Les informations sur ce programme de reconstitution ont été présentées ce mercredi 18 juin en commission des secteurs sociaux. Le ministre a, à cette occasion, détaillé davantage les mécanismes de mise en œuvre des cinq axes du programme de reconstitution du cheptel national.

Crédit Agricole du Maroc : 4,6 MMDH de prêts au profit de plus de 48.000 éleveurs

En ce qui concerne le premier axe relatif à la reprogrammation des dettes des éleveurs, il a été précisé que le nombre de clients du groupe Crédit Agricole du Maroc (CAM) bénéficiant actuellement de crédits en relation avec le secteur de l’élevage du bétail s’élève à environ 48.780 éleveurs, avec un encours total de crédits dépassant 4,6 milliards de DH (MMDH).

Cet axe prévoit ainsi l’allègement des dettes pour 50.000 éleveurs, clients de CAM, pour un montant total de 700 millions de DH (MDH).

Les mécanismes de mise en œuvre se présentent comme suit :

– Pour les éleveurs dont les crédits ne dépassent pas 100.000 DH : l’Etat prend en charge 50 % de la dette (capital + intérêts). Le reste du montant est rééchelonné par CAM, à rembourser par l’éleveur sur une période ne dépassant pas 5 ans.

– Pour les éleveurs dont les crédits varient entre 100.000 et 200.000 DH : ll prend en charge 25 % de la dette (capital + intérêts). Le reste du montant est également rééchelonné par le CAM, à rembourser par l’éleveur sur une période ne dépassant pas 5 ans.

– Pour les crédits dépassant 200.000 DH : la dette est rééchelonnée par le CAM, avec exonération des intérêts de retard, pour être remboursée par l’éleveur sur une période ne dépassant pas 5 ans.

La subvention des aliments continuera de se faire sur appel d’offres, mais avec un contrôle renforcé

Le ministre a également détaillé les mécanismes de mise en œuvre du second axe, relatif à la subvention à l’alimentation. Rappelons-le, la vente de l’orge sera subventionnée par l’État, avec un prix de vente de 1,5 DH/kg dans la limite de 7 millions de quintaux. Il en est de même pour les aliments composés, qui seront vendus à 2 DH/kg.

Le ministre a, à cette occasion, précisé que :

– L’acquisition de l’orge et des aliments composés se fera à travers des appels d’offres, qui seront lancés et exécutés par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), conformément au programme et aux besoins définis par le ministère ;

Le suivi de la distribution sur le terrain des aliments subventionnés sera renforcé, en réponse aux critiques formulées par de nombreux éleveurs qui affirment ne pas avoir pu en bénéficier par le passé ;

Un nouveau système d’information sécurisé et facile à utiliser sera mis en place pour accompagner les différentes contraintes rencontrées.

3,6 MMDH pour la préservation et l’identification des femelles reproductrices

Pour la première fois, Ahmed El Bouari a dévoilé le détail du troisième axe du programme, qui concerne l’identification des femelles reproductrices. Après avoir rappelé qu’un appui financier de 400 DH sera accordé aux éleveurs par tête de brebis ou de chèvre femelle conservées dans le cheptel pendant une durée déterminée, le ministre a souligné que le budget alloué à cet axe s’élève à 3,6 MMDH.

Les modalités de mise en œuvre sont les suivantes :

– L’identification des femelles ovines et caprines détenues par chaque éleveur au titre de l’année 2025, à travers la pose de boucles électroniques (RFID). Cette opération sera assurée par des vétérinaires privés mandatés ;

La vérification du maintien des animaux identifiés dans le cheptel des éleveurs au titre de l’année 2026. Les contrôles seront menés par des équipes du ministère de tutelle, dans le cadre de commissions locales mixtes en coordination avec les autorités locales ;

– L’attribution des subventions selon les règles en vigueur, aux éleveurs ayant respecté les conditions de conservation de ces femelles.

Le ministère prendra ainsi en charge l’encadrement, le suivi et la mise en œuvre de cette opération à travers un dispositif intégré, alliant contrôle vétérinaire, traçabilité et soutien financier, en vue d’assurer une gestion durable du cheptel.

Différentes options technologiques pour prévenir les tentatives de falsification

Pour s’assurer de la réussite du recensement des femelles ovines et caprines auprès des éleveurs, et pour prévenir les tentatives de falsification, le ministère s’appuiera sur différentes options technologiques adoptées.

— En ce qui concerne l’identification de l’éleveur :

  • L’authentification de son identité se fera via une double validation combinant le numéro de compte bancaire (RIB) et le numéro de la carte d’identité nationale (CIN) ;
  • Le contrôle de la validité du RIB se fera grâce à une interconnexion avec le système de Bank Al Maghrib ;
  • S’assurer que les données sont homogènes et de haute qualité pour éviter les erreurs dues à la saisie manuelle ;
  •  Une base de données exploitable et facilement consultable sera mise en place. Les CIN et les RIB des éleveurs seront ainsi scannés.

— Pour ce qui est de l’identification des femelles reproductrices, elle se fera à l’aide de :

  • Une boucle d’identification électronique (RFID) portant deux numéros de série, l’un visible et l’autre caché ;
  • La boucle en plastique portant le même numéro visible sera utilisée comme solution de remplacement en cas de perte de la boucle électronique (RFID) ;
  • La boucle d’identification électronique (RFID) est à usage unique, afin d’éviter toute tentative de réutilisation ou de falsification.

– Mise en place de lecteurs de boucles :

  • Le ministère ambitionne de renforcer la sécurité des données du recensement grâce à l’adoption de techniques de cryptage et à l’utilisation d’un système de numérotation invisible, afin de protéger les informations contre toute tentative de piratage ou de fraude ;
  • Il compte également accélérer la phase de contrôle du cheptel de femelles caprines et ovines conservées, grâce à l’équipement des passages d’animaux de lecteurs RFID, permettant une identification automatique ;
  • Il compte aussi adopter la lecture double des deux numéros de série, visibles et cryptés, durant la phase de contrôle du cheptel, pour garantir la précision des données et éviter les erreurs, les tentatives de duplication ou de falsification.

– La mise en place d’un système informatique :

  • Le ministère va développer un système intégré et compatible avec les différentes étapes et exigences fonctionnelles liées au processus de numérotation, au suivi de la conservation du cheptel, au versement des subventions aux éleveurs, ainsi qu’à la vérification par les inspecteurs ;
  • Ce système impliquera toutes les parties concernées ;
  • Il sera mis à jour selon un protocole de stockage souverain ;
  • Il vise à éviter les erreurs de comptage dues à la présence de duplicatas pour un même animal numéroté.

La campagne préventive de traitement sera pilotée par l’ONSSA

La campagne préventive de vaccination, qui représente le quatrième axe de ce programme de reconstitution, sera pilotée par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), pour 150 MDH.

En ce qui concerne l’encadrement et l’accompagnement technique (cinquième et dernier axe), un focus particulier sera fait sur la nutrition du cheptel et la gestion de la reproduction. Le ministère annonce également des formations d’encadrement, d’orientation et de conseil, ainsi que le développement de petites plateformes de reproduction assistée (insémination artificielle) pour les ovins et caprins.

Le budget alloué à cet axe s’élève à 50 MDH. Les modalités de sa mise en œuvre sont les suivantes :

  • L’encadrement technique de la reproduction des ovins et caprins sera assuré par le ministère de l’Agriculture en partenariat avec l’Association nationale des éleveurs (ANOC), dans le cadre d’un accord de coopération ;
  • Le ministère de l’Agriculture prendra en charge le développement des plateformes d’insémination artificielle, notamment la sélection des sites, la définition du calendrier et l’organisation du mode de fonctionnement.

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