles conditions, occupant des niches écologiques variées. Les différences marquées dans leurs mâchoires et dents renforcent cette hypothèse d’une « radiation évolutive » : une diversification rapide après leur arrivée sur un nouveau territoire.

Cette découverte, publiée dans la revue scientifique Gondwana Research, est le fruit d’une collaboration entre l’Université de Bath (Royaume-Uni) et l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Elle confirme que le Maroc est une véritable mine d’or pour la paléontologie, en particulier pour la période de la fin du Crétacé.

Elle apporte aussi un nouvel éclairage sur les mouvements des dinosaures entre les continents à la fin de leur règne. Alors que les hadrosauridés déclinaient en Amérique du Nord, ils auraient prospéré dans certaines régions d’Afrique du Nord, comme le montrent les fossiles marocains.