Nouveau et important rebondissement dans l’affaire de l’assassinat du mari de la chanteuse Rym Fikri. Le mardi 10 juin, Le Parisien rapporte que Abdelaziz L., présenté comme le bras droit de Réda Abakrim (alias Turbo, principal accusé dans cette affaire), a été arrêté vendredi dernier à Poissy, dans les Yvelines, en quittant la demeure de ses parents.
Le quotidien français précise que le prévenu de 41 ans a été interpellé pour une affaire liée aux jeux et au blanchiment d’argent provenant du trafic de drogue. D’ailleurs, ce sont des éléments du Service central des courses et jeux (SCCJ) qui se sont chargés de son arrestation.
Interrogée par Médias24, une source judiciaire confirme que le Maroc a bel et bien formulé une demande d’extradition de Abdelaziz L. auprès des autorités françaises. « Son implication directe dans le kidnapping et l’assassinat de Réda Faras a été établie lors des enquêtes diligentées au Maroc », rappelle notre source.
Cette demande d’extradition a-t-elle des chances d’aboutir ? Notre source en doute sérieusement, d’autant que Abdelaziz L. détient également la nationalité française.
« Dans l’absolu, l’extradition est une décision judiciaire souveraine. La territorialité des faits délictueux, en plus de la nationalité du présumé, rend cette extradition improbable », explique à Médias24 Omar Mahmoud Bendjelloun, avocat aux barreaux de Rabat et de Marseille.
La famille de la victime a-t-elle alors le droit de saisir la justice française contre Abdelaziz L.? « Oui, elle le peut comme elle peut aussi saisir la justice marocaine qui traitera d’autres crimes si la condition de territorialité est remplie », répond Me Bendjelloun.
Deux affaires similaires et un long feuilleton judiciaire
Les faits remontent au 8 février 2024. Ce jour-là, des hommes, tous portant une cagoule, ont enlevé à Casablanca le mari de la chanteuse Rym Fikri. Réda Faras, la victime, aurait été emmené à Mansouria, près de Mohammédia et Benslimane, où il aurait succombé sous la torture dans un conteneur aménagé dans le jardin de la résidence de Turbo.
Son corps aurait été démembré, puis placé dans des sacs disséminés près d’une rivière dans les environs de Rabat. Quelques jours plus tard, Réda Abakrim est arrêté à la suite d’une minutieuse enquête ayant mobilisé plusieurs corps de sécurité.
Actuellement, Turbo et ses cinq coaccusés sont poursuivis en justice à Casablanca pour « enlèvement », « séquestration », « torture » et « homicide avec préméditation ».
Turbo est aussi poursuivi dans le cadre d’une autre affaire d’homicide (le meurtre de Brahim Hajjaji) qui remonte à 2007. Condamné en France à 21 ans de réclusion, il avait disparu dans la nature avant d’être arrêté au Maroc. En avril 2023, la cour d’appel de Casablanca l’a lavé de tout soupçon d’homicide sur la personne de Brahim Hajjaji dans le cadre de règlements de comptes entre narcotrafiquants.
Le dossier a été rouvert à la demande de la famille, et Turbo, qui n’avait pas répondu aux convocations de la justice, est désormais contraint d’assister à cet autre procès.