Entouré de dix musiciens venus des quatre coins du continent africain, Cheikh Lô a livré une performance chaleureuse, puissante et généreuse. Corde, cuivres, mais surtout percussions : l’instrument roi de la soirée. Le groove était omniprésent, entraînant un public conquis dans une transe collective. Sur scène, ça chantait, ça dansait, ça vibrait. La musique de Cheikh Lô, riche d’influences mandingues, jazz, blues, afrobeat, reggae et mbalax, ne prône qu’une chose : l’union des peuples et la paix.

Mais le moment le plus marquant du concert reste sans conteste celui où le maître quitte le devant de la scène pour s’installer derrière la batterie. Le public retient son souffle. Et là, sans fioritures, sans artifice, Cheikh Lô offre un drum solo magistral. Complexe, fluide, habité. Ce n’est pas qu’un chanteur. C’est un vrai musicien. Un artisan du rythme. Un amoureux de son art. Il ne joue pas la batterie : il la vit.

Vers la fin du concert, alors que la tension émotionnelle est à son comble, une jeune femme monte sur scène. Le public ne tarde pas à comprendre. Père et fille chantent en duo. Les regards complices, les sourires tendres, la transmission palpable d’un héritage. Ce moment suspendu, presque sacré, a ému l’audience jusqu’aux larmes.

Cheikh Lô n’a pas seulement célébré cinq décennies de carrière, il a rappelé ce que la musique peut faire de plus beau : rassembler, consoler, éveiller. À Mawazine, sur les rives du Bouregreg, il a prouvé qu’à 70 ans, il n’a rien perdu de son feu sacré. Et que tant qu’il y aura des artistes comme lui, l’Afrique chantera encore longtemps la paix, la liberté et l’amour.