Le MASI a franchi les 18.600 points le 4 juin, atteignant ainsi un nouveau sommet dans sa séquence haussière de 2025.
Après avoir franchi successivement le seuil de 16.000, puis de 17.000 points, l’indice phare de la Bourse de Casablanca poursuit son ascension, soutenu par une dynamique de marché solide et des anticipations favorables.
Cette progression n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. En avril, le marché a connu une correction brutale, dans le sillage de l’annonce par l’administration Trump de nouveaux droits de douane. Le choc, violent mais court, a fait vaciller les indices. Mais dès la fin du mois, le rebond s’est enclenché, porté par des fondamentaux inchangés, des résultats solides et un environnement monétaire devenu plus accommodant.
Pourtant, le marché marocain n’avait pas besoin de nouveaux catalyseurs. Il lui fallait simplement du temps pour digérer le choc d’avril et retrouver son élan.
« Dès les premières secousses d’avril, certains investisseurs ont commencé à se repositionner, profitant des points d’entrée créés par la baisse. Ce sont souvent des profils expérimentés, capables d’agir quand le marché vacille. D’autres, plus prudents, ont préféré attendre des signaux de reprise plus clairs. Mais au final, tout le monde est revenu, et c’est cette convergence qui a relancé la dynamique », commente un analyste de la place.
Des catalyseurs toujours bien en place
Notre marché boursier marocain bénéficie, encore aujourd’hui, des mêmes facteurs catalyseurs qui ont alimenté le rebond depuis la fin avril. Rien n’a fondamentalement changé : les voyants restent orientés au vert, et les signaux macroéconomiques comme financiers continuent d’offrir un socle favorable à l’investissement en actions.
L’environnement monétaire reste, bel et bien, un soutien majeur. Depuis la baisse du taux directeur en mars dernier, les investisseurs évoluent dans un climat de taux durablement bas. Et les anticipations du marché penchent déjà vers une nouvelle détente monétaire d’ici la fin d’année. La courbe primaire continue de s’aplatir, signe que les acteurs obligataires intègrent cette perspective.
L’inflation, de son côté, demeure contenue. En avril, elle s’est établie à seulement 0,7% en glissement annuel, ce qui laisse à Bank Al-Maghrib une marge de manœuvre supplémentaire, sans pression sur les prix à court terme. Ce niveau bas renforce le sentiment que le cycle désinflationniste est bien engagé.
Sur le plan des fondamentaux microéconomiques, les publications financières de l’exercice 2024 ont largement rassuré. Les grandes capitalisations ont, dans leur majorité, dépassé les attentes ou confirmé la solidité de leurs marges.
Le premier trimestre 2025 a poursuivi sur cette lancée, ce qui permet aux investisseurs de se projeter avec une visibilité accrue. D’après les prévisions de BKGR, le bénéfice global des sociétés cotées devrait croître de près de 11% sur 12 mois glissants, soutenu par la bonne tenue des secteurs bancaires, industriels et de services.
À cela s’ajoute un effet saisonnier bien connu, qui semble avoir pleinement joué cette année : la période de distribution des dividendes. Les montants annoncés, souvent significatifs, ont renforcé la capacité d’intervention des investisseurs, alimentant ainsi le dynamisme des échanges sur le marché.
Enfin, le climat psychologique a lui aussi évolué. Le franchissement du seuil des 18.000 points a eu un effet déclencheur, symbolique mais puissant. Il a redonné confiance à des investisseurs restés en retrait, tout en validant, d’un point de vue technique, la sortie d’une phase de consolidation.
Autrement dit, la reprise observée depuis fin avril ne repose pas sur une surprise ou un effet d’annonce. Elle s’appuie sur un ensemble cohérent de signaux fondamentaux, monétaires et comportementaux, toujours bien en place.
Source: medias24.com
Où va le MASI ? Un marché tourné vers les 19.000 points, puis plus loin
L’élan haussier du marché marocain semble loin d’être épuisé. Après avoir digéré sans encombre une phase de prises de bénéfices début juin, le MASI retrouve du souffle et s’oriente de nouveau à la hausse.
Les niveaux techniques et psychologiques des 19.000 points, puis des 20.000 points d’ici la fin d’année, sont désormais dans le viseur des investisseurs.
Ce scénario est aujourd’hui partagé par plusieurs analystes de la place, qui mettent en avant l’ancrage durable des fondamentaux.
« La phase de consolidation a été courte et saine. Le marché a su absorber les prises de bénéfices sans remettre en cause la dynamique. Le prochain cap, c’est clairement les 19.000 points. Et les 20.000 points pourraient être testés avant fin décembre », estime un analyste interrogé.
« La dynamique actuelle s’appuie sur une demande intérieure toujours soutenue et sur des perspectives bénéficiaires bien orientées. Les analystes anticipent une progression de l’ensemble des résultats en 2025, avec une hausse à deux chiffres du RNPG ».
« L’amélioration du contexte macroéconomique, notamment sur le front des activités domestiques, renforce cette lecture positive. Et malgré la hausse déjà marquée du MASI, la valorisation reste attractive autour de 21,6 fois les bénéfices ».
« Comme je le dis toujours, le marché boursier marocain repose sur de bons fondamentaux. La capitalisation globale approche les 1.000 milliards de dirhams, le nombre d’investisseurs particuliers ne cesse d’augmenter, et cela traduit un climat de confiance qui s’installe durablement ».
« Il y a aujourd’hui une vraie liquidité disponible, notamment à travers les flux d’épargne et les arbitrages post-dividendes. Ce capital est prêt à se déployer, à condition que le marché continue à offrir des perspectives visibles, une diversité de supports et un niveau de profondeur suffisant pour accompagner le mouvement ».
La progression actuelle s’appuie sur une combinaison solide de facteurs : une inflation sous contrôle, une politique monétaire toujours souple, et des perspectives bénéficiaires élevées. Même si les volumes ont légèrement reflué ce 10 juin, ils restent suffisants pour soutenir la tendance, du moment que le flux acheteur reste actif sur les grandes valeurs.
Plus qu’un rebond, le marché semble avoir trouvé un nouveau point d’équilibre. Et dans un contexte où peu d’alternatives offrent des rendements comparables, la Bourse conserve toute sa place dans les stratégies d’allocation.
L’élargissement progressif du rallye
La reprise du marché ne s’est pas arrêtée aux grandes capitalisations. Après une première phase dominée par les poids lourds de la cote, le mouvement s’est étendu à un nombre croissant de valeurs moyennes et petites. Ce phénomène, souvent observé dans les phases haussières durables, témoigne d’une amélioration réelle de la profondeur du marché.
En mai, l’indice MASI Mid and Small Cap a progressé de 3,03%, une dynamique confirmée sur la première semaine de juin avec un gain supplémentaire de 3,24%. Plusieurs titres ont nettement rebondi, à l’image de Stroc Industrie (+21,6%), Sonasid (+16,3%), Fenie Brossette (+11,3%) ou Minière Touissit (+10,8%). Même certaines valeurs industrielles et immobilières, pourtant en retrait ces derniers mois, ont retrouvé de l’intérêt dans les portefeuilles.
Cette extension du mouvement s’explique par le retour de la liquidité et une confiance renouvelée dans les perspectives économiques. Les gérants commencent à regarder au-delà des valeurs les plus liquides, en quête de différenciation, de rendement et de potentiel de rattrapage.