Nouvel épisode dans l’affaire des airbags défaillants du fabriquant japonais Takata ayant provoqué des morts en France. La mort d’une automobiliste le 11 juin à Reims a remis la lumière sur un problème présent dans de nombreux véhicules d’une trentaine de marques, dont Citroën. Des juges d’instruction enquêtent actuellement sur des soupçons de « tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui ».
L’information judiciaire a été ouverte le 16 avril pour « pratiques commerciales trompeuses, tromperie aggravée, non-information des acquéreurs d’un produit de sa non-conformité portant sur une qualité substantielle, mise en danger de la vie d’autrui », a détaillé le ministère public français.
Depuis 2014, le scandale industriel de ces airbags défectueux, qui ont provoqué une série de morts, secoue le secteur de l’automobile dans le monde.
À cause d’un gaz qui vieillit mal, ces équipements de sécurité censés protéger les passagers en cas de choc peuvent exploser, notamment dans les climats chauds et humides, en projetant des pièces au visage des conducteurs.
De nombreux constructeurs ont dû immobiliser des millions de véhicules à travers la planète, afin de remplacer les airbags défectueux.
En août 2024, rappel des Citroën C3 et DS 3 au Maroc
Au Maroc, Stellantis, propriétaire de la marque Citroën, avait en août 2024 appelé les clients propriétaires des modèles Citroën C3 et DS 3 fabriqués entre 2009 et 2019 à arrêter immédiatement de conduire ces véhicules et à prendre rendez-vous pour un remplacement gratuit des airbags chez l’un des réparateurs agréés.
Le constructeur automobile avait expliqué que « les composants chimiques des airbags Takata peuvent se détériorer au fil du temps, en particulier lorsqu’ils sont exposés à des conditions climatiques chaudes et humides ». En cas de déploiement, « le gonfleur de l’airbag peut se rompre avec une force excessive, pouvant causer des blessures graves ou fatales, dans le pire des cas ».
Stellantis a conclu en informant ses clients « que ses réparateurs ont déjà été approvisionnés avec un nombre suffisant d’airbags pour les remplacer très rapidement ».
L’accident mortel à Reims a conduit, le mardi 17 juin, Citroën à demander l’immobilisation immédiate (un rappel appelé « stop drive ») de toutes les C3 et DS3 en Europe encore équipées de ce type d’équipement dangereux, quelle que soit leur année de production, suivie d’une réparation, après une demande en ce sens du ministre français des Transports, Philippe Tabarot.
En France, Citroën avait lancé une immobilisation de quelque 236.900 modèles C3 et DS3 dans le nord du pays début 2025, après une première campagne au printemps 2024 dans le sud de l’Europe pour certains modèles. La mesure ne concernait pas jusqu’à présent les voitures fabriquées après 2013.
Pour les modèles fabriqués à partir de 2014, un rappel en concession par lettre simple, sans « stop drive », avait été lancé en mai 2025. « Nos analyses ne montraient pas de risque de dégradation au-delà de 2013 », avait précisé un porte-parole de Stellantis. Près d’un tiers des véhicules doivent encore être réparés, selon le constructeur.