Trente-deux équipes issues des cinq continents disputent aux États-Unis une Coupe du monde des clubs marathon, avec 62 matchs au programme. Véritable appendice d’une saison à rallonge entamée il y a plus de dix mois, cette compétition impose une préparation physique rigoureuse planifiée depuis l’entame de la saison.

C’est valable notamment pour le Wydad Athletic Club (WAC) qui a disputé plus d’une quarantaine de matchs, et dont l’entrée en lice est programmée le mercredi 18 juin contre Manchester City (17 h), au Lincoln Financial Field, à Philadelphie en Pennsylvanie.

Pour être au rendez-vous sur le plan athlétique, la préparation a été planifiée dès le début de la saison. Cela permet aux joueurs d’atteindre un pic de forme, tout en préservant les phases de récupération pour aider les corps à se régénérer. D’autant qu’elle intervient à une période particulièrement sensible.

Habituellement, cette période marque le début des vacances pour les joueurs. Un moment crucial pour se ressourcer mentalement et recharger les batteries avant la reprise de l’entraînement, généralement en juillet. Mais cette année, la donne a changé. Dans ce contexte, la gestion de la préparation physique devient un enjeu central pour espérer bien figurer dans une compétition au format inédit.

Pour Ayoub Tannouche, référent des préparateurs physiques au centre fédéral de formation de football à Saïdia, la gestion de cet aspect de la performance a été pensée bien en amont du tournoi intercontinental. « Les préparateurs physiques ont certainement déjà pris en considération cette compétition avant le début de la saison dans leur planification. Ils ont un calendrier, des périodes et des axes de travail préétablis », explique-t-il.

Une anticipation de l’événement indispensable, car la préparation doit s’inscrire dans un cycle global, intégrant phases de travail, périodes de repos et pics de forme. Dans la phase de transition entre la fin de la saison et la Coupe du monde des clubs, la priorité est donnée à la récupération et à la régénération.

« Les séances s’orientent souvent vers un travail aérobie, caractérisé par une baisse d’intensité, mais un volume plus important », nous explique notre interlocuteur. L’objectif étant de permettre au corps de se régénérer. En outre, la récupération ne se limite pas aux seuls entraînements.

La collaboration étroite entre le préparateur physique et le staff médical (médecins, kinésithérapeutes, nutritionnistes) est déterminante. L’hydratation, la nutrition adaptée, les soins visant à évacuer l’acidité musculaire et à régénérer les cellules du corps complètent le processus.

Les joueurs du Wydad se préparent à la Coupe du monde des clubs
Credits@WacOfficiel

La surcompensation, élément central de la préparation physique

Au cœur de cette préparation, on retrouve également le principe de surcompensation. « C’est le pilier de la préparation physique. On fatigue le corps des joueurs aux entraînements avant de lancer une phase de récupération. Si ce processus se déroule correctement, le corps s’adapte et se situe à un bon niveau de performance. Le rôle du préparateur physique est d’amener ce pic au moment de la compétition », poursuit Ayoub Tannouche.

À l’évidence, le dosage est aussi crucial que le timing. Un entraînement trop intense ou une récupération insuffisante risquent de dégrader la forme plutôt que de l’améliorer, et donc d’être contre-productifs. D’ailleurs, à l’approche du jour J, l’intensité des exercices augmente tandis que le volume diminue, avec des séances plus courtes.

Un ajustement primordial pour être prêt à enchaîner plusieurs matchs à haute intensité sur une courte période. Par ailleurs, la composition des effectifs en cette période est souvent hétérogène, surtout après une fenêtre de transfert estivale anticipée qui a permis à plusieurs équipes de se renforcer.

LE WAC a ainsi recruté le défenseur central Bart Meijers (HOL), l’ancien international marocain Noureddine Amrabat et le milieu offensif tanzanien Stéphane Aziz Ki. En attaque, Hamza Hannouri et Omar Al Somah ont également été enrôlés, même si ce dernier n’a toujours pas rejoint ses coéquipiers aux États-Unis.

« Il faut connaître leur vécu, comment ils se sont entraînés, dans quel état ils ont fini la saison et quel est leur niveau de performance. Mais s’ils ont été recrutés, alors ils sont certainement en bonne forme physique », souligne notre interlocuteur. Cette analyse est nécessaire pour individualiser la charge de travail et éviter tout risque de surcharge.

La technologie comme les GPS aident à avoir un suivi optimal des charges d'entrainements.
La technologie comme les GPS permet un suivi optimal des charges d’entraînement.

Enfin, les technologies modernes sont devenues de précieux alliés. « Les systèmes de suivi GPS permettent de quantifier précisément la charge d’entraînement, de mesurer la vitesse, les accélérations, la distance parcourue ou encore la fréquence cardiaque », conclut Ayoub Tannouche.